Heinan Goba Mercredi, 07 Novembre 2012 17:07
La nouvelle CENI (Commission électorale nationale indépendante) a du pain sur la planche. Confrontée au défi de l'organisation des législatives, elle devra en même temps faire face à la gestion du lourd passif de l'équipe de Lousény Camara. Il sera difficile sinon impossible pour Bakary Fofana et ses collaborateurs de faire quoi que ce soit sans résoudre les problèmes laissés en suspens par l'équipe sortante.
Certains agents des démembrements de l'institution électorale ont organisé un sit-in devant son siège à la Camayenne mardi 06 novembre pour réclamer le payement des arriérés de salaire. Quand on connaît les problèmes de la CENI, ce n'est que le début des difficultés qui risquent de détourner l'équipe Fofana de l'essentielle. A savoir l'organisation rapide des élections législatives
Apparemment, le nouveau président de la CENI minimise pour l'instant les problèmes accumulés par son prédécesseur, à l'analyse des propos de certains agents des démembrements : « il est sorti de son bureau sans rien nous dire, il s'est embarqué dans son véhicule pour la ville ». Avec le temps, cependant, il comprendra qu'il s'est installé sur de la braise.
Alors qu'il était contesté par l'opposition, Lousény Camara avait engagé 4200 opérateurs de saisie pour la révision de la liste électorale. Au terme de deux mois de contrat, ces opérateurs devaient recevoir six millions de francs guinéens, chacun. Mais, après des manifestations, ils n'ont reçu que trois millions. Ils n'attendraient que la normalisation de la situation à la CENI pour se faire entendre; puisque l'administration, c'est la continuité.
On ne sait pas, en outre, combien il reste à la CENI à la Banque centrale après tout ce que Lousény Camara et sa bande ont fait. Ce qui est évident est qu'il a émis un nombre inestimable de chèques qui n'ont plus de valeur à l'image de ceux en faveur des démembrements qui ont été refusés par la Banque centrale ce mardi. Des faits qui mériteraient une attention de la justice, normalement.
En ajoutant à ces problèmes, les arriérés de location des magasins de matériels et des bureaux des démembrements, on se demande si l'équipe de Fofana pourra s'en sortir. C'est pourquoi, au-delà de la joie qui s'est emparée des Guinéens après la mise en place de la nouvelle CENI, il faut avoir à l'esprit qu'il y a des problèmes que cette nouvelle équipe doit résoudre avant de s'atteler à l'organisation des élections.
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu.com