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Affaire BADAM : Ousmane Kaba accusé par un des prévenus d'avoir imposé son emprisonnement au juge d'instruction

Heinan Goba  Mercredi, 07 Novembre 2012 15:10

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KABA_Ousmane_01Mohamed Condé, l'un des prévenus dans l'affaire dite de la BADAM, a déclaré mardi 06 novembre devant le Tribunal correctionnel de Kaloum que son arrestation a été imposée au juge d'instruction par Ousmane Kaba, ministre conseiller en stratégie à la Présidence de la République et actionnaire majoritaire de la BADAM (Banque africaine de développement agricole et minier).

Alors qu'il était au bureau du juge pour la troisième fois dans le cadre de son audition, explique Mohamed Condé, Fantamady Kaba, employé de la banque au même titre que lui, est arrivé. Ce dernier, poursuit-il, a appelé Ousmane Kaba en lui disant: « Frère, viens, ils sont tous là ». C'est ainsi qu’Ousmane Kaba est venu pour ordonner au juge de le placer sous mandat de dépôt alors que ce dernier venait d'affirmer qu'il n'avait pas suffisamment de preuve pour l'arrêter comme le veulent certains.

Chef service comptable de la BADAM depuis sa création en 2010, Mohamed Condé est poursuivi pour détournement et complicité de détournement de près d'un million de dollars américains au préjudice de ladite banque et de certains de ses clients. Il est accusé d'avoir aidé le directeur général à faire la régularisation mais aussi à dissimuler des informations sur l'état financier de la banque. On lui reproche aussi d'avoir falsifié des pièces comptables.

Le directeur et administrateur général, Moriba Kéita, et trois autres responsables de cette banque sont également poursuivis pour ces infractions et d'autres. Tous nient les faits à eux reprochés. Il n’y a jamais eu de détournement de fonds à la BADAM, d'après les explications données par les prévenus. Ils se sont même opposés à certaines parties des procès-verbaux d'interrogatoire au cabinet du juge.

Le directeur d'exploitation, N'Faly Diabaté, a précisé que les crédits accordés à des clients ne peuvent pas être qualifiés de détournement, que ces clients les remboursent ou pas. C'est normal d'accorder des crédits parce que cela fait partie des activités de la banque, a poursuivi le prévenu. Expliquant qu'en pareil cas, c'est un service de recouvrement qui est mis en place au lieu de s'en prendre au travailleur.

La BADAM a un capital de 32 milliards de francs guinéens. Il est reproché, entre autres, au directeur général et à ses collaborateur d'avoir prêté cet argent de manière abusive. L'existence de certains de ces crédits est même mise en doute par les fondateurs de la banque. Les prévenus, en revanche, rassurent que tout est clair. Pour eux, la faute vient des fondateurs qui n'ont pas cherché à comprendre l'origine du mal.

Créée en 2010, la BADAM a frôlé la faillite au début de cette année. Pendant que les charges s'accumulaient, elle ne parvenait plus à honorer ses engagements vis-à-vis de sa clientèle. Les dirigeants accusés d'être à l'origine de cette situation regrettable avaient été arrêtés et emprisonnés. Une administration provisoire avait été mise en place.

La crise de la BADAM, faut-il le rappeler, a fait couler beaucoup d'encre et de salive. Pour certains, la crise de liquidités à cette banque a été provoquée par les retraits massifs opérés par les actionnaires comme Ousmane Kaba et Mamadou Sylla pour battre campagne lors de la présidentielle de 2010 à laquelle ils étaient candidats. Pour d'autres, en revanche, Moriba Kéita a transféré l'argent de la banque sur son compte personnel à l'étranger.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu


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