La CBG dans l’escarcelle des Emirats Arabes Unis : le pouvoir dans une course effrénée pour la signature de contrats

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CONDE_Alpha_FOFANA_Mohamed_Lamine_01La Guinée vient de signer un accord avec Mubadala Development Company pour l’approvisionnement en bauxite des Émirats Arabes Unis. Depuis l’avènement du professeur Alpha Condé au pouvoir, on a l’impression d’assister à une course effrénée pour la signature de contrats, surtout dans le secteur minier.

La Compagnie des bauxites de Guinée (CBG) a signé à Abou Dhabi un « accord majeur Â» avec Mubadala Development Company pour l’approvisionnement en bauxite des Émirats Arabes Unis, qui verra de « nouveaux emplois et investissements en Guinée Â», selon un communiqué officiel publié le samedi dernier.

L’accord a été signé en présence du président de la République Alpha Condé et de Son Altesse Sheikh Mohammad Bin Zayed Al Nahyan, prince héritier d’Abou Dhabi. « C’est un très bon accord pour la Guinée. Il concerne un investissement important dans l’industrie guinéenne de la bauxite, qui va augmenter de façon significative sa capacité de production et créer des emplois pour les Guinéens », a déclaré le ministre des Mines, Mohamed Lamine Fofana. Outre l’augmentation significative de la production de bauxite en Guinée, déjà premier producteur mondial du minerai au monde, l’accord doit « accroître les revenus fiscaux de l’Etat, soutenir la croissance et le redressement de l’économie guinéenne Â». Mubadala a exprimé un besoin d’environ cinq milliards de tonnes de bauxite à l’horizon 2017. « Nous nous réjouissons de ce nouveau client majeur et solide qui va permettre de consolider la croissance industrielle et les résultats financiers de la CBG, d’optimiser ses moyens de production et moderniser ses équipements », a annoncé le directeur général de la CBG, Kémoko Touré. « Mubadala n’a aucune participation dans le capital de la CBG. C’est un client majeur et essentiel, mais ce n’est qu’un client. La participation de l’Etat guinéen au capital de la CBG est inchangée : elle reste à 49% », a précisé M. Touré. Ce détail est important car la presse avait relayé il y a quelques mois le projet d’un accord donnant la possibilité à Mubadala d’avoir une participation dans le capital de la CBG. A l’époque, le gouvernement guinéen avait démenti l’information. " La Guinée vient de donner une impulsion forte à son partenariat stratégique avec les Emirats Arabes Unis. D’autres investissements dans le secteur de la production de la bauxite et de sa transformation en Guinée, ou encore l’agriculture, l’énergie et les infrastructures de transport, sont prévus », a précisé M. Fofana.

La Compagnie des bauxites de Guinée (CBG) est détenue à 49% par l’Etat guinéen et à 51% par Halco Mining Inc., un consortium partenaire qui est composé d’Alcoa, Rio Tinto Alcan et Dadco.

Première entreprise mondiale d’exportation de bauxite, la CBG a pour « ambition de développer son activité pour accroître sa contribution forte au développement économique et social du pays Â».

Des observateurs avertis pensent que le fait de se précipiter pour signer des accords avec des compagnies étrangères n’est pas exempt de soupçon. Ils craignent que les ressources minières soient « bradées Â» à l’allure où vont les choses.

Mohamed Condé, fils du Président, est sur tous les fronts en quête d’investisseurs. Sous son manteau de conseiller du Président. De quoi raviver les critiques à l’égard du régime, qui ne saurait convaincre les Guinéens de jouer dans la transparence.


Aliou Sow
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu

 
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Commentaires  

 
-1 #5 Youssouf Bangoura 07-11-2012 14:12

Bien vu ma soeur Madina, voilà des sujets où l'opposition doit prouver qu'elle se bat pour l'intérêt de la Guinée mais non, depuis qu'AC est président, il fait signer des choses au nom de notre pays et ce, de façon très opaque sans que l'opposition dans l'ensemble, ne pipe mot . Ils ne descendent dans la rue que pour réclamer la tenue des élections, alors que les pires choses se passent au vu et au su de tout le monde . AC doit être surveillé par tous les moyens sinon, il laisserait derrière lui une catastrophe , je commence en avoir marre de voir le nom de son fils partout, il fait exactement ce qu'avait fait Abdoulaye wade avec son fils Karim . Il oublie qu'aucun fils ne remplacera son papa en Guinée, elle n'est ni le Gabon, ni le Togo encore moins la RDC .
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0 #4 madina 07-11-2012 11:44

Pourquoi l'opposition n'organise des manifestations que lorsqu'elle defend ses propres intérêts?
Comment peut-on comprendre que face ä ce bradage scandaleux de notre patrimoine,l'opposition ne consacre pas des actions populaires qui la rendraient plus credible et plus serieuse et de surcroit l'aiderait ä mieux conscientiser le peuple sur la toxicité de Alfa et son regime.
Qu'attend l'opposition pour organiser des manifestations pour Fria,pour la Sotelgui,pour les detenus arbitraires,les assassinats,pour arrêter la vente de notre pays.
L'opposition doit se soucier du peuple avant de se soucier de ses prébendes.
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+5 #3 alseny camara 07-11-2012 11:16

Monsieur le Président de la République de Guinée, le développement du secteur minier guinéen passe forcement par la transformation des nos matières premières (Bauxite, Fer, cuivre) en métal (aluminium, fer, cuivre et aciers) sur le territoire national. Les exportations de « Banco de bauxite», ne feront que nous maintenir au stade de production de matières premières (autre source de sous développement). Monsieur le PRG, savez-vous que 2 tonnes de bauxites donnent une tonne d’alumine et que deux tonnes d’alumines donnent 1 tonne d’aluminium, c-à-d, que 4 tonnes de bauxites donnent une (1) tonne d’aluminium. Sur le marché international, le prix d’une tonne de bauxite fait maximum 50 dollars US, celui de l’alumine 300 dollars US et le prix de l’aluminium fait 1500 dollars US. Aussi, savez-vous que les rebuts de l’extraction de l’alumine de Fria sont à 60% de teneur en fer ? En termes de stratégie, rien ne justifie l’exportation massive de bauxite guinéenne ; un Gouvernement responsable devrait d’abord élaborer un « document de développement stratégique du secteur minier sur les 20 et 30 prochaines années » tout en créant la confiance entre les multinationales du domaine minier et la Guinée. Le Centre des Nations Unies sur les Transnationales pourrait jouer le rôle de facilitateur dans ce domaine. Le développement du secteur minier guinéen est corrélé avec celui du secteur énergétique dont la Guinée détient environ un potentiel de 14 mille Mégawatts, pour plus de 200 sites de barrages dans le pays. Le Ghana, un pays proche de la Guinée (en termes de ressources naturelles) produit de nos jours 2120 Mégawatts d’énergie dont 1900 sous formes d’hydroélectricité. La France, mère Patrie de certains guinéens possède plus de 14oo barrages hydroélectriques. Si nous ne pouvons pas aller en Chine (pourtant partenaire financier incontournable) comme fait le Ghana, alors n’ayons pas honte (passé révolutionnaire oblige) de demander l’assistance et l’expertise de la France dans la construction de barrages hydroélectriques (Bouygues, Astomes). Vive la République de Guinée.
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+1 #2 Ibrahima MBemba SOW 06-11-2012 22:10

Les observateurs sont bel et bien fondés à suspecter l’acte de bradage effectif des ressources minières qui se cache derrière cet autre accord qu'AC fait conclure illégalement et en toute opacité par son fils. Et ce n'est pas parce qu'il s'est acquis la complicité de Rabiatou et du CNT, que les patriotes guinéens avertis devraient faire comme nos curieux opposants: se taire et/ou ne rien entreprendre pour s'opposer à ces décisions autocratiques irresponsables qui engagent l’avenir industriel du pays. Le ministre MLF et ce DG de circonstance de la CBG essaient de faire croire que cet accord d'accroissement de l'exportation en l'état de la bauxite sera de nature à créer un impact significatif sur le potentiel industriel et par conséquence sur le développement du pays. En attendant d’en savoir davantage sur les termes véritables de ce contrat que le confus ministre MLF et ce DG Kémoko Touré de la CBG nous claironnent, toutes les spéculations sont permises en cette période pré-électorale où AC s'est mis en tête "d'écraser" par tous les moyens publics la moindre opposition, même des plus légales et démocratiques, à ses velléités de confisquer tous les pouvoirs institutionnels dans le pays. A noter en matière de fumisterie politique à propos du dossier pourrissant de l’usine RusAL de Fria, le PRG AC a choisi de "récupérer" on ne peut plus honteusement la détresse des Friakas, à sa manière. Alors que l’ensemble du personnel était resté sans soldes depuis mars 2012, voilà subitement qu’on leur promet à chacun le paiement d’une avance sur salaire brut de 3 mois payable en 3 fois à partir de fin octobre. A chacun donc d'imaginer les raisons de cette décision(…) alors même que son effacé PM MSF avait été envoyé un mois plus tôt pour annoncer sur-place que l’usine allait redémarrer courant septembre.
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0 #1 Gandhi 06-11-2012 20:48

Beaucoup de baratin, mais aucune information concrète pour les observateurs. Qu'est-ce que cela va rapporter non pas aux initiateurs de ce deal (même si cela nous intéresse aussi), mais à la Guinée ?
Combien la CBG rapporte à l'État chaque année, et ce montant va t-il augmenter ? de combien ?
Lorsque la transparence pourtant promise sera mise en oeuvre, nous pourrons tendre l'oreille pour y voir plus clair. Là ce n'est qu'un effet d'annonces.
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