Heinan Goba Lundi, 05 Novembre 2012 16:27
Le colonel Abdoulaye Bah dit Aïdor est décédé dimanche soir à son domicile à Conakry des suites d'une longue maladie. Ancien membre de la garde présidentielle, l'officier général était tombé malade alors qu'il était en détention préventive à la maison centrale de Conakry dans le cadre des enquêtes sur la présumée attaque du domicile privé du président Alpha Condé en juillet 2011, nécessitant son évacuation sur le Maroc pour y subir des soins appropriés.
D'après les informations d'une radio privée de Conakry, avant sa mort, le colonel Bah a confié à ses proches que pendant sa détention à la maison centrale de Conakry, il lui a été administré un poison afin de le paralyser. Les médecins marocains lui auraient dit qu'il était condamné à la mort, d'après un membre de sa famille, cité par une source bien informée.
La mort du colonel Bah intervient près de deux mois après celle de son homologue Issiaga Camara, neveu de feu le général Lansana Conté qui a dirigé le pays d'une main de fer, de 1984 à 2008. Elle porte à deux le nombre des accusées dans le cadre l'affaire dite du 19 juillet ayant perdu la vie. Ce qui amène de nombreux observateurs à se demander pour quelle raison la justice guinéenne traine les pas plus d'un an après cette attaque qui aurait failli coûter la vie au premier magistrat du pays.
Tous deux membres de la garde présidentielle pendant et après le régime de feu Lansana Conté à la Présidence de la République, les regrettés Aïdor Bah et Issiaga Camara étaient soupçonnés par les enquêteurs d'être les cerveaux de la tentative d'assassinat du président Condé. Avec leur disparition, il y a donc peu d'espoir de savoir ce qui s'est passé dans la nuit du 19 juillet 2011 à Kipé (quartier où se trouve le domicile privé du président Condé).
Au-delà du fait que les décès d’Aïdor Bah et Issiaga Camara vont entraver la manifestation de la vérité dans cette affaire, à Conakry, certains pensent que le fait que la justice guinéenne traine les pas en dépit des difficiles conditions de détention des accusés, principale cause de la mort des deux autres, est la manifestation de la volonté du régime en place de laisser périr en prison, sans jugement, ces personnes qu'il juge dangereuses.
L'attaque du domicile privé du président Condé perpétrée le 19 juillet 2011 est une fiction pour certains. Pour d'autres, à l'instar du collectif des avocats de la défense des accusés, les faits sont réels mais les auteurs sont loin d'être ceux qui sont arrêtés et détenus. D'où leur appel à l'organisation rapide d'un procès pour que toute la lumière soit faite.
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu.com