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Enquêtes sur les événements du 19 juillet: Quand les promesses du Parquet général contrastent avec la réalité

Heinan Goba  Samedi, 23 Juillet 2011 14:35

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En annonçant l'ouverture d'une information judiciaire pour faire toute la lumière sur ce qui se serait passé au domicile d'Alpha Condé le 19 juillet, le Parquet général a promis que « les mis en cause jouiront pleinement de tous les droits conformément aux dispositions du code de procédure pénale sur les conditions de la garde à vue, le droit à un conseil, les interrogatoires, la détention préventive et tous autres droits découlant des instruments internationaux ratifiés par notre pays ».

Le Parquet général précisait, en outre que « cette affaire relève strictement de la compétence des autorités judiciaires et rassure tout un chacun que cette procédure connaîtra un traitement indépendant par le strict respect des lois en vigueur. Tous les individus arrêtés sont à la disposition de la gendarmerie nationale pour enquêtes. Ils seront tous déférés au niveau de la juridiction compétente à la fin des délais légaux de garde à vue. »

Environ 48 heures après l'annonce de cette nouvelle qui a un peu rassuré les uns et les autres, c'est à tout le contraire qu'on assiste toujours sur le terrain. Les arrestations sont effectuées par des militaires. Sans aucun mandat. Ce qui est contraire à la procédure pénale. Toutes les personnes arrêtées sont détenues dans des lieux tenus secrets. Personne parmi elles n'a reçu la visite d'un proche ou celle d'un avocat.

Faut-il préciser aussi que toutes les arrestations qui ont eu lieu avant que la justice ne se saisisse du dossier se sont opérées en violation de tous les instruments juridiques nationaux et internationaux ratifiés par la Guinée. On ne sera donc pas étonné d'entendre la défense dire qu'il y a vice de forme.

Dans les milieux des défenseurs des droits de l'Homme le sentiment qui domine c'est l'inquiétude. Il en de même chez les leaders politiques.

Souleymane Bah, le président de la coordination des organisations de défense des droits humains (CODDH) se dit « inquiet de voir les enquêtes se transformer en une sorte de règlement de compte ». Il constate « un amalgame dans l'appréciation des faits ».

Evoquant le contexte de la fragilité du tissu social, et compte tenu du passé de notre pays où de pareilles circonstances ont conduit à des exactions, des répressions et des arrestations arbitraires sur fond de règlements de comptes, l'opposition a recommandé la mise sur pied d’une commission d’enquête indépendante pour faire toute la lumière sur ce malheureux événement. C'était en prévision de ce qui se passe maintenant.


Heinan Goba

de Conakry pour GuineeActu.com


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