Abdoul Malick Diallo & Boubacar Bagnan Diallo Mardi, 30 Octobre 2012 11:01
L’opposition réunie au sein du Collectif et de l’ADP a organisé le mercredi 24 octobre dernier une conférence de presse pour faire le point sur la situation sociopolitique du pays. Lors de cette conférence tenue à Coléah, ces deux blocs politiques sont montés au créneau en menaçant de redescendre dans la rue si toutefois leurs principales revendications ne sont pas satisfaites par le pouvoir en place.
Cette conférence de presse organisée par le Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition et l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) a été marquée par l’absence de grands leaders de ces deux blocs politiques, notamment Cellou Dalein Diallo (UFDG), Sidya Touré (UFR) et Lansana Kouyaté (PEDN).
D’entrée de jeu, le porte-parole cette opposition a, dans son discours introductif, déclaré que la recomposition de la CENI semble faire oublier leurs deux autres principales revendications qui ne sont pas encore examinées par les autorités. « Ces derniers temps, l’actualité est marquée par la recomposition paritaire de la CENI, a-t-il dit. Ceci fait même oublier pour certains les autres revendications majeures qui ne sont pas encore examinées par les autorités encore moins satisfaites. Il s’agit de l’opérateur technique Waymark. Nous tenons absolument à ce que, dans le cadre de ces revendications, un appel d’offre soit lancé pour qu’un opérateur technique soit recruté en toute transparence conformément aux dispositions du code des marchés publics. Car l’opérateur actuel a montré ses limites. Les dysfonctionnements et les insuffisances de son système et de son matériel ont été depuis longtemps mis en évidence par des institutions internationales. »
S’exprimant sur la recomposition paritaire de la CENI, Aboubacar Sylla avance que, si l’opposition s’était réjouie du fait que sa revendication était retombée à deux, malheureusement, regrette-t-il, l’autorité les a « ramenés » en arrière.
« C’est à se demander si l’objectif est de nous sortir de cette crise pour aller à des élections ou au contraire créer des situations permanentes de manière à justifier un report indéfini des élections législatives », s’est-il interrogé. Puis d’ajouter que la liste qu’ils ont déposée au ministère de l’Administration du territoire sur laquelle figureraient les dix représentants de l’opposition telle que prévue par la loi 016, « est la liste valable » de l’opposition.
« Nous n’accepterons pas une nouvelle fois que cette liste soit modifiée ou tronquée, et encore moins occultée. Les manœuvres du ministre de l’Administration du territoire ne seront pas acceptées par l’ADP et le Collectif », a-t-il martelé.
A en croire le leader de l’UFC, cette nouvelle crise serait fabriquée de « toute pièce » par les autorités pour essayer d’exclure l’ADP et le Collectif de la future CENI.
« Si cette recomposition paritaire devait être une recomposition mort-née, nous n’aurons pas d’autres choix que de recommencer les manifestations pour lesquelles nous étions engagés jusqu’à ce que ces revendications soient prises en compte. Nous serons obligés, conformément aux dispositions légales, de délivrer un agenda ou un chronogramme de nos manifestations », a-t-il fait savoir.
Le porte-parole du Collectif et de l’ADP n’a pas manqué de dénoncer le comportement du ministre de l’Administration du territoire qu’il accuse de semer la confusion dans ses différentes interventions en tenant des propos « provocateurs et va-t-en-guerre ».
« Le ministre de l’Administration n’intervient que pour semer la confusion. Chaque fois que nous cherchons à décrisper le climat politique, il tient des propos va-t-en-guerre, des propos provocateurs qui amènent encore les uns et les autres à se crisper, à s’arcbouter sur leurs positions. Car voyant en face qu’il y a aucune solution », a-t-il accusé. Poursuivant son intervention, l’ex-ministre de la Communication précisera que « vouloir tenir compte des listes des autres partis politiques en dehors de celle déposée par l’ADP et le Collectif est une manière de mettre les bâtons dans les roues de l’opposition pour trouver une manière de les exclure de la gestion du processus électoral. Malgré cette situation de crise qui perdure, il n’y a aujourd’hui aucun cadre de concertation entre le pouvoir et l’opposition. Le pouvoir ne trouve aucun intérêt à organiser un dialogue pour qu’il y ait un déblocage politique du processus (…). Il voudrait faire porter par l’opposition la responsabilité du blocage du processus électoral, car le pouvoir sait que si un dialogue serein est organisé, il sera obligé d’accepter nos revendications. Mais nous n’accepterons pas. Le pouvoir sait qu’il est à nu aujourd’hui, parce qu’il a perdu tous ses alliés. Il a envie de se donner le temps pour améliorer son électorat pour organiser une fraude massive… », a-t-il fustigé.
Le Collectif et l’ADP souhaitent qu’avant que la nouvelle CENI ne commence à travailler, un accord politique soit trouvé quant au principe du choix d’un nouvel opérateur technique.
« Nous n’accepterons pas que le principe du choix d’un nouvel opérateur soit laissé à la CENI, d’autant qu’il n’y a pas une parité au sein de cette CENI », a laissé entendre Aboubacar Sylla.
Pour Mme Zalikatou du PEDN, l’opposition a usé de tous ses efforts pour amener le gouvernement à reprendre le dialogue pour qu’une fois pour toutes les élections aient lieu. « C’est malgré nous que jusqu’à présent nous ne sommes pas allés aux élections législatives », a-t-elle regretté.
Quant à Fodé Oussou Fofana, vice-président de l’UFDG, il dira que « Alpha ne veut pas aller aux élections parce qu’il sait que la mouvance ne représente rien. C’est la panique totale. Il n’y a que le RPG, tous les autres alliés l’ont quitté… »
Etienne Soropogui des NFD a martelé que le président de la République a déjà fait le « deuil d’organiser un hold-up électoral ».
Abdoul Malick Diallo & Boubacar Bagnan Diallo
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