Samory Keita Vendredi, 26 Octobre 2012 15:04
Bien qu’il ne soit pas encore agréé, Dr Faya Lansana Millimouno a procédé, le 22 octobre dernier, au lancement de son parti, le Bloc Libéral (BL). Une démarche que d’aucuns jugent contraire à la logique qui voudrait que le leader obtienne l’agrément avant toute activité politique. En violant ce principe Dr Faya n’aurait pas agi sans motif.
Six mois après sa démission de la NGR (Nouvelle génération pour la République), le très bouillant leader politique, Dr Faya Lansana Millimouno a décidé de créer son propre parti, le Bloc Libéral (BL), qu’il a révélé au public en début de semaine.
L’on se souvient que son départ spontané de la NGR, le 27 avril dernier, avait suscité beaucoup d’interrogations sur l’avenir politique du leader. Certains le voyaient rejoindre un parti politique de la place. Connu pour sa témérité et son sens patriotique, l’homme était courtisé par beaucoup de ténors de l’opposition. Certains partis politiques étaient même prêts à lui accorder une place de choix. C’est les cas du parti CADRE et du MPP (Mouvement pour le pouvoir du peuple) qui l’avaient sollicité pour diriger la présidence de leur formation politique.
Le leader déclinera poliment toutes les offres et multipliera ses sorties médiatiques contre le pouvoir d’Alpha Condé. Il sera même soupçonné de se rapprocher de l’UFDG du chef de file de l’opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo.
De l’autre côté, le pouvoir de « Koro Alpha » qu’il n’a cessé de critiquer caressait lui aussi l’espoir de l’avoir à ses côtés. Mais toutes les démarches qui auraient été entreprises dans ce sens se seraient butées au refus catégorique de Faya qui n’a pas voulu se dédire. Car, au lendemain de l’avènement de la troisième République, il a clamé sur tous les toits, qu’il ne travaillerait pas avec Alpha Condé. Donc, il aurait esquivé toute rencontre avec le chef de l’Etat. « Si je voulais d’une place, je l’aurais obtenue en allant rencontrer Koro Alpha », a-t-il souligné lors de son point de presse.
En lançant son parti, Dr Faya Lansana Millimouno fait taire désormais les supputations sur son appartenance à un quelconque parti politique. « Durant ces six mois, j’ai reçu beaucoup de suggestions et de propositions, soit individuelles, soit collectives », a-t-il indiqué.
Toutefois, le président du Bloc Libéral n’a pas voulu révéler les noms des ténors de l’opposition qui lui auraient suggéré de rejoindre leur parti. Pour ménager sans doute les susceptibilités, il dit vouloir mettre ça au compte du passé.
Selon lui, le choix de créer un parti est la résultante d’une longue réflexion murie à travers des conseils légués par des sages, des amis et d’autres personnes ressources.
Sur la question de savoir à quel bloc politique appartient son parti, Dr Faya indique que le sens de ses interventions définit clairement sa position. Il précisera tout de même que son parti comme son nom l’indique est un parti libéral, qui est libre de ses décisions et de ses opinions.
Par ailleurs, il rassure que le Bloc Libéral n’a aucune connotation ethnique. « C’est un parti national qui regroupe toutes les ethnies guinéennes », affirmera-t-il.
La création du BL élargit la longue liste des partis existant en Guinée. Mais il faut noter que le Bloc Libéral n’a pas encore obtenu son agrément. Le courrier d’obtention d’agrément aurait été déposé le 21 septembre au niveau du ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation (MATD). Qui a normalement un délai de trois mois pour répondre. Et la question qui se pose est de savoir si le parti sera agréé par le ministre en charge de ce département, Alhassane Condé, qui est considéré par l’opposition comme étant le « pyromane » du régime actuel.
Des sources révèlent que la demande d’obtention d’agrément du parti de Dr Faya Millimouno aurait même fait l’objet de discussions en conseil des ministres.
Le leader aurait-il donc compris les obstacles qui pourraient se dresser sur son chemin pour annoncer l’existence de son parti avant même l’obtention d’un agrément ? Veut-il se servir de la presse pour mettre la pression ? Rien n’est moins sûr. Même si l’homme soutient que cela n’a rien à voir avec une quelconque pression.
Samory Keita
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu