Samory Keita Jeudi, 25 Octobre 2012 22:44
L’écrivain guinéen Tierno Monénembo en Guinée depuis quelques mois a profité de son séjour sur la terre qui l’a vu naitre pour présenter son nouveau roman intitulé « Le Terroriste noir ». Sans langue de bois, il saisira également l’occasion, pour jeter un pavé dans la mare en jetant un regard très critique sur la Guinée. Cétait le 18 octobre dernier, à la Maison de la presse, à Coléah.
« Je suis désespéré », a-t-il indiqué en jetant un regard critique sur le pays. Qui pour lui n’a presque pas bougé. C’est à dire de l’indépendance de la Guinée à nos jours, Tierno Monénembo pense que les dirigeants n’ont jamais su tirer les leçons du passé. Pis les quelques fait marquants qui devraient servir de mémoires pour les générations futures sont détruites. Faisant ainsi disparaitre l’histoire marquante du pays. C’est le cas du tristement célèbre camp Mamadou Boïro. Qui aurait englouti de milliers d’élites guinéennes. Aujourd’hui transformé en résidence de luxe pour les militaires.
« On ne peut pas avoir une chose aussi terrible que le camp Boïro et effacer toute trace de ce que le peuple de Guinée a vécu dans ce camp de fascistes qui, malheureusement, est devenu une résidence de luxe », a regretté l’écrivain guinéen. Pour lui, « quand un peuple n’est pas capable de respecter ses morts, il devient un peuple maudit (…). Un peuple qui n’est pas capable de respecter ses morts, n’a rien à demander à l’histoire. C’est ce qu’on appelle la faille, la faille totale. »
Tierno Monénembo pense donc qu’il faut rendre à la Guinée sa mémoire. Avant de clore ce chapitre il martèlera que « la Guinée est désespérante ».
Sur le plan africain, Monénembo dira que la « mutilation » de mémoires est un mal qui est commun à tous les pays africains. « Le trafic de la mémoire dans notre continent est plus dangereux que le trafic du bois et de la drogue », a-t-il souligné.
Samory Keita
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