Samory Keita Jeudi, 25 Octobre 2012 22:31
La demande du ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Alhassane Condé, à l’opposition guinéenne de se « concerter pour convenir d’une liste commune de dix commissaires » pour la future CENI (Commission électorale nationale indépendante) a provoqué l’ire du Collectif et de l’ADP qui dénoncent des « manœuvres dilatoires » du gouvernement et mettent en garde contre toute modification du quota alloué à l’opposition. C’était lors d’une conférence de presse animée ce mardi 24 octobre, à Conakry.
Lors de cette rencontre, le Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition et l’ADP (Alliance pour la démocratie et le progrès) réunis au sein de l’opposition dénoncent les pratiques « dilatoires » du gouvernement dont le but serait de leur faire porter le chapeau du retard des élections législatives. En diluant le quota réservé à l’opposition pour la future CENI, dont le partage suscite beaucoup des polémiques au niveau des entités politiques se réclamant de l’opposition.
« L’objectif recherché par le gouvernement est de créer une véritable confusion autour du quota alloué à l’opposition dans le but de faire apparaître celle-ci comme une entité hétérogène et divisée, incapable de trouver un consensus autour de la désignation de ses représentants à la CENI », a indiqué le porte-parole de la coalition dans une déclaration faite ce mercredi. Selon Aboubacar Sylla, « la première conséquence qui en découlerait serait la sous-représentation de l’ADP et du Collectif » au niveau de la CENI.
Considéré comme étant l’aile dure de l’opposition, cette coalition dit avoir pris à cet effet, « l’opinion nationale et internationale » à témoin. Surtout sur les risques d’instabilité politique que pourrait engendrer l’entêtement des autorités politiques à procéder à une quelconque modification de la liste de l’ADP et du Collectif.
« L’ADP et le Collectif mettent le gouvernement en garde contre toute décision tendant à leur marginalisation », a martelé M. Sylla. Et d’ajouter que cela pourrait contribuer à aggraver les tensions sociopolitiques actuelles et conduirait inexorablement le pays vers une instabilité politique lourde de menace pour la paix civile et la cohésion nationale.
Il faut rappeler que la semaine dernière, le ministre Alhassane Condé est apparu sur le petit écran de la télévision nationale pour faire l’état des lieux des listes déposées à son niveau au compte de la société civile et des partis politiques. Ces listes se répartissent comme suit : Une liste commune de dix personnes pour la mouvance, une liste de trois personnes pour la société civile, une liste de deux personnes pour l’administration et quatorze listes de trente-sept personnes au compte de l’opposition.
Concernant ce dernier cas qui a fait un dépassement de vingt-sept personnes, Alhassane Condé a tenu à renvoyer dos à dos les entités politiques de l’opposition. Afin qu’elles harmonisent leur position pour déposer une liste commune de dix éléments. Comme il est prévu par la loi.
Samory Kéïta
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