Samory Keita Vendredi, 19 Octobre 2012 14:30
La recomposition paritaire de
L’opposition guinéenne réunie au sein de l’ADP (Alliance pour la démocratie et le développement) et le Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition n’apprécie pas les manières de faire du ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation. Alhassane Condé est perçu par cette opposition comme étant celui qui freine l’évolution du processus de transition en Guinée. Cela depuis son arrivée à la tête de ce département suite à la prise du pouvoir par Alpha Condé.
Alors que les Guinéens s’attendaient à une sortie de crise avec l’adoption le 17 septembre dernier, par le CNT (Conseil national de la transition), de la loi portant organisation, recomposition et fonctionnement de la CENI, la situation semble prendre une nouvelle tournure qui risque d’entraîner le pays vers une impasse politique totale. Provoquée par une guéguerre sans merci pour les dix places réservées à l’opposition. Mais pour le porte-parole de l’ADP et du Collectif, Alhassane Condé serait à la base de cette confusion.
« C’est le ministre Alhassane Condé qui a pris la responsabilité de créer toute cette confusion pour compliquer la tâche et nous ramener en arrière », a confié Aboubacar Sylla sur une toile de la place.
Selon lui, c’est le ministre qui incite et encourage tous les partis politiques à aller déposer leurs listes en disant que l’opposition est plurielle. Or, d’après M. Sylla, l’opposition guinéenne se résume aujourd’hui à l’ADP et au Collectif. Car c’est cette coalition qui a toujours réclamé à son corps défendant la recomposition paritaire de la CENI. Vouloir donc prendre des entités politiques qui ne relèvent pas de cette coalition, résulte du choix porté par le ministre à semer la confusion et à retarder le processus de transition, estime-t-il. Pour lui donc, Alhassane Condé est un « obstacle dans la recomposition paritaire de la CENI ». Dans la mesure où ses agissements pourraient envenimer la situation politique.
A l’en croire, le ministre viserait à lancer les activités de la CENI sans l’opposition. Ce, pour garder Waymark et procéder à la révision des listes électorales. Mais l’ancien ministre de la Communication sous la transition, soupçonnerait aussi Alhassane Condé d’être de mèche avec le locataire de Sékhoutouréya. Alpha Condé, qui continue de gérer le pays sans contre-pouvoir, profite pour faire adopter tous les textes de loi par une institution « anachronique » sans aucune enquête préalable.
En tout cas, pour le porte-parole de l’ADP et du Collectif, à chaque fois que les choses commencent à s’arranger, le ministre s’efforce de tout compliquer. Qu’à cela ne tienne, M. Sylla avertit que sa coalition n’acceptera jamais de partager les dix places de l’opposition avec une autre entité politique. « Nous n’accepterons pas de diluer ce quota pour nous affaiblir numériquement à la CENI. S’il n’accepte pas la liste des dix membres de l’ADP et du Collectif, nous allons incontestablement recommencer les manifestations dans les jours à venir », a-t-il averti.
Samory Keita
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu