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Un tribunal de Conakry annule son audience par manque de moyen de transport
Heinan Goba Mercredi, 17 Octobre 2012 13:36
Des affaires inscrites au rôle du tribunal correctionnel de Dixinn en banlieue de Conakry ont été renvoyées ce mardi 16 octobre 2012 à la semaine prochaine. D’après les informations que nous avons reçues sur place, c’est faute de moyen pour transférer les détenus depuis la maison centrale située à Kaloum à moins de trois kilomètres.
Le parquet général de Conakry dispose de deux mini bus réservés au transport des prisonniers, même s’ils ne seraient pas tous présentement à Conakry.
Cependant chaque fois qu’un tribunal émet un ordre d’extraction, c’est son parquet qui paye pour carburer un de ces véhicules. Généralement c’est le prix de dix litres d’essence (95000 francs guinéens) qui est donné, d’après nos informations.
Ce mardi, d’après les mêmes sources, des ordres d’extraction ont été établis par des juges du tribunal de Dixinn. Lorsque les gardes se sont présentés au parquet pour le prix du carburant, il leur a été dit qu’il n’y a pas de l’argent dans la caisse. Conséquence : les gardes n’ont pas effectué le déplacement pour la maison centrale afin d’emmener les prévenus.
Dans le changement qu’avait annoncé le président Alpha Condé, il avait dit que la justice serait le principal cheval de bataille. Cela avait donné de l’espoir aux magistrats et autres travailleurs de la justice qui tirent le diable par la queue. Un tour dans le milieu judiciaire guinéen montre cependant que ce secteur vital est toujours à l’abandon.
Visiblement, la volonté du président Alpha Condé d’apporter du changement à la justice afin d’attirer des investisseurs en Guinée n’a pas été accompagnée des moyens qu’il faut. « Nous sommes les seuls à qui on demande tout mais à qui on n’a rien donné » s’est lamenté à ce propos Mangadouba Sow, magistrat au tribunal de Dixinn.
Il faut joindre l’acte à la parole. Car en plus des difficultés à faire comparaître les prévenus à temps, il y a aussi les obstacles que rencontrent les magistrats pour effectuer certaines diligences. A ne pas oublier, le manque d’interprètes dans les cours et tribunaux dans un pays où le taux d’analphabétisme est l’un des plus élevés d’Afrique.
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu.com
Commentaires
Ah si quand même : le jour ou le président de la Cour Suprême dira au PPAC de cesser d'insulter la constitution sur laquelle il a juré en décembre 2010...








