Imprimer

Unité nationale, religion et politique : ce qu’en pensent les spécialistes

Saïdou Hady Diallo & Richard Tamoné  Mercredi, 10 Octobre 2012 14:11

Facebook

 

KABA_Lancine_01Du 05 au 06 octobre, l’Université Kofi Annan de Guinée et le professeur Lanciné Kaba ont, à l’occasion des festivités du 2 octobre 2012, lancé un colloque sous l’égide du gouvernement dont le thème portait sur « L’unité, la solidarité en Guinée », avec comme sous thème « L’islam politique et l’extrémisme dans la sous-région ».

Dans son discours de bienvenue le ministre conseiller à la présidence, Dr Ousmane Kaba, a rappelé à l’ensemble des acteurs politiques la nécessité de l’unité nationale. « Cette unité dans la démocratie que nous ambitionnons ne signifie nullement l’unanimité, a expliqué M. Ousmane Kaba. Mais plutôt la nécessité de préserver ce bien fragile que nous avons en commun, c’est-à-dire la Guinée. Notre pays est aujourd’hui menacé de l’intérieur par la violence née de l’incompréhension et du choc des ambitions politiques. Nos enfants que nous avons la charge de nourrir, d’éduquer, de soigner, pour qu’ils deviennent notre avenir, sont aujourd’hui devenus des armes d’autodestruction. Aujourd’hui tous les politiques sans exception partagent, au-delà de ces valeurs communes, un objectif commun qui est celui de donner à notre peuple la prospérité économique et la démocratie ».

Prenant la parole, le professeur d’histoire, doyen Lanciné Kaba, a fait un résumé sur le passage historique des pays occidentaux qui étaient auparavant déchirés et divisés, mais qui au fil du temps, sont devenus des pays unis, démocratiques, solidaires et prospères. C’est le cas de la France, des Etats-Unis et de la Grande Bretagne …»

Après avoir donné de larges explications sur l’unité nationale et la solidarité, il a dit qu’il n’y a aucune raison que les Guinéens ne puissent pas s’entendre et qu’il suffit qu’ils oublient les douleurs du passé pour arriver à l’unité nationale.

Concernant l’islam politique et l’extrémisme dans la sous-région, le professeur Kaba a rappelé que l’islam est une religion basée sur le prophète Mohamed (P.S.L.). Et de préciser : « L’islam n’aime pas la violence, car la violence est contraire à la religion islamique. Cette religion est l’arbre de la concorde, de l’unité, du courage et de la solidarité. L’extrémisme qui se passe aujourd’hui au Mali nous concerne, car cette religion n’appelle pas à la querelle ». Il a ensuite fait savoir que l’intégrisme et la violence ne sont pas propres à la religion musulmane.

Pour le ministre de la Coopération internationale, Dr Moustapha Koutoubou Sanoh, tous les pays qui ont connu « le printemps arabe » ont des poches de mouvements islamophobes. « Pourtant, souligne-t-il, l’extrémisme n’est ni islamique, ni catholique, mais un comportement que les gens utilisent pour assouvir, par tous les moyens, la satisfaction de leurs besoins. Un extrémiste est celui qui est né et a grandi dans un environnement où il ne peut pas s’exprimer comme il veut et par conséquent il passe par la violence pour pouvoir atteindre ses objectifs. L’extrémiste est celui donc qui refuse la soumission et l’acceptation. C’est un comportement dangereux et non musulman. Ce n’est pas le paradis qui attend celui qui est en train de faire du tort à la religion», a-t-il précisé.

Revenant sur l’unité et solidarité, Me Lamine Sidimé a, dans son intervention, demandé aux autorités de donner au peuple ce qu’il demande, c’est-à-dire la nourriture, l’eau, l’électricité et l’emploi des jeunes diplômés. A ses yeux, c’est le seul moyen qu’il faut mettre en place pour aboutir à la démocratie et l’unité nationale.


Saïdou Hady Diallo & Richard Tamoné
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu.com

Facebook