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Polémique autour de la désignation de Bakary Fofana à la CENI : le CROSC et le CNOSC vers la rupture
Saidou Hady Diallo Mercredi, 10 Octobre 2012 09:50
Les responsables et les membres du Conseil régional des organisations de la société civile de Conakry (CROSC) ont tenu une réunion avec le Dr Ibrahima Sory Cissoko, président par intérim du Conseil national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSCG) pour parler du congrès du CNOSC et de la désignation de Bakary Fofana à la CENI. C'était le vendredi 5 octobre au siège du CROSC à Dar-es-Salam (Ratoma).
Dans son introduction, le président du CROSC, Salamana Diallo, a tout d’abord rappelé le contenu de l’article 5 du CNOSCG qui stipule que la durée du mandat du bureau national est de trois ans. « Et le dernier congrès a eu lieu à Kindia en mars 2007. Donc en mars 2010, le bureau aurait dû être renouvelé. Mais les élections présidentielles ont empêché la tenue de ce congrès. Aujourd’hui nous regrettons que les membres du bureau du CNOSCG qui était composé de 15 membres soient démembrés. C’est ce qui d’ailleurs a permis à M. Aziz Diop de se positionner parce qu’à un moment donné, tous les membres du bureau national étaient partis au gouvernement, certains au CNT, d’autres à la CENI. Finalement, il n’en restait que deux. Maintenant il y a des gens qui ont transformé cette structure comme une entreprise privée, qui se servent du CNOSCG pour être ministre, président de la CENI, et effectuer des voyages de part et d’autres. » Selon Salmana, ce sont ces gens, dont Bakary Fofana, qui auraient empêché la tenue du congrès au niveau du CNOSCG.
C’est pour ces raisons que le CROSC, en accord avec les Conseils communaux, ont demandé au CNOSCG d’organiser immédiatement le congrès. Pour le président du CROSC, il n’y a aucune raison d’invoquer une autre réunion, car les membres du bureau national n’auraient pas le droit de leur donner des ordres : « Nous ne sommes pas prêts à obéir aux membres du bureau tant que le congrès n’est pas fait. On n’obéira à un seul ordre que lorsqu’on nous appellera pour nous dire que le congrès aura lieu tel jour, telle date et tel lieu. A défaut nous ne reconnaissons plus le bureau. Il n’est plus légitime. Le mandat a expiré depuis 2010, donc l’article 20 est violé ». Concernant la désignation de Bakary à la CENI, il a dit que cela est un acte « illégitime ». « Ils ont unilatéralement violé les articles 16, 17 et 18 de la charte, ajoute-t-il. L’article 18 de la charte, stipule que "les anciens, gouverneurs, préfets, sont reçus au niveau de la société civile comme conseillers". Alors que Bakary fait partie de ce groupe. Il a servi comme ministre à cette transition qui n’est pas encore terminée. Nous ne sommes pas contre Bakary, nous sommes contre la violation des textes réglementaires de notre institution. Et si nous sommes manipulés comme pensent certains, nous sommes manipulés par la loi et non par qui que soit. »
Pour le président par intérim du CNOSCG, Dr Ibrahima Sory Cissoko, mieux vaut laisser la désignation de Bakary. « Car, indique-t-il, il répond aux critères demandés par le CNOSCG. Il y avait 12 critères pour le choix de la personne qui ira à la CENI, à savoir entre autres, la probité morale, avoir une expérience de 7 ans, être rassembleur, avoir des relations au niveau de la mouvance, de l’opposition et de la diplomatie…. D’après les critères, trois personnes, à savoir MM. Bory, Taran Diallo et Bakary Fofana se sont présentées. Et finalement le choix est tombé sur Bakary. »
Selon M. Cissoko, le choix de Bakary ne devrait pas faire de réactions. Car il aurait été la cheville ouvrière de la société civile guinéenne. C’est pour cette raison qu’il a demandé à tous les membres et responsables du CRNSCG d’accepter Bakary pour maintenir l’unité de la société civile. « Il n’en est pas question, répond Salamana. On ne le reconnait pas et on ne le reconnaitra jamais. Même vous M. Cissoko, on ne vous reconnait plus comme président par intérim, car vous désignez les gens en violant gravement la loi. »
Le président du Conseil communal de Ratoma dira que le CROSC est à la fois victime et traumatisé, car il y aurait, selon lui, une rupture de communication totale entre le sommet et la base. Puis d’ajouter qu’ils sont vraiment « navrés de voir aujourd’hui les gens utiliser les relations pour se hisser à la tête de la CENI au détriment des textes réglementaires ».
Saïdou Hady Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu.com
Commentaires
Rien ne se fera autrement que par la rue.
À mon humble avis, s'il y a désaccord il faut aller au tribunal.
Sauf erreur de ma part, le CNOSCG ne relève pas de la compétence de Alhassane Condé. Il ne peut donc veiller sur son mandat.
Il faut donc faire constater la déchéance du mandat par un tribunal, qui ne pourra qu'appliquer la loi, car sinon il ne se passera rien... (voir ci-dessus).








