Recomposition de la CENI : les précisions d’Alhassane Condé

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CONDE_Alhassane_01Alors que les partis politiques de l’opposition continuent de se tirer dessus à boulets rouges par medias interposés autour des 10 postes qui leur sont réservés dans le cadre de la recomposition de la future CENI, le ministre de l’Administration du territoire vient d’apporter des précisions dans cette polémique.

Alhassane Condé a clamé haut et fort sur les antennes d’une radio privée de la place que c’est toute l’opposition dans sa diversité et sa pluralité qui est concernée par ces 10 postes. Tout en précisant que les centristes aussi sont de l’opposition. Alors que la loi 016 qui vient d’être promulguée parle d’opposition et de la mouvance présidentielle. « Les centristes sont absolument de l’opposition. Vous avez suivi le dialogue inclusif. Il n’y avait pas que les opposants radicaux comme ils se font appeler. L’opposition c’est tous ceux qui ne sont pas de la mouvance présidentielle», a précisé le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, qui ajoute que dans son entendement, « il y a l’opposition plurielle dans sa diversité qui va nous envoyer dix noms, la mouvance présidentielle va nous envoyer dix noms plus les trois de la société civile et les deux de l’administration Â».

« Si toutefois les partis politiques de l’opposition ne s’entendent pas autour de la désignation de leurs représentants, à ce moment, la loi sera appliquée. L’opposition, ce n’est pas seulement ceux qui agressent les gendarmes et ceux qui cassent des véhicules Â», a asséné Alhassane Condé. Poursuivant sur cette lancée, il a expliqué que les partis politiques sont assez nombreux et qu’il y en a qui seraient intéressés à participer à la CENI. « Donc, clame-t-il, c’est ceux qui vont manifester leur intérêt qui seront pris en compte. Ce n’est pas une contrainte. Chacun est libre de prendre sa voie. Mais quand on fait de la politique, c’est pour la conquête du pouvoir, et cela n’est pas possible avec la politique de la chaise vide. Â»

S’exprimant sur les revendications du Collectif et de l’ADP sur la résiliation du contrat de Waymark, le ministre de l’Administration a souligné que c’est la garantie de la transparence qui est importante. « Il faut qu’on soit sérieux et qu’on aille aux élections, dit-il. Le peuple en a vraiment besoin. Ce n’est pas Waymark ou Sagem qui est important. Ce qui est important, c’est la garantie de la transparence. Les élections seront libres. Inutile de perdre son temps ou de retarder sur autre chose. Â»

Selon Alhassane Condé, il est impossible que la future Assemblée soit monocolore, parce que, affirme-t-il, il n’y a pas que la mouvance qui a envie d’aller aux élections. Mais il y aurait les centristes dont il faut tenir compte.

Réagissant à cette sortie médiatique, Faya Millimouno, consultant du Collectif et de l’ADP, a estimé que le ministre de l’Administration a raison de dire que l’opposition est plurielle : « Je suis d’accord avec mon frère Alhassane Condé. L’opposition est plurielle. Parce qu’en son sein, vous avez le Collectif et vous avez l’ADP. Le Collectif compte au moins une vingtaine de partis politiques. L’ADP compte au moins une dizaine de partis politiques. Donc c’est déjà pluriel. Voilà, et c’est nous qui enverrons nos représentants à la CENI. Nous pensons que si on ne veut pas encore retarder davantage le processus, on ne va pas toucher à cela. Â»

Bon nombre d’observateurs se demandent aujourd’hui comment le ministre Alhassane Condé va pouvoir gérer ce problème, si toutefois chaque bloc politique dépose la liste de ses représentants, étant donné qu’il y a une myriade d’alliances politiques actuellement dans le pays. La tâche ne sera sans doute pas facile mais, comme le disent les Anglais, wait and see.


Boubacar Bagnan Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu.com


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Commentaires  

 
+1 #6 Gandhi 11-10-2012 13:32

Citation en provenance du commentaire précédent de Patriote:
Alhousseny,
Puisque Gandhi est d'accord avec moi, pourquoi vous ne vous adressez qu'à moi seul ?

Je présume que c'est parce qu'il a remarqué que je n'étais pas d'accord sur tout le texte, et notamment la qualification d'opposant. Ce sont les actes qui déterminent cette qualité et non une simple déclaration unilatérale, sinon autant dire que Sidya est le PRG.
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-1 #5 Patriote 11-10-2012 06:00

Alhousseny,
Puisque Gandhi est d'accord avec moi, pourquoi vous ne vous adressez qu'à moi seul ?
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+1 #4 Ibrahima MBemba SOW 10-10-2012 23:17

Alhassane Condé dont les actes l'auraient déjà exclu de toute fonction officielle dans tout Etat digne de respect, partout ailleurs dans le monde, ne fait là, qu'agiter l'arme de la confusion après s'être arrogé illégalement des droits d'arbitrage du processus de recomposition de la CENI. Comme l'a si bien dit Alhousseny, CDD ne semble décidément pas savoir (ou vouloir)tirer les bons enseignements des douloureuses épreuves que le pouvoir d'AC fait subir à la communauté peuhle à cause du poids électoral de l'UFDG. Or un parti qui choisit de faire massacrer impunément les siens pour conserver des accords politiques, ne sera jamais proclamé vainqueur en Guinée. Les meilleurs conseils stratégiques que CDD puisse avoir, ne peuvent venir que du seul Bah Oury qui a autant besoin que lui du triomphe de l'UFDG. Avec cette histoire de répartition des 10 représentants de l'opposition à la CENI, c'est tout simplement une preuve de son manque d'autorité personnelle que CDD est en train de donner à à l'opinion et surtout à AC, dont le point de mire est la présidentielle de 2015, en effet. Gandhi Barry avait préconisé une règle imparable qui aurait permis de mettre tout le monde d'accord, in fine. Et Bah Oury s'était même prononcé clairement dans ce sens, afin que l'UFDG ne rate pas cette occasion pour marquer légitimement son leadership qui est indispensable à toute éventuelle victoire de l'opposition. Des partis qui ne pèsent pas 1% de l'électorat ne doivent en aucun cas pouvoir exiger d'être représentés à la CENI. D'ailleurs, les leaders de ces micropartis n'iraient nulle part à la réflexion, car ils vivent le sort du PEDEN de LK et surtout le lâchage dont JMD et Konaté ont fait l'objet de la part de l'ingrat AC. Bref! Nul n'est indispensable, mais la réconciliation entre le président de l'UFDG et son "numéro deux" me semble être la seule bonne carte qui permettrait encore à CDD de reconquérir véritablement la maîtrise du jeu politique d'opposition au pouvoir répressif et trompeur d'AC. Ce n'est pas pour rien que Bah oury a été poussé à l'exil et attend toujours d'être jugé par la justice d'AC. Vivement qu'on comprenne cela à la direction nationale de l'UFDG!
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0 #3 Alhousseny 10-10-2012 17:57

Patriote
La rationalite que tu utilises comme outil de decision ne fonctionne pas dans le monde politique. Dans ce monde-la, c'est le rapport de force qui faconne l'ordre des choses. Ce serait trop facile s'il suffisait simplement de s'autoproclamer opposant pour avoir ce qu'on estime nous revenir de droit alors meme que d'autres se sont battus pour, au prix du sang meme. En politique, on est ce qu'on fait. Aucune contorsion verbale ne pourra justifier que des partis qui ont obtenu la recomposition de la CENI au prix de la vie de leurs militants soient traites de la meme maniere que ceux qui regardaient cette lutte sans bouger le petit doigt. Cette naivete-la est finie. En septembre 2009, Cellou Dalein a envoye ses militants a l'abattoir du stade du 28 septembre et quand il est venu le moment d'en tirer le benefice politique, il s'est poliment incline pour laisser JMD, Rabiatou Serah, Alpha Conde et d'autres se servir. Resultat des courses, une belle petite mascarade electorale a ete organisee pour couronner Alpha Conde. La aussi, c'est ce qui est sur le point de se produire: ses militants sont l'arme de l'opposition, mais il semble qu'il est d'accord avec l'idee de peser autant que des pseudo-leaders dont on ne connait pas les militants et qui ne pesent pas 1% de l'electorat. Une nouvelle mascarade va encore etre organisee sans qu'il puisse l'en empecher, et il viendra nous dire qu'il est surpris. Je ne dis pas ici qu'il fallait que l'UFDG prenne la moitie des sieges, mais que le partage montre quand meme le rapport de force au sein meme de ce groupe. Mais qu'il ne se trompe pas: c'est la presidentielle de 2015 qui est en jeu dans cette recomposition de la CENI. S'il laisse Alpha Conde maitriser a nouveau les choses, il peut dire adieu a la presidentielle de 2015. A ce parti-la, il faut sans cesse repeter qu'il ne faut pas attendre d'etre devant les faits accomplis pour reagir, mais il faut faconner les choses. C'est ce qu'Alpha Conde a fait dans l'entre deux tours qui l'a vu passer de 18 a 52%. Il avait triche, mais ceci est un detail aujourd'hui pour tout le monde: le fait est qu'il est president. Et c'est tout ce qui compte.
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0 #2 Gandhi 09-10-2012 20:27

Citation en provenance du commentaire précédent de Patriote:
Ce n'est ni à Alhassane Condé, ni au Collectif et à l'ADP de déterminer les périmètres de la mouvance et de l'opposition. Par ailleurs, Alhassane Condé a tort en voulant faire passer par la force l'opérateur Waymark. S'il veut la transparence, il doit se soumettre au consensus.

La preuve que nous pouvons être d'accord.
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+1 #1 Patriote 09-10-2012 16:08

Pourquoi compliquer ce qui est facile ? La loi est claire en disant opposition et mouvance. Chaque parti ou bloc de partis n'a qu'à choisir son camp. Point, barre. Ce n'est ni à Alhassane Condé, ni au Collectif et à l'ADP de déterminer les périmètres de la mouvance et de l'opposition. Autant aucun parti ou groupe de partis ne peut ou ne peuvent prétendre détenir la paternité de la mouvance, autant aucun parti ou groupe de partis ne peut ou ne peuvent prétendre détenir la paternité de l'opposition.
Par ailleurs, Alhassane Condé a tort en voulant faire passer par la force l'opérateur Waymark. S'il veut la transparence, il doit se soumettre au consensus. Pourquoi tient-il mordicus à cet opérateur non consensuel ?
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