Société civile guinéenne : pour qui roule Salmana Diallo ?

Facebook Imprimer    

 

« Je ne suis ni de près, ni de loin de la mouvance présidentielle, encore moins de l’opposition. Â» Dixit Salmana Diallo, président du Conseil régional des organisations de la société civile de Conakry. Cette précision, si c’en est vraiment une, intervient au moment où de nombreux observateurs guinéens s’interrogent sur les réelles visées de M. Diallo, dans l’imbroglio qui affecte actuellement la société civile guinéenne quant au choix porté sur un ancien ministre de la transition, issu pour autant de cette même société civile.

Bakary Fofana, c’est son nom, ne fait manifestement pas l’unanimité pour représenter le CNOSCG à la CENI new-look. Salmana Diallo justifie son opposition par le fait que Bakary Fofana a été d’abord ministre des Affaires étrangères sous El tigre. Puis, l’ancien dignitaire est suspecté d’être très proche du pouvoir. Ensuite, le choix de Bakary Fofana n’était pas basé sur le règlement intérieur. Et enfin, le mordu des contours de la société civile guinéenne a toujours refusé que le congrès soit organisé afin de donner du sang neuf aux OSCG.

Au-delà donc des supposés intérêts égoïstes et calculs politiciens qui caractérisent le remue-ménage au sein de la société civile, Salmana Diallo assure que le mandat du bureau national des OSC est caduc depuis trois ans et que le congrès aurait dû être organisé depuis deux ans. Explications : « La candidature de Bakary Fofana n’est pas encore validée ; le quorum, le règlement intérieur et la charte ont été violés. Le bureau national comprend 25 membres, deux sont décédés. Or, pour qu’il y ait quorum, il faut obligatoirement 12 personnes. Pour le cas de Bakary Fofana, c’est seulement quatre personnes qui étaient présentes. Et mieux, on a toujours refusé d’organiser le congrès du bureau actuel. […] Bakary et les autres noyaux ne veulent pas quitter. Ils veulent toujours se servir de nous pour occuper des postes ministériels et autres. Â» Ainsi déroulait Salmana Diallo dans un des hebdomadaires guinéens d’informations, ce début de semaine.

Que Bakary Fofana soit accepté ou pas, on nous apprend qu’il y a un grand lobbying qui a pris corps dans le choix de l’ancien ministre des AE. Des manÅ“uvres les plus politiciennes aux manipulations les plus nocives sont donc mises en jeu. Tant et si bien que l’un est suspecté d’être proche de l’opposition, alors que le second est accusé d’être un des proches du pouvoir. Mais après tout, s’interrogent certains, et si les deux acteurs étaient victimes de leur faciès, à l’heure même où tout ou presque respire ethnie et tribu ? On croise les doigts et les jours à venir décideront du reste. En attendant, Bakary Fofana, lui, opte pour la bouche cousue. Et c’est tant mieux. Pourvu que la composition de la CENI soit consensuelle, pourrait-on dire.


Thierno Fodé Sow


AArticle_logo1_0
Facebook Imprimer    

 


 

Commentaires  

 
0 #7 Cisko 09-10-2012 11:55

Pauvre Guinée. Les politiciens ont réussi tellement à diviser que le délit de faciès est la chose la plus banale. La société civile qui devait faire exception est aujourd'hui tiraillée entre le pouvoir et l'opposition. Une élection basée sur des critères préétablis, selon les partisans de Bakary Fofana, est aujourd'hui dénoncée par Salmana Diallo, du Conseil Régional de Conakry. Le manque de confiance est tel que le premier est taxé de pro-pouvoir et on avance juste l'argument qu'il est ex-ministre tandisque le deuxième est taxé d’être à la solde de l'ADP et du collectif. Il est grand temps pour la société civile de se retrouver et de résister aux pressions du pouvoir et de l'opposition. Après la déchirure entre les syndicalistes, on se demande si la société civile pourra faire l'économie d'une scission. J'espère que notre pays ne part pas vers l'abime.
Citer
 
 
+4 #6 Mohamed Sadibou Camara 07-10-2012 14:22

Mr. Gandhy je soutien le Collectif à une élection juste et transparente, mais ne soutiendrai pas ses membres mal élus à travers une élection mafieuse. Plus souvent, ce sont ces mal-élus qui constituent un gros problème pour l’instauration d’un Etat de droit. Le cas de l’actuel président est une preuve palpable. Un mal-élu n’est pas tellement confiant pour relever un défi ; qu’il soit de l’opposition ou de la mouvance. Faisons une analyse de notre histoire. Tous ceux qui ont été soutenus par les mouvements sociaux pour la justice les ont trahis. C’est pourquoi j’aime plus souvent m’exprimer sur ce forum en tant que simple citoyen et non membre d’un mouvement pour m’attaquer à eux. Du fait qu’on a aveuglement plus confiance à nos amis et parents qu’aux plus méritants, et prêt à les défendre n’importe comment dans leur forfaiture, est très fatal à la cohésion sociale et au progrès de notre pays. Je pense que je suis un peu sorti du sujet.
Concernant le Collectif ADP, même les plus radicaux du RPG arc-en-Ciel savent qu’à travers une élection libre et transparente, leur camp n’a aucune chance de dépasser 18%. Mais j’exige en tant que simple citoyen, que ceux qui seront élus du collectif soient des femmes et hommes de probité morale irréprochable.
Citer
 
 
+2 #5 Gandhi 07-10-2012 09:18

Citation en provenance du commentaire précédent de Mohamed Sadibou Camara:
Nous sommes habitués à des élections mafieuses. Nous devons nous habituer à ne pas soutenir les gens mal élus.

J'en déduis que vous soutenez le Collectif ADP pour des élections crédibles et transparentes ???
Citer
 
 
+4 #4 Mohamed Sadibou Camara 06-10-2012 23:07

C’est ça la Guinée malheureusement. Nous sommes habitués à des élections mafieuses. Amadou Diallo de la CNTG a été élu dans les mêmes conditions l’année dernière à la tête de la centrale syndicale. Plus souvent, les conditions d’éligibilités ne sont pas du tout respectées. Nous devons nous habituer à ne pas soutenir les gens mal élus. Si je me rappelle bien, il n’est devrait même pas être candidat à cause de la poste qu’il occupait. Mais malgré tout, il reste aujourd’hui l’homme fort de cette centrale. Ce Bakary Fofana pourrait-il s’inspirer de lui pour rester ? En tout cas, ce qui vaut pour l’un vaut pour l’autre.
Citer
 
 
+5 #3 Patriote 06-10-2012 18:57

Comme l'a si bien dit Gandhi, les tribunaux sont là pour ça. Si Mr Diallo n'est pas d'accord sur le choix de Bakary Fofana, qu'il se pourvoit en justice.
Citer
 
 
0 #2 Citoyen du Foutah 06-10-2012 17:48

Mais thierno fodé sow c'est quelle analyse ca toi aussi ? arrete d'essayer d'etre de tous les cotés il faut être honnete pour decrire les choses comme ils sont,bakari faux-fana tout le monde le sait il est pour le grimpeur du stade de coleah,quant a salmana diallo personne n'a encore prouvé qu'il roule pour quelqu'un sein de la classe politique guinéenne.Alors arretez d'inventer des faux gros titres comme ca et les publier sur net.
Citer
 
 
+4 #1 Gandhi 06-10-2012 16:17

Les Guinéens doivent apprendre à utiliser les tribunaux, car certains décisions peuvent se préjuger. Dès lors qu'il y aurait contradiction, il sera toujours temps de procéder autrement. Seuls les actes ont une signification (les écrits restent), les déclarations n'ayant pas vocation à régler les problèmes (les paroles s'envolent).
Citer