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Société civile guinéenne : pour qui roule Salmana Diallo ?

Thierno Fodé Sow  Samedi, 06 Octobre 2012 14:26

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« Je ne suis ni de près, ni de loin de la mouvance présidentielle, encore moins de l’opposition. » Dixit Salmana Diallo, président du Conseil régional des organisations de la société civile de Conakry. Cette précision, si c’en est vraiment une, intervient au moment où de nombreux observateurs guinéens s’interrogent sur les réelles visées de M. Diallo, dans l’imbroglio qui affecte actuellement la société civile guinéenne quant au choix porté sur un ancien ministre de la transition, issu pour autant de cette même société civile.

Bakary Fofana, c’est son nom, ne fait manifestement pas l’unanimité pour représenter le CNOSCG à la CENI new-look. Salmana Diallo justifie son opposition par le fait que Bakary Fofana a été d’abord ministre des Affaires étrangères sous El tigre. Puis, l’ancien dignitaire est suspecté d’être très proche du pouvoir. Ensuite, le choix de Bakary Fofana n’était pas basé sur le règlement intérieur. Et enfin, le mordu des contours de la société civile guinéenne a toujours refusé que le congrès soit organisé afin de donner du sang neuf aux OSCG.

Au-delà donc des supposés intérêts égoïstes et calculs politiciens qui caractérisent le remue-ménage au sein de la société civile, Salmana Diallo assure que le mandat du bureau national des OSC est caduc depuis trois ans et que le congrès aurait dû être organisé depuis deux ans. Explications : « La candidature de Bakary Fofana n’est pas encore validée ; le quorum, le règlement intérieur et la charte ont été violés. Le bureau national comprend 25 membres, deux sont décédés. Or, pour qu’il y ait quorum, il faut obligatoirement 12 personnes. Pour le cas de Bakary Fofana, c’est seulement quatre personnes qui étaient présentes. Et mieux, on a toujours refusé d’organiser le congrès du bureau actuel. […] Bakary et les autres noyaux ne veulent pas quitter. Ils veulent toujours se servir de nous pour occuper des postes ministériels et autres. » Ainsi déroulait Salmana Diallo dans un des hebdomadaires guinéens d’informations, ce début de semaine.

Que Bakary Fofana soit accepté ou pas, on nous apprend qu’il y a un grand lobbying qui a pris corps dans le choix de l’ancien ministre des AE. Des manœuvres les plus politiciennes aux manipulations les plus nocives sont donc mises en jeu. Tant et si bien que l’un est suspecté d’être proche de l’opposition, alors que le second est accusé d’être un des proches du pouvoir. Mais après tout, s’interrogent certains, et si les deux acteurs étaient victimes de leur faciès, à l’heure même où tout ou presque respire ethnie et tribu ? On croise les doigts et les jours à venir décideront du reste. En attendant, Bakary Fofana, lui, opte pour la bouche cousue. Et c’est tant mieux. Pourvu que la composition de la CENI soit consensuelle, pourrait-on dire.


Thierno Fodé Sow


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