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Recomposition paritaire de la CENI : Bakary Fofana serait-il l’homme du pouvoir ?

Samory Keita  Vendredi, 05 Octobre 2012 14:07

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FOFANA_Bakary_2_01Deux semaines après le choix porté sur sa personne pour représenter la société civile au sein de la nouvelle Commission électorale nationale indépendante (CENI), Bakary Fofana fait déjà l’objet de toutes les contestations. L’ex-ministre d’Etat des Affaires étrangères de la transition, est soupçonné à tord ou à raison d’être un « pion du pouvoir ».

L’adoption récente de la loi organique portant composition, organisation et fonctionnement de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) par le Conseil national de transition (CNT), a donné un souffle nouveau au processus de transition qui évolue cahin-caha depuis bientôt 2 ans. Parce que cette loi adoptée prévoit la recomposition paritaire de la CENI, comme cela a été réclamé par l’opposition. C’est-à-dire, 10 membres de la mouvance présidentielle, 10 de l’opposition, 3 de la société civile et 2 de l’administration.

Cet acte du CNT est perçu par bon nombre d’observateurs comme une avancée majeure permettant de décrisper peu soit-il l’atmosphère politique. En mettant un terme à une querelle vielle de plus d’une année entre la mouvance présidentielle et l’opposition. Cette dernière ayant multiplié les pressions pour finalement parvenir à faire abdiquer le pouvoir. Même si certains parlent d’un repli tactique d’Alpha Condé connu pour sa maturité politique.

Le choix de l’ex-ministre d’Etat des Affaires étrangères par le CNOSC-G (Conseil national des organisations de la société civile guinéenne) pour représenter la société civile dans la future CENI est déjà sujet à débat. Cela dans la cité mais surtout au sein même des organisations de la société civile. D’abord au sein du CNOSC-G, où son choix ne fait pas l’unanimité. Puisque le conseil régional de Conakry, par la voix de son président Salmana Diallo, dénonce une violation des textes qui régissent la structure. Selon lui, Bakary Fofana en tant qu’ancien ministre de la transition n’est pas membre actif du CNOSC- G. Et à ce titre, il ne peut prétendre être la personne indiquée pour représenter la société civile à la CENI.

Hormis sa structure originelle, le choix de M. Fofana n’est pas vu d’un bon œil par les autres organisations de la société civile guinéenne. Car tout comme le CNOSC-G, la CONASOC (Coalition nationale des organisations de la société civile) et la PCUD (Plate forme nationale des citoyens unis pour le développement) auraient également leur candidat pour la CENI. Selon des acteurs de la société civile, Aziz Diop, secrétaire général du CNOSC-G, pour dissuader les autres candidats aurait lâché que Bakary Fofana est « le candidat du pouvoir ». Les mêmes sources affirment que le choix de ce dernier par le CNOSC- G aurait été influencé par le RPG-Arc-en-ciel, le parti au pouvoir.

Avec Bakary Fofana, l’objectif visé serait la présidence de la CENI, estiment les mêmes sources. Cependant au regard de son passé (récent), ces sources pensent que l’homme n’est pas crédible aux yeux de l’opinion. Et mieux, d’autres estiment qu’après avoir été ministre d’Etat de la République, Bakary Fofana devrait laisser la place aux plus jeunes. Comme le disait l’ex-chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, « on ne peut vivre son temps et vivre le temps de ses enfants ».

Joint au téléphone par rapport à la question, M. Bakary Fofana a tout simplement affirmé ne pas vouloir aborder le sujet. « Je suis vraiment désolé, je me suis fais la religion de ne pas parler pour l’instant. J’ai reçu beaucoup d’appels de vos confrères mais je préfère me réserver. Au moment venu je parlerai », a-t-il lâché en substance au bout du fil.


Samory Keita
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu.com


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