Adresse à la nation du chef de l’Etat : quand le discours contredit les actes !

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CONDE_Alpha_13_01Le discours prononcé la veille du 54e anniversaire de l’indépendance de la Guinée par le président de la République était celui de « l’unité Â». Alpha Condé avait appelé les Guinéens à se donner la main pour relever les défis du développement. Mais si seulement les actes pouvaient suivre ces « bonnes paroles Â», ce qui ne semble pas être le cas pour le moment.

L’adresse à la nation du chef de l’Etat à l’occasion de la commémoration de l’an 54 de l’indépendance de la Guinée Ã©tait un discours bien mûri. C’est du moins l’avis de nombreux observateurs qui ont salué cette façon de parler aux Guinéens dans le strict « respect des principes de la bienséance Â».

Le professeur avait reconnu franchement que « la Guinée a besoin d’apaisement et de rassemblement Â». « Nous appartenons tous à la même nation, quel que soit notre âge, quelles que soient nos convictions, où que nous vivions. Nous voulons tous la réussite de la Guinée Â», avait-il lancé en clôturant ce discours anniversaire.

Du coup, on voit là une main tendue à tous les fils du pays, sans distinction. Mais le lendemain ce discours va aussitôt changer. Car une fois à la tribune des festivités du 54e anniversaire, le président de la République va cette fois renouer avec son style, un peu « populiste Â» dans la forme et le fond. Là, Alpha Condé va s’en prendre aux prédateurs et autres grilleurs d’arachides qui selon lui ont pillé la Guinée en s’achetant des villas cossues un peu partout à travers le monde. Une façon d’empêcher le pays d’atteindre le PPTE. Heureusement c’est fait, son gouvernement a réussi à arracher ce fameux sésame, aux forceps. Les élections législatives, il en a parlé également, menaçant de laisser sur le quai ceux qui ne voudront pas s’embarquer dans le train. Une menace à peine voilée, qui viserait sans doute l’ADP et le Collectif, les deux blocs alliés qui continuent à réclamer des « Ã©lections justes et transparentes Â». Qui pour eux passeraient forcément par le départ de l’opérateur sud-africain Waymark, soupçonné d’être un instrument au service du pouvoir.

Cette volonté du professeur d’organiser les élections dans les meilleurs délais, il l’avait réitérée dans son discours prononcé dans la soirée du 1er octobre. Il avait tenu ainsi à rappeler que « la Guinée de demain sera aussi celle des institutions républicaines fortes et légitimes. Je réitère aujourd’hui mon appel à organiser au plus vite les élections. Toutes les forces politiques du pays, sans distinction, doivent tendre vers cet objectif, et le soutenir. Â»

L’appel à « l’unité et à l’apaisement Â» doit se concrétiser dans les faits. C’est en tout cas l’avis de certains analystes de la situation sociopolitique guinéenne. Pour eux, le président Condé doit accepter de « conjuguer Â» avec son opposition à propos de certaines questions comme celle concernant l’opérateur Waymark. Et que rien ne servirait d’opérer une « fuite en avant Â», en organisant un scrutin auquel l’opposition ne pourrait pas prendre part.

Ces mêmes critiques se concentrent sur la lutte contre la corruption en Guinée. Le professeur ne cesse de promettre de laver les écuries d’Augias, ce depuis son avènement aux affaires en décembre 2010. Mais on ne voit rien venir. C’est comme une arlésienne. Même Paul Biya, dont le régime est réputé pour son autoritarisme, a réussi à mettre certains barons au frais, pour détournement. A l’issue de procès considérés certes comme politiques, mais quelque part le geste est dissuasif. Le président de la République peut certainement être animé de la volonté de bien faire. Seulement avec un entourage composé d’anciens caciques du régime Conté, il sera difficile de cultiver la vertu dans un tel environnement. A moins que ne se produise un miracle.


Aliou Sow
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu.com

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Commentaires  

 
+1 #1 Patriote 05-10-2012 15:14

Mr Sow,
À moins que je ne me trompe, je ne trouve pas où les paroles contredisent les actes dans ce que vous présentez. Pour moi, tout est discours. Il n'y a pas d'actes.
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