Thierno Fodé Sow Mercredi, 03 Octobre 2012 16:34
Que dire aujourd’hui de l’hôpital préfectoral de Tougué qui porte vraiment mal son nom ? Tout simplement un mouroir – le mot n’est pas très fort – à ciel ouvert, pourraient sans nul doute répondre et en cadence nombre d’habitants rencontrés récemment là-bas.
A Tougué, dès qu’on parle de cette structure sanitaire, pour autant des plus équipés jusqu’à récemment, l’on vous indexe seulement le Pavillon de la chirurgie. Comme si à lui seul il constituait l’hôpital préfectoral dans son ensemble. Et pour cause ? « A part le Directeur de l’hôpital qui est souvent en déplacement, peut-être pour des raisons de services, le pavillon n’est tenu que par des amateurs qui ont fière allure avec leurs blouses blanches. Et c’est des genres de personnes qui adorent être appelées si maladroitement "Docteur" », fulmine un ancien stagiaire.
Ce témoignage sans appel confirme, de fait, ce que tout le monde sait. Mais que personne ne dénonce, se contentant de pleurnicher – en médisant coépouses, compères, diables ou sorciers – après "une charcuterie non réussie de M. le docteur’’. Ce témoignage, à lui seul en dit donc long sur un semblant de laisser aller au sein de l’hôpital préfectoral de Tougué.
Les plus soucieux pour leur carrière ont déposé le bistouri pour limiter certainement les affres de l’amateurisme. Ils sont actuellement en recyclage à l’Université de Conakry (Faculté de médecine). Mais qui a déjà dit qu’au royaume des aveugles les borgnes sont rois ? Donc ici, des infirmiers qui n’ont même pas le baccalauréat tiennent le haut du pavé. Allez-y alors dénombrer les dégâts collatéraux. Chair de poule somme toute assurée ! D’où l’urgence d’une réelle perfusion pour cet hôpital qui manque de tout aujourd’hui.
Thierno Fodé Sow