Bakary Fofana, commissaire du CNOSCG : vers une CENI piégée ?

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FOFANA_Bakary_2_01La société civile et le mouvement syndical ont ouvert le bal dans le choix des commissaires devant figurer dans la future CENI. Des choix qui se font sur fond de passion et de division.

Le choix du CNOSCG, porté sur la personne de Bakary Fofana en tant que représentant au sein de la nouvelle Commission électorale nationale indépendante (CENI), est loin de faire l’unanimité. Des voix s’élèvent déjà pour remettre en cause le procédé ayant donné lieu à l’élection de cet ancien ministre de la transition, qui aura du mal à convaincre de son intégrité. Quand on sait le rôle qu’il a joué auprès de l’ancien premier ministre Jean-Marie Doré durant les quelques mois passés aux affaires. Ses détracteurs pensent d’ailleurs qu’il avait un ascendant sur Doré, qu’il ne quittait quasiment pas d’une semelle. Il le marquait à la « culotte », comme pour être au courant de tout... En attendant de revenir un jour sur ce qui s’est réellement passé durant cette transition non achevée, il faut signaler que la société civile est en proie à des querelles de chapelle. La pomme de discorde porte sur le choix de Bakary Fofana.

Salmana Diallo, président du Conseil régional de la société civile de Conakry, est très amer et trouve que l’élection de Bakary Fofana pour représenter la société civile au sein de la nouvelle CENI a été entachée d’irrégularités.

Lui en personne était absent, ayant été appelé à Kindia pour des raisons de calendrier. Et c’est à partir de là-bas, qu’il apprendra que la réunion devant statuer sur le choix du commissaire du CNOSCG dans la future CENI a été reportée. A sa grande surprise, il sera mis devant le fait accompli. Son intervention sur les antennes de Radio Espace confirme ainsi les réserves émises par le Conseil régional de la société civile de Conakry sur ce choix porté sur la personne de Bakary.

Salmana Diallo trouve que cet ancien membre du gouvernement de transition n’est pas le mieux indiqué pour aller parler au nom de la société civile dans une CENI qui aura la lourde responsabilité d’organiser les élections législatives. Le Conseil régional voudrait en fait un homme neuf.

Ayant le mauvais souvenir du rôle néfaste joué par certains cadres guinéens, qui ont la propension à la corruption. Bakary Fofana, qui se prend déjà pour le futur président de cette CENI, qui sera elle aussi taillée sur mesure, n’a en tout cas pas bonne presse. Ce rhétoricien qui a grandi dans l’ombre de feu Ben Sékou Sylla a réussi à utiliser le CNOSCG comme passerelle pour se hisser à la tête du département des Affaires étrangères.

Au sein du mouvement syndical aussi, la désignation du représentant des 8 centrales syndicales au sein de l’institution qui va organiser le scrutin à venir, a donné lieu à de chaudes empoignades. Louis M’Bemba Soumah, secrétaire général de l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG) a contesté Aziz Camara, l’heureux élu.

Louis M’Bemba se croyant sans doute incontournable, a été surpris que ses camardes syndicalistes jettent leur dévolu sur cet Aziz Camara, qui n’était jusque-là pas connu de tous. Contrairement à lui, qui a été ministre de la République. Le fameux perdant a fini par claquer la porte du mouvement syndical.

Pour revenir à cette recomposition de la CENI, il conviendrait de rappeler que le Conseil national de transition (CNT) a voté récemment, en séance plénière, « la nouvelle loi organique portant composition, organisation et fonctionnement de la Commission Ã©lectorale nationale indépendante (CENI) ».

Cette loi adoptée par le CNT prévoit « la désignation, au titre de commissaires de la CENI, de 10 membres de la mouvance présidentielle, 10 de l’opposition, 3 des organisations de la société civile et 2 de l’administration ». Elle prévoit que « les membres de la CENI sont nommés par décret pour un mandat de 7 ans non renouvelable et portent le titre de commissaire ».

Avec ces structures qui ont du mal à s’accorder sur le choix de leurs mandants au sein de cette institution, il faut s’attendre à revivre un remake du désordre qui a prévalu dans le fonctionnement de la CENI sortante. Car les partis politiques aussi commencent à s’entredéchirer sur le quota qui leur est accordé dans cette recomposition. Comme pour dire que la Guinée est loin du bout du tunnel.


Aliou Sow

L’Indépendant, partenaire de GuineeActu.com


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Commentaires  

 
+2 #4 Ibrahima MBemba SOW 30-09-2012 02:17

L'Opposition Crédible devrait se faire à l'idée que le PPAC et les magouilleurs en tous genres dont il s'est entouré, ne renonceront jamais au seul moyen qu'ils ont de "gagner" les élections législatives: noyauter la CENI et la mettre au service du pouvoir.
Il faudrait exiger la suppression des 3 postes de commissaires issus de la société civile guinéenne (qui n'est plus qu'un nid de corrompus ou de corruptibles potentiels) et réduire à 1 seul commissaire-délégué (privé de droit de vote) les deux postes réservés à l'Administration publique. Et ce, de manière à rétablir une parité absolue au sein de la future CENI qui aurait 12+12+1 = 25 membres.
Quant à Bakary Fofana qui est malinké de Dabola, il ne peut pas coller au job de président de la CENI, même s'il n'était pas RPGiste avec la mauvaise réputation qu'il traîne depuis le Gouvernement Konaté-JMD, notamment. Face à un PRG qui viole allègrement les lois qu'il est censé faire respecter, il est proprement naïf de prétendre « s'abriter derrière la légalité », comme cela dit tout naturellement dans un pays dont les institutions fonctionnent normalement. Nos opposants pourraient disposer, s’ils le désirent, de tous les moyens notamment argumentaires, pour prouver à la face du monde que c’est le PPAC qui refuse la tenue d'élections transparentes et crédibles, sans pour autant devoir poursuivre cette tuerie ciblée de jeunes citoyens innocents.
Soit l’on donne aux gens les moyens de se défendre contre les hordes barbares d’assassins surarmés que le pouvoir ethno-fascisant envoie tuer dans les quartiers peuhls, soit l'en s’en remet à la lutte médiatico-politique en se donnant les moyens d’une véritable efficacité. Mais cette « boucherie sélective » ne peut plus continuer en toute impunité, alors que le pouvoir en place réussit encore, y compris, à se faire qualifier de « démocratique » et donc en se s’auto-plaçant au-dessus de tous soupçons de tyrannie. Il y a visiblement quelque chose qui cloche notamment en termes de cohésion au sein de la direction de l’UFDG. Aussi, je ne me lasserai pas de répéter qu’il est impératif que Bah Oury retrouve vite la plénitude du rôle qui était le sien dans la stratégie décisionnelle de ce grand parti qui ne dissuade plus les velléités répressives et anti-peuhles du pouvoir en voie d'enracinement en Guinée. C’est donc un signal politique fort dans ce sens s’impose (…) Was-Salam!
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+1 #3 KIM 29-09-2012 23:37

Le consensus entre mouvance et opposition aurait dû être privilégié pour le choix du président de la CENI. Quoi que l'on pense de la moralité de Toumany Sangaré, sa désignation à la présidence de la CENI n'a souffert d'aucune contestation, parce que, pour une fois le consensus a été privilégié. Hélas, tout laisse à penser que le CNT n'ayant tiré aucune leçon de l'entre-deux-tours, continue à pondre des lois inapplicables dans la crise Guinéenne.
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+2 #2 Patriote 29-09-2012 17:02

Erratum: À la place de "impartialité" lire "partialité".
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+2 #1 Patriote 29-09-2012 16:49

À l'allure où vont les choses, on ne sait plus où donner la tête. Aucune élection n'est acceptée : présidentielle, CNTG (Amadou contre Yamodou), représentant de la CNTG à la CENI et maintenant Société Civile, sans oublier le choix des représentants de l'opposition à la CENI. Tout cela me pousse à dire que quand les guinéens se regarderont en frères et soeurs, ils pourront s'entendre. D'ici là, c'est le désespoir total.
En ce qui concerne le cas particulier du choix de Bakary Fofana, il serait judicieux que l'auteur de cet article enquête pour livrer un dossier complet. Sinon, il y a biais et impartialité.
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