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Bakary Fofana, commissaire du CNOSCG : vers une CENI piégée ?

Aliou Sow  Samedi, 29 Septembre 2012 14:46

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FOFANA_Bakary_2_01La société civile et le mouvement syndical ont ouvert le bal dans le choix des commissaires devant figurer dans la future CENI. Des choix qui se font sur fond de passion et de division.

Le choix du CNOSCG, porté sur la personne de Bakary Fofana en tant que représentant au sein de la nouvelle Commission électorale nationale indépendante (CENI), est loin de faire l’unanimité. Des voix s’élèvent déjà pour remettre en cause le procédé ayant donné lieu à l’élection de cet ancien ministre de la transition, qui aura du mal à convaincre de son intégrité. Quand on sait le rôle qu’il a joué auprès de l’ancien premier ministre Jean-Marie Doré durant les quelques mois passés aux affaires. Ses détracteurs pensent d’ailleurs qu’il avait un ascendant sur Doré, qu’il ne quittait quasiment pas d’une semelle. Il le marquait à la « culotte », comme pour être au courant de tout... En attendant de revenir un jour sur ce qui s’est réellement passé durant cette transition non achevée, il faut signaler que la société civile est en proie à des querelles de chapelle. La pomme de discorde porte sur le choix de Bakary Fofana.

Salmana Diallo, président du Conseil régional de la société civile de Conakry, est très amer et trouve que l’élection de Bakary Fofana pour représenter la société civile au sein de la nouvelle CENI a été entachée d’irrégularités.

Lui en personne était absent, ayant été appelé à Kindia pour des raisons de calendrier. Et c’est à partir de là-bas, qu’il apprendra que la réunion devant statuer sur le choix du commissaire du CNOSCG dans la future CENI a été reportée. A sa grande surprise, il sera mis devant le fait accompli. Son intervention sur les antennes de Radio Espace confirme ainsi les réserves émises par le Conseil régional de la société civile de Conakry sur ce choix porté sur la personne de Bakary.

Salmana Diallo trouve que cet ancien membre du gouvernement de transition n’est pas le mieux indiqué pour aller parler au nom de la société civile dans une CENI qui aura la lourde responsabilité d’organiser les élections législatives. Le Conseil régional voudrait en fait un homme neuf.

Ayant le mauvais souvenir du rôle néfaste joué par certains cadres guinéens, qui ont la propension à la corruption. Bakary Fofana, qui se prend déjà pour le futur président de cette CENI, qui sera elle aussi taillée sur mesure, n’a en tout cas pas bonne presse. Ce rhétoricien qui a grandi dans l’ombre de feu Ben Sékou Sylla a réussi à utiliser le CNOSCG comme passerelle pour se hisser à la tête du département des Affaires étrangères.

Au sein du mouvement syndical aussi, la désignation du représentant des 8 centrales syndicales au sein de l’institution qui va organiser le scrutin à venir, a donné lieu à de chaudes empoignades. Louis M’Bemba Soumah, secrétaire général de l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG) a contesté Aziz Camara, l’heureux élu.

Louis M’Bemba se croyant sans doute incontournable, a été surpris que ses camardes syndicalistes jettent leur dévolu sur cet Aziz Camara, qui n’était jusque-là pas connu de tous. Contrairement à lui, qui a été ministre de la République. Le fameux perdant a fini par claquer la porte du mouvement syndical.

Pour revenir à cette recomposition de la CENI, il conviendrait de rappeler que le Conseil national de transition (CNT) a voté récemment, en séance plénière, « la nouvelle loi organique portant composition, organisation et fonctionnement de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ».

Cette loi adoptée par le CNT prévoit « la désignation, au titre de commissaires de la CENI, de 10 membres de la mouvance présidentielle, 10 de l’opposition, 3 des organisations de la société civile et 2 de l’administration ». Elle prévoit que « les membres de la CENI sont nommés par décret pour un mandat de 7 ans non renouvelable et portent le titre de commissaire ».

Avec ces structures qui ont du mal à s’accorder sur le choix de leurs mandants au sein de cette institution, il faut s’attendre à revivre un remake du désordre qui a prévalu dans le fonctionnement de la CENI sortante. Car les partis politiques aussi commencent à s’entredéchirer sur le quota qui leur est accordé dans cette recomposition. Comme pour dire que la Guinée est loin du bout du tunnel.


Aliou Sow

L’Indépendant, partenaire de GuineeActu.com


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