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Fria, en attendant le requiem !

Thierno Fodé Sow  Jeudi, 27 Septembre 2012 09:29

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Fria_boite_de_nuit_01Connue et reconnue pour son ambiance sans équivalent à vous couper le souffle, la cité d’alumine de Fria voit aujourd’hui, à son corps défendant, ses lieux de loisirs, de désaltération et de restauration se rétrécir impitoyablement comme peau de chagrin. Partout où l’on n’a pas mis la clé sous le paillasson, les quelques rares clients viennent juste pour se changer les idées.

Fria, la ville-usine, est-elle en train de prendre l’eau, en vivant aujourd’hui ses derniers instants plus d’une décennie après la sortie par la trappe de la défunte Péchiney ? Cette question mérite d’être posée à l’heure même où certains pensent déjà à foutre le camp, suite aux rudes conséquences notamment liées à l’arrêt de l’usine et à la suspension du salaire d’environ 3 mille travailleurs. Actuellement, tout ce qui faisait la fierté de la cité – eaux, électricité, sports, loisirs – a pris un sérieux coup de vieux, si la messe de requiem n’a pas tout simplement été dite.

Des boîtes de nuit ont fermé. Des débits de boisson, ainsi que des cadres de restauration et de grandes retrouvailles. Le Bowal, le Gnagara, One love, Rue 12, Boulevard Select, Clo-clo, Chez Fanta, Petit Paris, Pélican, chez Fatou Souaré, la Case, partout les mêmes causes produisent les mêmes effets : la crise à l’usine assomme et enterre. Même les plus forts ou supposés comme tels. Certains ferment faute d’énergie, d’autres à cause de l’absence de clientèle liée sans nul doute à la chute du niveau de vie. Un troisième groupe tente de survivre.

François Dopavogui, gérant de la buvette Kolobou se désole tout en priant pour que les activités reprennent vite à l’usine afin qu’il redémarre sa buvette déjà agenouillée : « Nous n’enregistrons quasiment plus de clients. Nous sommes dans le noir et nous prions tous les jours pour que Fria ressorte de sa léthargie. » La même sonnette d’alarme chez Mamadou Mouminy Diallo : « Actuellement, on passe toute la journée à nous tourner les pouces. Et si nous avons deux ou trois clients c’est que la journée a marché, sinon, nos clients habituels viennent on bavarde puis, ils s’en vont. Tout est bloqué. » Au niveau des discothèques, le DJ Mollar soutient qu’il y a une grande différence entre le début de l’année et aujourd’hui. « L’engouement n’est plus comme cela », se résigne-t-il, avant de formuler un ardent vœu de voir tout rentrer dans l’ordre à Fria. Comme quoi, quand l’usine éternue, c’est le tout Fria qui s’enrhume.


Thierno Fodé Sow

 
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