Imprimer

La recomposition de la CENI continue de faire des vagues au sein de l’opposition guinéenne

Heinan Goba  Mercredi, 26 Septembre 2012 21:04

Facebook

 

CENI_01L’engagement du Collectif et de l’ADP de s’attribuer les dix postes de représentation au sein de la nouvelle CENI au terme de la nouvelle loi, au motif que « la seule opposition en Guinée, c'est seulement eux », excluant les autres partis, continue de provoquer des remous au sein de la classe politique guinéenne. Particulièrement au niveau de ceux qui ne sont pas de la mouvance.

La nouvelle loi sur la CENI (Commission électorale nationale indépendante) dispose que dans sa composition, l’opposition a droit à dix postes ; la mouvance dix ; la société civile trois et deux de l’administration. Cette loi qui était censée résoudre, en partie, la crise politique actuelle, en a malheureusement créé un autre.

La semaine dernière, le FDP (Front d’union pour la démocratie et le progrès) coordonné par Mamadou Bah Baadikko a exprimé toute sa colère d’être qualifié de tout sauf une opposition. Le BOC (Bloc de l’opposition constructive) aussi a été très désagréable vis-à-vis du Collectif et de l’ADP en répondant à leur affirmation.

Le porte-parole du CADP (Collectif des alliés politiques pour la démocratie), un bloc politique traditionnellement au centre a déclaré qu'ils sont de l'opposition, conformément à la définition que la loi donne à cette dernière. De ce fait ils ont droit à des postes parmi les dix qui reviennent à toute l'opposition dans le cadre de la recomposition paritaire de la CENI.

Le PNR (Parti national pour le renouveau), en revanche, n’a pas pris part à cette polémique. Renonçant à toute demande de postes de représentation susceptible de retarder la mise en place de la nouvelle CENI. Et par conséquent, l’organisation des élections législatives qui n’a que trop duré.

Cet acte, bien qu'il soit dans l'intérêt du pays, n'engage que ce parti, a laissé entendre Maître Pépé Koulémou. Pour l’avocat, en politique, tout est question de choix des principes. « La loi a dit que nous avons droit à des postes, nous allons nous battre pour les occuper » a dit le porte-parole du CADP.

« Ça ne se passera pas comme au temps de la mise en place du CNT ou du gouvernement de transition » a martelé Maître Pépé Koulémou. Après la chute du régime du capitaine Moussa Dadis, tous ceux qui se sont fait entendre par la rue se sont partagé "le butin" pendant qu’il y en a d'autres qui ont choisi d'autres formes légales de s'opposer » a rappelé Maître Koulémou.

Un peu plus modéré, Moussa Sagno, président de l’ANP (Alliance nationale pour le progrès), membre du CADP, a dit qu’ils allaient se battre pour occuper ces postes qui leur reviennent de droit. Mais si cela est de nature à provoquer des tensions, il préfère s’en passer : « ce n'est pas la fin du monde. Et la situation actuelle demande beaucoup de tolérance. »

A signaler qu'au sein de la société civile guinéenne, le même problème se pose. Les acteurs sociaux n'arrivent pas à s'accorder sur le choix des noms qu'ils doivent proposer à l'Administration du territoire d'ici le 03 octobre prochain.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu.com


AArticle_logo1_0 

Facebook