La recomposition de la CENI continue de faire des vagues au sein de l’opposition guinéenne

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CENI_01L’engagement du Collectif et de l’ADP de s’attribuer les dix postes de représentation au sein de la nouvelle CENI au terme de la nouvelle loi, au motif que « la seule opposition en Guinée, c'est seulement eux Â», excluant les autres partis, continue de provoquer des remous au sein de la classe politique guinéenne. Particulièrement au niveau de ceux qui ne sont pas de la mouvance.

La nouvelle loi sur la CENI (Commission électorale nationale indépendante) dispose que dans sa composition, l’opposition a droit à dix postes ; la mouvance dix ; la société civile trois et deux de l’administration. Cette loi qui était censée résoudre, en partie, la crise politique actuelle, en a malheureusement créé un autre.

La semaine dernière, le FDP (Front d’union pour la démocratie et le progrès) coordonné par Mamadou Bah Baadikko a exprimé toute sa colère d’être qualifié de tout sauf une opposition. Le BOC (Bloc de l’opposition constructive) aussi a été très désagréable vis-à-vis du Collectif et de l’ADP en répondant à leur affirmation.

Le porte-parole du CADP (Collectif des alliés politiques pour la démocratie), un bloc politique traditionnellement au centre a déclaré qu'ils sont de l'opposition, conformément à la définition que la loi donne à cette dernière. De ce fait ils ont droit à des postes parmi les dix qui reviennent à toute l'opposition dans le cadre de la recomposition paritaire de la CENI.

Le PNR (Parti national pour le renouveau), en revanche, n’a pas pris part à cette polémique. Renonçant à toute demande de postes de représentation susceptible de retarder la mise en place de la nouvelle CENI. Et par conséquent, l’organisation des élections législatives qui n’a que trop duré.

Cet acte, bien qu'il soit dans l'intérêt du pays, n'engage que ce parti, a laissé entendre Maître Pépé Koulémou. Pour l’avocat, en politique, tout est question de choix des principes. « La loi a dit que nous avons droit à des postes, nous allons nous battre pour les occuper Â» a dit le porte-parole du CADP.

« Ça ne se passera pas comme au temps de la mise en place du CNT ou du gouvernement de transition Â» a martelé Maître Pépé Koulémou. Après la chute du régime du capitaine Moussa Dadis, tous ceux qui se sont fait entendre par la rue se sont partagé "le butin" pendant qu’il y en a d'autres qui ont choisi d'autres formes légales de s'opposer Â» a rappelé Maître Koulémou.

Un peu plus modéré, Moussa Sagno, président de l’ANP (Alliance nationale pour le progrès), membre du CADP, a dit qu’ils allaient se battre pour occuper ces postes qui leur reviennent de droit. Mais si cela est de nature à provoquer des tensions, il préfère s’en passer : « ce n'est pas la fin du monde. Et la situation actuelle demande beaucoup de tolérance. Â»

A signaler qu'au sein de la société civile guinéenne, le même problème se pose. Les acteurs sociaux n'arrivent pas à s'accorder sur le choix des noms qu'ils doivent proposer à l'Administration du territoire d'ici le 03 octobre prochain.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu.com


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Commentaires  

 
-1 #8 Patriote 28-09-2012 05:46

Mon cher AOT,
Vous êtes libre de qualifier certains partis ou leurs leaders d'escrocs, mais cela n'entame en rien la clarté de la situation. Je dirais d'ailleurs que le choix des représentants à la CENI va être une épreuve tant pour la mouvance que pour l'opposition. C'est à partir de là qu'on va voir qui est démocrate, qui ne l'est pas. D'ici là, oubliez les résultats des présidentielles, ils n'ont servi qu'à élir le président de la république.
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0 #7 AOT Diallo 27-09-2012 20:36

Citation en provenance du commentaire précédent de Patriote:
Gandhi,
Il faut que les choses soient claires. Si on est d'accord que chaque parti choisisse son camp, il appartient à chaque camp de faire sa propre clé de répartition et de proposer ses représentants à la CENI. Ce qui importe c'est (1) qu'on ne refuse à aucun parti de choisir son camp,

Cher patriote masqué, hélas en disant cela tu justifies tous les "escrocs" qui ont ouvert des partis depuis 2009 uniquement pour obtenir un poste de ministre ou de directeur - et ça c'est le contraire de la démocratie..
Si on ne représente que 2-3 personnes on ne doit pas pouvoir créer un parti - et encore moins avoir le privilège d'une place a la CENI rien que pour cela !
Il n'y a pas plus de 10 partis réels en Guinee, mouvance et l'opposition - le MATAP avait fait une enquête sur la réalité de ces partis mais n'a jamais osé montrer les résultats - il ne reste donc plus comme base que les élections de 2010 qui arrivent presque a la même conclusion.
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0 #6 Patriote 27-09-2012 17:30

Gandhi,
Il faut que les choses soient claires. Si on est d'accord que chaque parti choisisse son camp, il appartient à chaque camp de faire sa propre clé de répartition et de proposer ses représentants à la CENI. Ce qui importe c'est (1) qu'on ne refuse à aucun parti de choisir son camp, (2) qu'il n'y ait pas de troisième voie, (3) que le pouvoir ne s'immisce pas dans les affaires de l'opposition. Quant à votre question concernant le PEDN et la NGR, demandez à leurs dirigeants à quel camp ils appartiennent, ils vous répondront tout de suite. C'est aussi simple que couper le beurre. Si l'UFDG en tant que grand parti ne peut pas faire valoir ses droits dans son propre camp, elle ne s'en prendra qu'à elle-même et non au pouvoir et donc ne peut prendre la rue.
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0 #5 Gandhi 27-09-2012 10:02

Patriote, je ne me préoccupe pas de la répartition de la mouvance, et ce n'est pas de l'appartenance ou pas d'un parti à un camp dont je parle. Je dis que la clé de répartition à l'intérieur de l'opposition doit tenir compte de la seule pratique qui vaille en démocratie. Cette pratique consistant à prendre en compte la représentativité d'un parti ne fait pas l'objet d'une loi, mais tous les textes qui évoquent un pourcentage minimal à atteindre pour être représenté, l'illustrent parfaitement.
La question qui se pose à l'opposition, est d'abord de savoir notamment, où le PEDN et la NGR se situent, et ensuite de savoir si on tient compte des nouvelles règles démocratiques selon lesquelles un homme = une voix (cette dernière s'entendant comme voix obtenue en Juin 2010).
Maintenant les partis sont évidemment libres d'octroyer des voix à leur guise selon la clé de répartition qu'ils veulent, puisqu'ils sont tenus par rien. Néanmoins, de la même façon que j'étais choqué de voir les partis politiques représentés seulement à 19% dans le CNT (un 1/150 conseiller de l'UFDG par exemple), cela me choquerait de la même manière de voir l'UFDG pouvoir choisir seulement un commissaire, au même titre qu'un parti absent aux élections de Juin 2010.
Si l'UFDG, premier parti de Guinée ne peut pas se faire entendre, parce qu'il est le plus important en nombre (et qu'on le réduit à sa plus simple expression), il ne lui reste alors que la rue pour se faire entendre. Il faut savoir ce que nous voulons, et si on veut instaurer la démocratie, il faut se plier à ses contraintes. Ou alors, on ne s'en réclame pas.
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0 #4 Diallo Mamadou 27-09-2012 05:18

C'est un faux debat que les centristes veulent engager. Les declarations et conferences de presse ne suffisent pas pour faire plier ce regime dictatorial. Il faut des manifestations de rue et des meetings geants. Ils pouvaient organiser leurs propres manifestations pour prouver leur determination a defaut de se joindre a celles de l'ADP et du Collectif.
Diallo Mamadou
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+2 #3 Patriote 27-09-2012 01:08

Gandhi,
C'est un faux débat que de vouloir prendre les résultats des élections présidentielles passées pour d'autres fins. Qui plus est, aucune loi ne le justifie. Sinon, laquelle ?
À mon humble avis, ce problème peut être résolu en deux temps. D'abord en demandant à chaque parti de choisir son camp : opposition ou mouvance. On ne peut pas refuser à un parti son appartenance à une mouvance fut-il un petit ou grand parti. Dans un second temps, chaque camp s'organise à trouver la clé de répartition.
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+1 #2 Ibrahima MBemba SOW 26-09-2012 23:23

Citation en provenance du commentaire précédent de Gandhi:
La démocratie suppose de ne prendre en compte que les partis représentatifs. Si l'on considère que seules les élections de 2010 ont été libres et transparentes, cela simplifie la répartition des postes. Seuls 7 partis (UFDG, UFR, NGR, RPG, PEDN, RDR, RDIG) ont dépassé la barre des 1% à ces élections.
Comme Mamadou Baadiko Bah (et bien d'autres partis) dit être un démocrate, il n'a qu'à en tirer les conséquences.

En effet, un BAADIKO qui est d'évidence plus averti que la moyenne des politiques guinéens actuels, devrait savoir qu'opportunismme et opposition font deux, surtout face à un régime dont l'ethnostragie et la corruption d'Etat constituent l'unique idéologie. Avec ABE, il fait partie de ceux qui n'ont pas caché leur désir de travailler avec AC, par ailleurs.
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+1 #1 Gandhi 26-09-2012 22:22

La démocratie suppose de ne prendre en compte que les partis représentatifs. Si l'on considère que seules les élections de 2010 ont été libres et transparentes, cela simplifie la répartition des postes. Seuls 7 partis (UFDG, UFR, NGR, RPG, PEDN, RDR, RDIG) ont dépassé la barre des 1% à ces élections.
Comme Mamadou Baadiko Bah (et bien d'autres partis) dit être un démocrate, il n'a qu'à en tirer les conséquences.
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