Intervention à la 21e session du Conseil des droits de l’homme de l'ONU

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BARRY_BAUD_Adji_KI-MOON_Ban_01Nous vous livrons ci-dessous le texte de l’intervention d’Adjidjatou Barry Baud, membre de l’ONG TCHAPE, ce vendredi 21 septembre, dans le cadre de la 21e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, qui se tient du 10 au 28 septembre 2012 à Genève.

Adjidjatou Barry Baud reprend à son compte plusieurs éléments figurant dans la dernière déclaration du Collectif et de l’ADP.


Madame la Présidente,

Dans quelques jours auront lieu des journées de commémoration des massacres du 28 septembre 2009 en Guinée, à la suite desquels rien de véritablement concret n'a été obtenu permettant de croire à la fin de l'impunité en Guinée.

Le 27 août dernier des faits graves et inédits, comme des tirs à balles réelles sur les véhicules transportant les responsables de l'opposition guinéenne, se sont produits à Conakry. Ces faits ne sont pas de nature à apaiser les inquiétudes de la population civile. Cela représente une escalade dangereuse de la violence susceptible d'entraîner de sérieux troubles sociaux, voire des conflits internes aux conséquences imprévisibles et forcément désastreuses.

Ces violations des droits de l’homme sont devenues récurrentes, comme :

  • une douzaine de morts par balles, parmi de simples manifestants, depuis le début du mois de décembre 2010 ;
  • 2 morts en prison ;
  • malheureusement les plaintes des parents des morts précités n'ont même pas été enregistrées ;
  • de présumés coupables de l’attentat de juillet 2011, dont la détention provisoire dépasse les 13 mois, doivent être jugés s’ils sont coupables sinon être relâchés ;
  • l’assassinat de 6 citoyens guinéens autochtones agressés pendant leur sommeil par des militaires, dans leur village de Zowota ;
  • les entraves répétées à l'exercice des libertés constitutionnelles ;
  • l’interdiction de réunions publiques pour les responsables de l'opposition dans les villes de l'intérieur du pays.

Pour que la paix soit une réalité, nous demandons le respect des règles constitutionnelles.

Nous demandons également au Conseil de suivre le dossier des parents des disparus car ces personnes n’ont pas les moyens de prendre un avocat et encore moins la possibilité de se faire entendre par la justice.

Je vous remercie d'en prendre acte, et de prendre les mesures nécessaires propres à impliquer de manière urgente la communauté internationale, en vue de permettre au pays, comme en 2010, de faire l'économie de violences graves pouvant affecter dangereusement la paix civile en Guinée ainsi que la stabilité dans la région ouest-africaine.

Je vous remercie Mme la Présidente. 


Sur la photo:  
Adjidjatou Barry Baud (à droite) aux côtés du Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon et de Princesse Micheline Makou Djouma, représentante de l’ONG International OCAPROCE à l’ONU.


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Laura Dupuy Lasserre, représentante permanente de l'Uruguay au bureau des Nations Unies à Genève et présidente du Conseil des droits de l'homme.












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Commentaires  

 
+2 #8 cheick 27-09-2012 14:03

Une grande amazone de la lutte pour la liberté et les droits de l'homme en Guinée!Je suis de tout coeur avec toi ma soeur.Courage nous vaincrons incha Allah !
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+5 #7 Mamadou Baldé 26-09-2012 13:23

"Si ma vie peut être le sacrifice pour libérer le pays, je la lui donne, pour qu'enfin ceux qui restent vivent en paix". Voilà quelqu'un qui a de l'ambition non pas pour elle mais pour tout le monde, quelqu'un qui lutte non pas pour des places ou pour devenir important mais pour le bien de tous. En plus, c'est dit avec un tel détachement qu'on sent la sincérité...
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+4 #6 Adjidjatou Barry Baud 25-09-2012 20:29

Merci ma sœur Madina pour vos contributions de haute qualité. Je prends acte de votre information au sujet des méthodes de notre « président élu ». Mais nous ne pouvons plus nous taire.
Si ma vie peut être le sacrifice pour libérer le pays, je la lui donne, pour qu’enfin ceux qui restent vivent en paix.
Comme aime citer Gandhi : Dans tout État libre, chaque citoyen est une sentinelle de la liberté qui doit crier, au moindre bruit, à la moindre apparence du danger qui la menace ». (Robespierre, Discours sur la liberté de la presse, mai 1791).
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+5 #5 Oury Baldé 25-09-2012 14:57

Merci ABB. C'est l'histoire qui vous recompensera pour votre noble combat.
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+6 #4 AMADOU SAIKOU DIALLO WASHINGTON DC 24-09-2012 23:41

Toutes mes fellicitation ma soeur et surtout du courage pour le combat des droits de l'Homme. Ce rappel est une action tres saluees et je vous tire le chapeau.
Thank you very much
ASD( WASHINGTON D.C)
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+5 #3 Ibrahima Kylé DIALLO 24-09-2012 15:51

Félicitations, Mme Baud pour cet appel à la communauté internationale.Dans la plupart des pays même les animaux ont des droits. En Guinée, ce sont seulement quelques hommes qui en ont!
Kylé
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+8 #2 madina 22-09-2012 15:31

Du courage ma soeur dans le combat.Une source m'a informée que vous figurez sur la liste noire de Alfa Condè.
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+6 #1 Ibrahima MBemba SOW 22-09-2012 14:06

Madame Baud,
Vous êtes vraiment à féliciter pour cet émouvant discours, par lequel votre ONG rend ainsi un précieux service à la cause de la paix et de la justice dans notre pays qui se retrouve, plus que jamais, aux bords d'un chaos social sans précédent.
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