Alpha Camara Jeudi, 20 Septembre 2012 16:47
Suite au rapport rédigé par les trois ONG de défense des droits de l’homme sur les massacres de Zogota, les auteurs de ce rapport feraient l’objet de menaces de tous ordres. Rappelons que dès le lendemain des tueries, l’un des membres de la délégation ministérielle qui était présente à N’Zérékoré au moment même des massacres, avait donné des instructions sur place en vue de prendre toutes les dispositions nécessaires pour enterrer le plus vite que possible les corps des victimes. Il s’agit en fait du ministre des Affaires étrangères Edouard Niankoye Lamah. Afin d’éviter que des gens aillent filmer ou photographier les victimes et réunir des éléments de preuve contre les auteurs de cette répression sauvage. Malheureusement pour lui, les ONG de défense des droits humains se sont rendues rapidement sur les lieux pour faire leur travail avant la mise en œuvre de ces instructions ministérielles.
Depuis lors, les auteurs de ce rapport accablant seraient devenus des « gens à abattre ». C’est du moins ce que nous ont confiés ces ONG. Qui pourtant n’ont fait que leur travail conformément aux objectifs de leurs institutions respectives.
En effet, pendant la rédaction du rapport, il y a eu des tentatives d’empêchement à N’Zérékoré. Cela avait obligé les rédacteurs à changer de lieu pour finaliser le rapport. Ensuite, depuis la publication du rapport, ils recevraient des appels anonymes, proférant des menaces de mort.
La plus grave et récente de ces menaces remonterait au vendredi 31 août 2012. Le jour où un meeting d’information sur les massacres de Zogota organisé par des jeunes ressortissants de la Guinée Forestière fut dispersé. « Aux environs de 19 heures, deux hommes non identifiés ont pénétré par effraction dans le domicile du directeur d’Avocats sans frontières Guinée, un des piliers du premier rapport sur les tueries de Zogota qui accuse les forces défense et de sécurité », témoigne la victime.
« A la place du directeur d’ASF Guinée qui était absent, un de ses amis qui a eu le malheur de se trouver sur les lieux au mauvais moment sera pris et brutalisé violemment ».
Ce n’est qu’après, que les assaillants se seraient rendus compte de leur erreur. Des observateurs pensent que « ces menaces d’intimidation et de mort à l’endroit des auteurs de ce rapport objectivement rédigé constituent un frein à l’évolution normale du processus démocratique amorcé depuis les dernières élections dites transparentes de Guinée ».
Alpha Camara
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