Boubacar Bah Vendredi, 14 Septembre 2012 15:32
La Guinée solliciterait l’appui de la société brésilienne de courtage Banco BTG Pactual pour de nouveaux partenaires dans l’exploitation du Simandou. Cette démarche n’aurait qu’un but, celui de pousser la société anglo-australienne Rio Tinto vers la sortie.
Une délégation gouvernementale séjourne au Brésil depuis lundi dernier, où elle répond à une invitation de la société de courtage Banco BTG Pactual. Cette société qui est une propriété d’un businessman du nom d’André Estive, serait sollicitée par le gouvernement guinéen pour lui trouver de nouveaux partenaires dans l’exploitation du mont Simandou, riche en fer. Cette démarche viserait en fait la modification du montage juridico-financier concocté autour du projet Simandou. Rio Tinto qui a débuté des travaux de prospection sur le site n’étant plus en odeur de sainteté avec le gouvernement guinéen. La délégation est composée de Mohamed Condé, fils du président, et conseiller à la Présidence, Mohamed Lamine Fofana, ministre des Mines et du ministre des Travaux publics, Bah Ousmane.
La société de courtage Banco BTG Pactual pourrait bénéficier d’une commission de 2,5 pourcents sur les différentes transactions portant sur l’exploitation du Simandou, selon nos sources. Ceci vise à pousser Rio Tinto vers la sortie, pour la faire remplacer par la compagnie minière B and A, de l’ancien patron de Vale, Roger Agnelli. La société AIOG sera elle aussi écartée de la réalisation des infrastructures dont le chemin de fer destiné à évacuer la production.
Le 5 septembre dernier, Rio Tinto avait dû annuler une réunion prévue à Paris, où la société comptait mobiliser des investisseurs au profit de son projet. Cette levée de fonds n’a pas eu lieu à cause du refroidissement des rapports entre Alpha Condé et Rio Tinto. La Guinée entend en effet tirer plus de profit du projet Simandou que ne lui promet Rio Tinto. Tout serait parti de ces fameux 700 millions de dollars us versés à l’Etat guinéen par Rio Tinto. Cet argent qu’on a fait passer pour le fruit « d’une pénalité » imposée à Rio Tinto par les nouvelles autorités, ne serait en réalité que l’œuvre d’une supercherie dont la Guinée serait la victime.
Ces 700 millions ont plutôt en fait « réduit de moitié la plus-value réalisée lors de la vente à Chalco de 1,35 milliards de dollars us à 700 millions de dollars us ». La société a mis des garde-fous en versant cette manne au président Condé. En n’inscrivant pas les 700 millions us sur le registre des « charges directes à effet immédiat ». Le montant ayant été enregistré au titre des investissements capitaux dans le projet Simandou.
Le chef de l’Etat, on s’en souvient avait regretté cette transaction avec Rio Tinto. Se sentant grugé au final. Alpha Condé avait fait ces révélations lors d’un séjour de l’ancien Premier ministre britannique en Guinée. A l’allure où vont les choses, nombreux sont les observateurs qui se demandent si la rupture entre Alpha Condé et Rio Tinto sera inévitable ? Attendons de voir.
Boubacar Bah
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu.com