Boubacar Bagnan Diallo Mardi, 11 Septembre 2012 16:31
Le sujet de la démission du président de la CENI vient de connaître un nouveau rebondissement spectaculaire. Pendant que tout le monde apprécie ou non cet acte qualifié par certains de patriotique, le soi-disant démissionnaire vient de revenir à la charge, cette fois-ci en se dédisant, comme pour dire qu’il n’a pas démissionné.
Personne ne sait quelle mouche a piqué le président de la CENI Lousény Camara, au point d’affirmer encore qu’il n’a pas démissionné de la CENI. Ou bien toute cette machination n’est-elle qu’un manque de respect pour les Guinéens ? En effet, à propos de ce rétropédalage de 180 degrés, Lousény Camara vient de pousser sa témérité jusqu’à pester qu’il n’a pas démissionnée mais plutôt qu’il a demandé à la centrale syndicale dont il est issu de ne pas renouveler son mandat au sein de la CENI. « Vous m’amenez à repréciser que je n’ai pas démissionné. Je vous ai toujours dit que je ne démissionnerais jamais. » a laissé entendre Lousény Camara en réponse à une question que nous lui avons posée au sujet de sa démission lors de sa sortie d’audience avec les émissaires de la CEDEAO.
« J’ai demandé à ma centrale syndicale de bien vouloir accepter de ne pas renouveler mon mandat à la tête et au sein de la CENI. Puisque je suis issu de cette centrale syndicale qui est l’USTG. Mais je suis tout d’abord un travailleur du secteur privé, ça fait cinq ans que je ne travaille pas dans mon entreprise, ensuite pour ne pas perdre ce que j’ai acquis tout au moins pendant 20 ans d’expérience, j’ai préféré donc retourner à mon boulot. » a-t-il ajouté.
Du côté de l’opposition cette déclaration digne d’une bourde n’a guère surpris. Le collectif et l’ADP ont qualifié cette affirmation d’ « épiphénomène ». « Nous avons toujours dit que la déclaration de Lousény Camara n’est pas une démission. Parce que quand on démissionne d’un poste, on interrompt ses activités, on ferme son bureau et on passe le témoin à un intérimaire. Qui assure l’exécution des affaires courantes jusqu’à la désignation d’un successeur. Nous avons dit qu’il s’agit tout simplement d’une déclaration dans laquelle il fait ses vœux de non-candidature pour briguer un nouveau mandat à la CENI dans l’hypothèse d’une restructuration de celle-ci. » a laissé entendre l’ancien ministre de la communication, Boubacar Sylla. Qui a ajouté ceci : « Nous ne sommes pas surpris de ces propos, ils sont cohérents. Mais tout ça c’est des épiphénomènes. »
« Ce qui nous intéresse aujourd’hui, poursuit-il, c’est deux choses : la recomposition paritaire de la CENI formalisée par une loi organique adoptée par le CNT et promulguée par le président de la République, et le recrutement d’un nouvel opérateur technique qui va réviser correctement le fichier électoral sur la base des standards internationalement admis en la matière » a-t-il précisé.
Quant à la société civile, ces contre-déclarations de la part du président de la CENI la laissent perplexe. Elle dit ne rien comprendre désormais dans cette affaire.
Boubacar Bagnan Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu.com