Sous les tirs croisés des opposants : Raby sur la sellette

Facebook Imprimer    

 

DIALLO_Rabiatou_9_01La présidente du Conseil national de la transition (CNT) Hadja Rabiatou Sérah Diallo est sur la sellette. Elle qui jure de ne pas démissionner de ses fonctions, se retrouve sous les tirs croisés des opposants qui l’accusent de « trahison Â».

Les femmes de l’ADP et du Collectif ont pris les devants cette semaine pour accabler la présidente du CNT, qu’elles accusent de « trahison Â»â€™.

Dans une déclaration rendue publique à cet effet, les femmes de ces deux alliances disent « suivre avec anxiété les tractations qui se déroulent actuellement entre la présidence de la République et le CNT pour faire adopter une loi sur la CENI acceptable pour le président Alpha Condé et naturellement défavorable pour la crédibilité des élections à venir Â».

La déclaration rappelle qu’ Â« après un travail ardu des commissions du CNT, les conseillers avaient abouti à une proposition de loi organique portant sur la restructuration de la CENI. Ce projet avait obtenu l’approbation de six commissions sur les 9 que compte le CNT Â». « Malheureusement, le président Alpha Condé ayant eu vent de ce projet a convoqué la présidente Hadja Rabiatou Sérah Diallo et le premier vice-président du CNT pour les accuser de complot et les amener à interrompre la procédure d’adoption de cette proposition », souligne les femmes de l’opposition dans leur déclaration.

« L’aboutissement de ces démarches illégales a été d’une part le report sine die de la plénière du CNT initialement prévue le 8 août, d’autre part, la mise en place précipitée en catimini d’une commission réunissant des membres du CNT et d’autres institutions étrangères au CNT, notamment le Conseil économique et social, le Conseil national de la communication (CNC), des ONG, et présidé par Mme Makalé Traoré, ancienne directrice de campagne du candidat Alpha Condé Â», regrettent ces femmes apparemment très remontées contre Rabiatou.

Ajoutant que cette commission a effectivement soumis au président de la République « trois variantes de restructuration de la CENI, y compris celle initiée par le président Alpha Condé, qui consiste en une restructuration partielle de la CENI assortie du maintien de Lousény Camara à sa tête Â».

« Le président Alpha Condé sachant bien l’objectif qu’il vise, a exigé que le document qui lui est soumis soit signé par les présidents des institutions républicaines, à savoir Hadja Rabiatou Sérah Diallo, Michel Kamano et Martine Condé. Il faut regretter cette fois-ci encore que des femmes soient manipulées et utilisées à des fins politiciennes. Comme il fallait s’y attendre, le président a choisi sa variante qui a été approuvée par le gouvernement et transmise au CNT Â», selon les femmes de l’ADP et du Collectif.

Elles profitent de cette déclaration pour rejeter catégoriquement ce projet de loi car, selon les signataires de cette déclaration, « il s’agit d’un texte illégal et anticonstitutionnel qui porte dangereusement atteinte à la séparation des pouvoirs garantis par la constitution Â».

En effet, si selon la constitution le président de la République « partage concurremment avec le CNT le pouvoir d’initiative des lois, rien ne l’autorise à interrompre une procédure parlementaire de vote d’une loi, pour lui substituer une proposition élaborée par une commission ad hoc. Il s’agit d’une immixtion manifeste de l’exécutif dans le fonctionnement du législatif et d’une violation flagrante du principe intangible d’indépendance et de séparation des pouvoirs, fondement essentiel de tout régime démocratique Â», rappelle la déclaration.

En se prêtant à cette pratique, « Hadja Rabiatou Sérah Diallo a non seulement trahi de façon délibérée l’institution qu’elle préside, mais elle contribue à favoriser la dérive autocratique en cours dans notre pays », accusent les femmes.

« Dès lors, poursuivent-elle, la présidente du CNT assumera conjointement avec le président Alpha Condé, toutes les conséquences qui résulteraient de cet acte anticonstitutionnel. Â» Telle est la conclusion de cette virulente sortie des femmes de l’ADP et du Collectif. L’ADP et le Collectif avaient déjà déploré cette démarche du CNT qui selon les deux blocs « consacre les dérives institutionnelles actuelles, à la base de violations récurrentes de la constitution Â».

La présidente du CNT ne doit certainement plus savoir où donner de la tête, face à ce tollé général suscité par sa démarche. Même si elle tente de sauver les apparences en déclarant dans la presse qu’elle ne démissionnera jamais.


Bagnan Diallo et Aliou Sow
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu.com


AArticle_logo1_0


Facebook Imprimer    

 


 

Commentaires  

 
+1 #7 Gandhi 09-09-2012 11:48

Le poisson pourrit par la tête.
Lorsqu'un leader digne de ce nom viendra, le reste suivra, même si cela ne se fera pas immédiatement et sans casse.
Citer
 
 
+1 #6 Youssouf Bangoura 08-09-2012 19:23

Illiassou Diallo, sans vous contredire, je vous prie de me citer le nom d'une seule personne de votre connaissance en guinée de toutes les ethnies confondues, qui n'aurait pas agi comme Rabiatou sera Diallo ? On a vu Lamine Sidimé en Guinée, bardé de diplômes, et tant d'autres avec des diplômes de toutes les grandes écoles du monde, "cirer les bottes ou laver de chat " . Ceux-mêmes qui se disent aujourd'hui opposants, ont fait pire que Rabi .Il est tant pour vous de comprendre que notre pays, a un problème d'hommes, ce n'est absolument une question de diplôme, d'ailleurs chez nous, les grands diplômes, sont les plus corrompus .
Citer
 
 
+2 #5 Gandhi 06-09-2012 14:15

Citation en provenance du commentaire précédent de Thiernodjo:
Après tout, qui allons-nous finalement accepter en Guinée. Apparemment, personne n'est plus respectée dans ce pays. Que nenni!

Ce n'est pas le "qui" qui compte, mais le "pour faire quoi ?".
Mieux vaut un analphabète qui réalise un programme efficace pour la Guinée et dans la concorde nationale, qu'un soi disant universitaire incapable, et qui sème la division, pour qu'on oublie ses tares.
Citer
 
 
+4 #4 Illiassou Diallo 06-09-2012 11:03

Relisez le visionnaire, notre frère Mickmack, comme il a raison !!!!!
Mickmack Camara 13-01-2012 14:44
Bah, mon cher ami, je ne me souviens pas avoir lu ta réaction sur l'article du 5/06/2011 intitulé "Rabby, force t-elle l'amitié de AC?" paru dans guineeactu.
Voici ma réaction:
"Comment pouvez-vous demander à une dame qui n’a aucun diplôme et qui plus est SECRETAIRE DACTYLO de son état de faire des choses qui sont au dessus de sa compétence ? RABY et tant d’autres n’ont jamais été que des syndicalistes pas très clairs, vu le train de vie qu’ils mènent. Et d’ailleurs le bruit a couru dans le milieu CNDD et sympathisants qu’elle aurait reçu des centaines de millions de GNF pour s’abstenir d’être au stade le 28 septembre. Tout le monde savait que cette dame ne pouvait pas tenir ce poste de présidente du CNT, mais au nom d’une foutue guerre de communautés on a laissé passé. Les membres du CNT sont arrivés dans cette institution par coptage et copinage. Je me lèche les babines en constatant que ceux qui étaient les fervents supporteurs de cette dame, le regrette aujourd’hui. RABY, ne peut faire autrement que ce qu’elle a toujours fait, c a d le cirage de bottes ou lavage de chat."
Citer
 
 
0 #3 Thiernodjo 06-09-2012 04:31

Pourquoi poussez-vous cette innocente dame à la démission. Les militaires sont venus, on ne les a pas aimés, les imams et les prêtres sont venus au secours, ils ont été brutalisés, la communauté internationale va débarquer, on trouvera certainement des vers... Après tout, qui allons-nous finalement accepter en Guinée. Apparemment, personne n'est plus respectée dans ce pays. Que nenni!
Citer
 
 
+3 #2 alphonse 06-09-2012 01:32

Elle avait une place d'honneur reservee dans l'histoire et toute la lattitude de sortir par la grande porte.
Vraiment malheureux!
Citer
 
 
+4 #1 Mohamed Sadibou Camara 05-09-2012 23:07

L’être humain peut quitter le pouvoir sans que cela ne devienne un drame pour lui, mais quand le pouvoir, lui, le quitte, plus souvent il perd tout ce qu’il a eu à travers ce même pouvoir. C’est cela qui risquerait d’arriver à cette femme.
Citer