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Sous les tirs croisés des opposants : Raby sur la sellette

Bagnan Diallo & Aliou Sow  Mercredi, 05 Septembre 2012 22:49

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DIALLO_Rabiatou_9_01La présidente du Conseil national de la transition (CNT) Hadja Rabiatou Sérah Diallo est sur la sellette. Elle qui jure de ne pas démissionner de ses fonctions, se retrouve sous les tirs croisés des opposants qui l’accusent de « trahison ».

Les femmes de l’ADP et du Collectif ont pris les devants cette semaine pour accabler la présidente du CNT, qu’elles accusent de « trahison »’.

Dans une déclaration rendue publique à cet effet, les femmes de ces deux alliances disent « suivre avec anxiété les tractations qui se déroulent actuellement entre la présidence de la République et le CNT pour faire adopter une loi sur la CENI acceptable pour le président Alpha Condé et naturellement défavorable pour la crédibilité des élections à venir ».

La déclaration rappelle qu’ « après un travail ardu des commissions du CNT, les conseillers avaient abouti à une proposition de loi organique portant sur la restructuration de la CENI. Ce projet avait obtenu l’approbation de six commissions sur les 9 que compte le CNT ». « Malheureusement, le président Alpha Condé ayant eu vent de ce projet a convoqué la présidente Hadja Rabiatou Sérah Diallo et le premier vice-président du CNT pour les accuser de complot et les amener à interrompre la procédure d’adoption de cette proposition », souligne les femmes de l’opposition dans leur déclaration.

« L’aboutissement de ces démarches illégales a été d’une part le report sine die de la plénière du CNT initialement prévue le 8 août, d’autre part, la mise en place précipitée en catimini d’une commission réunissant des membres du CNT et d’autres institutions étrangères au CNT, notamment le Conseil économique et social, le Conseil national de la communication (CNC), des ONG, et présidé par Mme Makalé Traoré, ancienne directrice de campagne du candidat Alpha Condé », regrettent ces femmes apparemment très remontées contre Rabiatou.

Ajoutant que cette commission a effectivement soumis au président de la République « trois variantes de restructuration de la CENI, y compris celle initiée par le président Alpha Condé, qui consiste en une restructuration partielle de la CENI assortie du maintien de Lousény Camara à sa tête ».

« Le président Alpha Condé sachant bien l’objectif qu’il vise, a exigé que le document qui lui est soumis soit signé par les présidents des institutions républicaines, à savoir Hadja Rabiatou Sérah Diallo, Michel Kamano et Martine Condé. Il faut regretter cette fois-ci encore que des femmes soient manipulées et utilisées à des fins politiciennes. Comme il fallait s’y attendre, le président a choisi sa variante qui a été approuvée par le gouvernement et transmise au CNT », selon les femmes de l’ADP et du Collectif.

Elles profitent de cette déclaration pour rejeter catégoriquement ce projet de loi car, selon les signataires de cette déclaration, « il s’agit d’un texte illégal et anticonstitutionnel qui porte dangereusement atteinte à la séparation des pouvoirs garantis par la constitution ».

En effet, si selon la constitution le président de la République « partage concurremment avec le CNT le pouvoir d’initiative des lois, rien ne l’autorise à interrompre une procédure parlementaire de vote d’une loi, pour lui substituer une proposition élaborée par une commission ad hoc. Il s’agit d’une immixtion manifeste de l’exécutif dans le fonctionnement du législatif et d’une violation flagrante du principe intangible d’indépendance et de séparation des pouvoirs, fondement essentiel de tout régime démocratique », rappelle la déclaration.

En se prêtant à cette pratique, « Hadja Rabiatou Sérah Diallo a non seulement trahi de façon délibérée l’institution qu’elle préside, mais elle contribue à favoriser la dérive autocratique en cours dans notre pays », accusent les femmes.

« Dès lors, poursuivent-elle, la présidente du CNT assumera conjointement avec le président Alpha Condé, toutes les conséquences qui résulteraient de cet acte anticonstitutionnel. » Telle est la conclusion de cette virulente sortie des femmes de l’ADP et du Collectif. L’ADP et le Collectif avaient déjà déploré cette démarche du CNT qui selon les deux blocs « consacre les dérives institutionnelles actuelles, à la base de violations récurrentes de la constitution ».

La présidente du CNT ne doit certainement plus savoir où donner de la tête, face à ce tollé général suscité par sa démarche. Même si elle tente de sauver les apparences en déclarant dans la presse qu’elle ne démissionnera jamais.


Bagnan Diallo et Aliou Sow
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu.com


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