Interdiction de la marche de l’opposition: Retour sur une journée agitée

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La  tension était à son comble dans la capitale le 27 août dernier suite à l’interdiction d’une marche de l’opposition. Des échauffourées entre forces de l’ordre et militants de l’opposition avaient fait des blessés et conduit à des interpellations.

Des éléments des forces de l’ordre composées de gendarmes et de policiers ont investi lundi dernier la résidence du leader de l’opposition guinéenne Cellou Dalein Diallo, pour l’empêcher de se rendre au point de ralliement choisi pour la manifestation de ce 27 août. Une marche « pacifique » organisée par l’opposition pour dénoncer le statuquo actuel marqué par le blocage du processus de transition, qui a du mal à atteindre son terme. Faute de consensus entre les parties prenantes au processus électoral. L’opposant Cellou Dalein Diallo avait invité la veille les Guinéens notamment les militants de l’opposition « à sortir pour manifester contre l’instauration d’une dictature en Guinée».

Dénonçant au passage « la cherté de vie et la restriction des libertés individuelles et démocratiques dans le pays ». De leur côté, les autorités militaires ont publié un communiqué portant interdiction de « toutes les manifestations de rue conformément à la décision des autorités de la ville de Conakry ». Dans ce même communiqué, en vertu de la loi réservant le maintien de l’ordre public aux forces de gendarmerie et de police, le Haut commandement de la gendarmerie nationale, Direction de la justice militaire, a invité « les unités de gendarmerie et de police, responsables des opérations de maintien de l’ordre, à agir avec professionnalisme dans le strict respect de la loi, de la protection des biens publics et privés, et des droits des citoyens à circuler librement ».

Le Haut commandement de la gendarmerie nationale a par ailleurs déclaré que « les organisateurs de la marche seront tenus pour responsables des actes de loubards ou toutes personnes détentrices d’armes blanches ou d’armes à feu susceptibles de porter atteintes aux citoyens ».

Le chef d’état-major général des armées a mis cette occasion à profit pour « informer tous les hommes en uniforme de tous les corps quels que soient leurs grade et rang, qu’il leur est formellement interdit de se confondre à tout mouvement de foule et qu’ils seront consignés dans leurs casernes sous le contrôle de leurs commandants d’unité dans la journée du 27 août 2012 ». Il a instruit aux commandants des unités « de procéder à des contrôles physiques périodiques dans leurs casernes respectives et de rendre compte à l’état-major général des armées de la situation de prise d’arme chaque 30 minutes. Et que tout militaire isolé ou portant une tenue militaire, qui sera appréhendé avec ou sans arme, sera sanctionné suivant le code de justice militaire ».

L’opposition veut profiter de ce 27 août qui est une date anniversaire de la révolte des femmes en 1977 contre la police économique du président pour dénoncer les « dérives du régime ». Le leader de l’opposition est confiné à son domicile, où les éléments des forces de l’ordre ont tiré des gaz lacrymogènes, afin de le dissuader de sortir.

Se confiant à une radio locale, l’opposant avait dit être en compagnie de certains de ses militants ainsi que des membres de sa famille dont un bébé d'un an.

L’opposant qui avait été rejoint par Sidya Touré et Aboubacar Sylla, se rendra en leur compagnie chez Lansana Kouyaté. Franchissant de nombreux obstacles dressés sur leur chemin par la gendarmerie. Ils voulaient ainsi se rapprocher du point de regroupement indiqué pour la marche « pacifique ». Mais les opposants allaient se heurter à l’obstination du pouvoir à ne pas leur laisser la moindre marge de manœuvre. Ils seront empêchés de quitter les lieux par un dispositif impressionnant de forces de l’ordre qui ont bouclé toutes les issues menant au domicile du président du PEDN. Le forcing que les leaders de l’ADP et du Collectif ont tenté, s’est soldé par un échec. C’était d’ailleurs au péril de leur vie. Car, certains éléments commis au maintien d’ordre n’ont pas hésité à ouvrir le feu sur leur véhicule. C’est du moins ce qu’affirme l’opposition dans une déclaration publiée dans la soirée du lundi. Dans laquelle elle accuse le gouvernement de « tentative d’assassinat ». Le temps n’est plus au dialogue. Et les Guinéens observent toute cette chienlit avec circonspection.


Aliou Sow
L'Indépendant, partenaire de GuineeActu.com


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