Impasse politique: Le pouvoir dans l’embarras

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palais_presidentiel_Sekoutoureya_Conakry_01L’opposition a dénoncé une tentative d’assassinat de ses leaders à travers une déclaration publiée dans la soirée du 27 août. Mettant ainsi le pouvoir dans l’embarras, dans un environnement sociopolitique marqué par l’impasse.

La journée du 27 août a été très agitée à Conakry où l’interdiction d’une marche pacifique de l’opposition a viré à l’affrontement entre forces de l’ordre et opposants. Les leaders de l’opposition ont été empêchés de rallier le point de regroupement prévu pour la marche, dans la commune de Matoto.

Ils se sont tous retrouvés à la résidence de l’ancien premier ministre Lansana Kouyaté, où des éléments de la gendarmerie ont bloqué toutes les issues menant à cette résidence.

La tentative des opposants de mettre le nez dehors s’est soldée par des tirs d’armes à feu. Et le véhicule de Lansana Kouyaté, à bord duquel se trouvaient le leader de l’opposition guinéenne Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré, un autre ancien premier ministre devenu leader politique, a essuyé des tirs à balles réelles. Obligeant le chauffeur à manœuvrer pour retourner à son point de départ.

Les projectiles n’ont heureusement pas atteints les opposants. Indignés face à cette attitude des autorités, les deux blocs de l’opposition à savoir l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) et le Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition parlent de « tentative d’assassinat sur la personne des opposants ». L’opposition explique dans un communiqué publié dans la soirée du lundi que « des dispositifs des forces de l’ordre sous le commandement du colonel Balla Samoura ont bloqué violemment l’avancée de leur convoi en l’inondant de gaz lacrymogène, de projectiles dangereux et de balles réelles ». Qualifiant la situation d’"inédite", incluant une tentative d’assassinat des leaders politiques portant tous les germes d’une véritable dérive dictatoriale.

En conséquence, l’opposition annonce avoir décidé « le retrait de tous leurs représentants du gouvernement, de la CENI et du CNT ». Ainsi que « la poursuite des manifestations sur toute l’étendue du territoire national avec l’introduction de plaintes au niveau des juridictions compétentes pour abus de pouvoir pour tentative d’assassinat, coups et blessures volontaires, violation de domiciles, vols et destruction de biens ».

L’ADP et le Collectif disent tenir pour responsables le pouvoir en place et particulièrement le président de la République, de toutes les violations exercées par les forces de l’ordre. Visiblement embarrassé par le durcissement de ton de l’opposition, le président Alpha Condé a réagi le même jour aux propositions de sortie de crise qui lui ont été soumises par le Conseil national de la transition (CNT). Choisissant parmi les trois propositions consignées dans le Rapport synthèse « la recomposition partielle de la CENI en tenant compte du paysage politique actuel, afin de sauvegarder la mémoire de l’institution, et capitaliser les expériences des membres actuels de la CENI ». Le communiqué officiel publié à cet effet va annoncer la tenue d’un Conseil des ministres extraordinaire pour le mardi 28 août pour « l’adoption d’un Projet de loi portant modification partielle de la loi 013 du 20 octobre 2007, portant création, attributions, composition, organisation et fonctionnement de la CENI ». Le conseil a élaboré un projet de loi « portant modification partielle de la loi 013 du 20 octobre 2007, portant création, attributions, composition, organisation et fonctionnement de la CENI ». Ce projet de loi sera transmis au Conseil national de transition pour légiférer, a indiqué le porte-parole de la Présidence mardi.

L’opposition dit toutefois ne pas tenir compte de cette décision présidentielle qui semble arriver un peu tard. Annonçant la poursuite de ses actions de désobéissance civile. Le processus de transition vient encore de prendre un coup. Et la lueur d’espoir qui se dessinait pour une sortie de crise vient de s’estomper.


Aliou Sow
L'Indépendant, partenaire de GuineeActu.com


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Commentaires  

 
+2 #1 Gandhi 30-08-2012 17:33

La réponse d'Ac pour une recomposition de la CENI n'est pas une réponse pour apaiser les tensions, mais au contraire une manoeuvre supplémentaire pour leur mettre la tête sous l'eau.
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