Boubacar Bagnan Diallo Mercredi, 15 Août 2012 15:02
Pour mettre en place un système permanent de contrôle et de suivi des effectifs et de la masse salariale des agents de la fonction publique, le ministère du Travail a organisé à travers l’Inspection générale de l’administration publique (IGAP), un atelier de restitution sur le diagnostic organisationnel. C’était le mercredi 8 août dans un réceptif hôtelier de la place.
Cet atelier de restitution est le fruit d’une mission d’enquête menée par l’IGAP afin de diagnostiquer les maux qui minent cette administration. Lors de la cérémonie d’ouverture de cet atelier, la ministre de la Fonction publique, Fatoumata Tounkara, a indiqué que l’IGAP aura pour mission principale de contrôler les structures des services publics, ainsi que leurs effectifs. Ensuite elle dira que ce diagnostic s’inscrit dans un des volets du projet d’assistance technique de renforcement des capacités pour la gouvernance économique financé par la Banque mondiale. Selon elle : « la BM a décidé d’appuyer le ministère de la Fonction publique à travers l’Inspection générale de l’administration publique (IGAP), dans le but d’atteindre les objectifs visés par le président de la République et de son gouvernement qui héritent d’une fonction publique pléthorique dont la maîtrise des effectifs et de la masse salariale posent des difficultés », a-t-elle déclaré. Elle a ajouté que cette situation est due au recrutement anarchique effectué dans la fonction publique depuis plus d’une décennie qui a fait que l’effectif a doublé. « L’effectif est passé de 51.000 fonctionnaires et contractuels permanents en 2000 à 103.029 en avril 2011», a-t-elle révélé.
La consultante de la Banque mondiale, Me Awa Diallo Sylla, a dans son exposé sur le diagnostic, égrené quelques anomalies qui minent notre administration. Selon elle : « l’administration guinéenne s’est retrouvée avec plus de cadres que d’agents d’exécution, et elle souffre d’une instabilité des structures, d’un faible niveau de décentralisation administrative, d’une absence de définition claire des postes de travail et des postes, d’une faible circulation de l’information, d’une absence de politique de protection sociale des fonctionnaires, d’une détérioration des conditions de travail, d’un cadre juridique quasi-inexistant, entre autres ».
Le directeur national de l’IGAP, Eugène Salifou Ilomalo, a quant à lui assuré que des mesures sont en train d’être prises pour corriger ces anomalies, citant au passage la radiation des fonctionnaires fictifs, des cas de doublons, des décédés qui se chiffrent à 5000 ; a-t-il dit.
Boubacar Bagnan Diallo
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