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Emissaires du président à Zogota : Kamano, Pivi et les 300 millions GNF !

Aliou Sow  Mardi, 14 Août 2012 16:25

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KAMANO_Michel_PIVI_Claude_01Le chef de l’Etat vient de dépêcher des émissaires auprès des populations de Zogota, localité située dans le sud-est de la Guinée où 5 villageois ont été tués par des forces de l’ordre dans la nuit du 3 août dernier. Cette mission de bons offices composée du président du CES Michel Kamano et du colonel Claude Pivi dit ‘’Coplan’’, chargé de la sécurité présidentielle, serait porteuse d’une mallette de 300 millions de francs guinéens destinée aux populations de la localité.

L’envoi d’émissaires de la présidence auprès des populations victimes de la répression survenue dans la localité de Zogota est largement commenté sur la toile. Il faut rappeler que c’est suite à des incidents ayant entrainé la destruction des installations de la société brésilienne Vale, qui a entrepris des travaux de prospection sur les terres de ces populations autochtones, que la situation a dégénéré. Ainsi dans la nuit du 3 août dernier, il y a eu mort d’hommes dans la localité de Zogota. Des ONG de défense des droits de l’homme ont dénombré 5 corps au lendemain de cette expédition punitive. C’est pour calmer les esprits suite à la vague d’indignation provoquée par ces massacres, que le président Alpha Condé aurait dépêché sur les lieux des émissaires. Cette mission serait composée de membres de la coordination forestière dont le doyen est Michel Kamano, président du Conseil économique et social (CES). Des sources bien introduites parlent de la présence du colonel Claude Pivi parmi la délégation. Les émissaires seraient porteurs d’un message de ‘’condoléances’’ et d’une mallette contenant 300 millions de francs guinéens destinée aux familles des victimes. A propos de ce montant, bien que le bruit continue de courir à son propos, aucune source officielle n’a confirmé l’information.

Au moment où le colonel Pivi et Kamano effectuent cette mission en Forêt, afin de tenter de ramener le calme dans la zone, la tension reste vive. Les villageois refusant l’accès des lieux aux forces de l’ordre qui tentent de récupérer leurs véhicules laissés sur place lors des incidents ayant causé la mort de 5 des leurs. Ils demandent également la libération des personnes interpellées. Des défenseurs des droits humains locaux ont, dans un rapport publié au lendemain de ce drame, fait cas de leur indignation. Pour eux, ‘’ces massacres sont constitutifs de crimes contre l’humanité au terme de l’article 7 des Statuts de Rome, signés et ratifiés par la Guinée.’’ Tout en rappelant que ‘’cette attaque nocturne s’est déroulée en temps de paix et contre une population civile, ethniquement homogène, désarmée et endormie. Et que les massacres ont été prémédités et planifiés’’.

Un autre comité de crise créé pour la circonstance par des cadres dont certains sont des leaders politiques, exige ‘’la destitution et l’arrestation des cinq ministres ayant effectué la mission à Zogota dans les jours qui ont immédiatement précédé la nuit des massacres’’. Compte tenu de l’extrême gravité des crimes commis. Ce comité demande également la destitution du gouverneur et du préfet de N’Zérékoré, du sous-préfet de Kobela, dont relève Zogota, et de la hiérarchie des corps habillés (militaires, gendarmes et policiers) qui ont pris part aux massacres.

Les 5 ministres dépêchés sur les lieux après la destruction des infrastructures de Vale n’avaient pas daigné rencontrer les habitants de Zogota. Et pire, c’est pendant qu’ils séjournaient encore dans la région que ces massacres ont été commis.

Cette délégation était conduite par le ministre des Affaires étrangères Niankoye Lamah, et comprenait le ministre des Mines Mohamed Lamine Fofana, celui de l’Administration du territoire Alhassane Condé, le ministre de la Sécurité Mamadouba Toto Camara, et leur homologue de la Jeunesse Bantama Sow.

Au moment où nous allions sous presse, l’on apprenait que le conseil des sages de la Guinée forestière exigeait des émissaires la traduction devant les juridictions compétentes des auteurs des tueries. Ainsi que la libération des personnes interpellées lors des incidents.


Aliou Sow
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu.com


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