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Elhadj Somparé sur son soutien au pouvoir: « A l’époque, le Pr. Alpha Condé avait des propositions un peu trop osées... »

Nouhou Baldé   Lundi, 13 Août 2012 14:59

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SOMPARE_Aboubacar_2_01C’est au cours d’un débat auquel nous avons été conviés avec d’autres journalistes dans une radio privée de la place que l’ancien président de l’Assemblée nationale, El hadj Aboubacar Somparé, a fait plusieurs révélations sur sa défaite électorale, son ralliement au RPG (alors que le PUP qui l’a présenté au premier tour des élections présidentielles avait choisi l’alliance Cellou Dalein Président), le putsch qui l’a empêché d’assumer l’intérim après la mort du général Lansana Conté, etc.

Parlant des premières élections de l’après-Conté, El hadj Aboubacar Somparé s’est dit victime d’un vote communautaire. Selon l’ancien président du parlement, le PUP (parti de l'unité et du progrès) a ses fiefs en Basse Guinée et en Guinée Forestière ; mais il n’est ni majoritaire au Fouta, ni en Haute Guinée. « En Haute et Moyenne Guinée, nous cherchons des appoints », a-t-il révélé avant de se décharger sur les candidats de la Forêt. 

« La Forêt a privilégié le vote communautaire ! J’ai fait le tour des sept préfectures de la Forêt et partout on nous a promis la victoire. Au dernier moment, les ressortissants sont venus renverser totalement la vapeur en invoquant seulement la raison ethnique ». Sur le détail de ses accusations, l’ancien candidat du PUP précise que « la zone guerzé a voté Papa Koly Kouroumah ; la zone Kissi a voté Jean Marc Telliano ; le Konia pour Lansana Kouyaté et les Toma étaient partagés...»

Dans le même registre, El hadj Aboubacar Somparé se plaint également de ses anciens collaborateurs : « La Basse Guinée s’est réunie à mon insu. Ils ont dit que je suis malade et ont décidé de voter Sidya qui est plus jeune et mieux portant. Jusqu’à certains collaborateurs directs avec lesquels je travaillais, jusqu’à la veille du scrutin, ils ont travaillé pour mon challenger, Sidya… ». 

Dernière accusation de ses anciens collaborateurs, le candidat du PUP dit avoir été victime de détournement. « Pour une petite révélation, j’ai donné quatre-vingt millions (80.000.000 GNF) pour les bureaux de Conakry, cet argent a été utilisé contre moi. »

Concernant son ralliement au RPG (alors que le PUP qui l’a présenté au premier tour avait choisi l’alliance Cellou Dalein Président), Aboubacar Somparé révèle avoir pactisé avec Alpha Condé dans la capitale française alors qu’il était encore le dauphin constitutionnel, du vivant du général Lansana Conté. « Alpha Condé et moi, nous nous sommes donnés la parole bien avant la mort du président Lansana Conté. Nous-nous sommes retrouvés à Paris à quatre (4) : Mamady Diawara (NDLR : Diawara Yaourt) avec moi et Mme Nantenin Chérif Konaté (NDLR : actuellement ministre) avec le Pr. Alpha Condé. Nous-nous sommes retrouvés au ‘’Café de la Paix’’ à Paris...»

Refusant, pour l’instant, de révéler le détail de cet ‘’accord à quatre’’, l’ancien président de l’Assemblée nationale a indiqué que c’est ce pacte qui l’a engagé à soutenir le candidat du RPG au second tour de la dernière élection, contrairement au choix de son parti, le PUP. Selon lui, ils se sont promis de soutenir celui d’entre eux qui sera au deuxième tour, en cas de compétition. « A l’époque, le Pr. Alpha Condé avait des propositions un peu trop osées... », a-t-il commenté sans en citer aucune.

Abordant l’échec de la continuité constitutionnelle après la mort du président Lansana Conté, l’ancien dauphin constitutionnel n’est pas allé du dos de la cuillère pour ‘’charger’’ son ancien patron. A en croire El hadj Aboubacar Somparé, c’est le général Lansana Conté qui aurait dit au capitaine Dadis Camara de prendre le pouvoir après sa mort. « Tout le monde était au courant », a-t-il précisé. Et, lorsque nous lui avons demandé ce qui a été fait pour empêcher le putsch, celui qui aurait dû assumer l’intérim révèle qu’il avait son plan : « Nous avions nos hommes… » 

Le sujet n’ayant pas été prévu dans ce débat, l’animateur de l’émission a promis un numéro spécial sur l’échec de la continuité constitutionnelle après la mort du général Lansana Conté. « Invitez aussi Toto ! Le général Toto pourra vous faire des révélations », a suggéré celui que le putsch du 23 décembre 2008 a empêché d’être président de la République.

Parlant des atermoiements sur l’organisation des élections législatives, El hadj Somparé estime que l’opposition est en droit de remplacer ses représentants à la CENI et que par conséquent un nouveau président de cette institution devrait logiquement être élu par les nouveaux membres de cette institution. Répondant à la question d’un auditeur, l’ancien président du parlement se dit prêt à diriger la CENI si la demande lui était faite !

Bref, refusant d’apprécier la gouvernance de son candidat (Alpha Condé) qu’il dit toujours fréquenter et soutenir, Aboubacar Somparé a relevé que les nominations et promotions actuelles dans les hautes sphères de l’Etat ne peuvent que frustrer et diviser les Guinéens puisque ne respectant pas les équilibres naturels des différentes ethnies et régions du pays. Selon le ‘’président Somparé’’, la Guinée n’avait jamais atteint le pic actuel de division ethnique et régionale depuis son indépendance…


Nouhou Baldé 
Conakry, Guinée 


Source : Guineenews.org


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