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Alpha Condé, l’OIF et Waymark : Le cirque des vampires
Abdoulahi Bah Lundi, 13 Août 2012 10:09
Depuis quelques mois, l’opposition guinéenne semble être sortie de son attitude réactive habituelle, en engageant une série d’actions proactives dont le point le plus marquant a sans doute été la marche pacifique du 10 mai 2012, une marche dont le succès fut suffisamment retentissant pour placer le clan d’Alfa Condé sur la défensive, situation à laquelle son équipe n’était guère habituée, du moins jusque-là.
Pour Alfa et dans la logique du système dictatorial qu’il s’évertue à vouloir imposer, une solution musclée s’imposait pour, d’un côté, mater une fois de plus les partisans de l’opposition (près de 70% de la population guinéenne) et, c’est là l’un de ses objectifs principaux, annihiler toute velléité de contestation. Mais il lui fallait aussi et surtout trouver le moyen de gagner du temps pour ensuite agir vaille que vaille, dans le but avoué de pérenniser son régime. En attendant de trouver la solution idoine, il fallait de toute urgence réagir à la menace d’une nouvelle manifestation annoncée par l’opposition : la marche monstre, sans précédent, de toute l’opposition sur l’axe éminemment sensible de l’autoroute Fidel Castro.
Puisque l’opposition, à travers les déclarations de ses leaders, avait souligné son engagement à s’abstenir d’organiser des manifestations en l’absence d’Alpha Condé, mesure de précaution dictée par le souvenir vivace qu’Alpha Condé et autres se sont toujours arrangés pour s’éclipser en prélude aux exactions diaboliques commises de façon préméditée contre les partisans de l’opposition, toutes circonstances en attente d’être un de ces jours élucidées, l’occasion était belle pour Alpha de partir, (re)grimper, fuir, aller se faire voir ailleurs, en improvisant à grands frais des voyages présidentiels pour le moins fantaisistes au Brésil, dans plusieurs pays asiatiques et en France. On connaît la suite : l’opposition a dû sursoir à la grande marche et l’on attend encore une décision ferme de ses leaders à cet égard.
L’équation étant provisoirement “réglée”, quoi de plus naturel alors pour Alpha Condé que d’y voir un peu plus loin et en cela, demander conseils à ses amis et complices de toujours, Kouchner, Abdou Diouf et Jean Ping notamment, le but étant de trouver comment servir “la raclée” magistrale et décisive à ses adversaires politiques, s’offrir les élections législatives taillées à la mesure de ses folles ambitions et, pourquoi pas, se faire couronner président à vie ? Mais comment y arriver sachant qu’au demeurant, les caisses de l’Etat ont grand besoin d’argent nouveau et que l’une des conditions incontournables posées par le FMI et l’UE, c’est précisément la tenue d’élections législatives libres, transparentes et crédibles?
Sur cette base, Alpha Condé n’a pas d’autre choix que d’arracher à l’opposition une entente sur les modalités d’organisation de ces élections. Une opposition qui, cependant, réalise de plus en plus s’être invariablement fait berner par le pouvoir, et qui exige comme préalable à ces élections, et à juste titre, la recomposition complète de la CENI et la révision concomitantes du fichier électoral. Des préalables que le gouvernement guinéen rejette du revers de la main, comme pour dire : il n’est pas question de changer quoi que ce soit à la structure actuelle et au mode de fonctionnement de la CENI... Que tous viennent donc manger le repas qu’on va servir et, vous allez voir, tout le monde en sera satisfait, foi d’Alpha Condé.
KOUCHNER ET ABDOU DIOUF A LA RESCOUSSE D’ALPHA CONDE



Après maints reports, Alpha Condé se propose d’organiser ces élections avant la fin de l’année, sans cette fois-ci avancer une date. Mais comment donc y arriver, avec une CENI en déconfiture dont les agissements sont plus que jamais contestés par l’opposition et dont l’expertise technique a été clairement mise en doute par le PNUD?
Sous l’impulsion de son ami Abdou Diouf, il réalise donc que s’il lui est impossible de soumettre les partis de l’opposition à sa dévotion, il reste la chance d’organiser une contre-expertise de la performance de la CENI par un allié sûr, celui-là même à qui il doit son élection à la présidence. Une contre-expertise qui, normalement, devrait invalider en sa faveur le verdict du PNUD, tout en créant la diversion sur la scène politique.
Et c’est ainsi que l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) a repris du service en Guinée, comme médiateur dans le dossier électoral, à la demande expresse du gouvernement. Une médiation qui obtint, après maintes hésitations, l’accord de principe de l’opposition et ce, en dépit du rôle déterminant de cette institution de la Françafrique dans la parodie d’élection qui a donné la victoire à Alpha Condé lors des dernières élections présidentielles, grâce à des fraudes massives.
Cependant, si tout le monde attendait de l’OIF qu’elle se prononce de façon objective sur l’ensemble des questions entourant la recomposition de la CENI et du fichier électoral, le travail accompli par celle-ci s’était limité à une évaluation de la qualité des prestations de l’opérateur Waymark Solutech, la firme sud-africaine recrutée en catimini par Alpha Condé et son fils.
Les conclusions de l’OIF sont depuis bien connues. En dépit des nombreuses anomalies relevées sur le dispositif informatique mis en place par Waymark, ce qui, en soi, venait corroborer les avis émis en son temps par les experts du PNUD, l’OIF recommande aux différentes parties la reconduction pure et simple du contrat de l’opérateur Waymark, moyennant de simples retouches d’ordre technique.
C’est à se demander à combien cette insulte au peuple guinéen s’est monnayée. Combien les prétendus experts de l’OIF ont-ils reçu d’Alpha Condé et, accessoirement de l’OIF pour pondre de telles aberrations : « Oui, nous reconnaissons que la solution Waymark présente des insuffisances graves et dangereuses pour des élections libres, transparentes et crédibles mais nous recommandons tout de même que son contrat soit reconduit… Et si cela convient aux 2 parties, nous offrons notre disponibilité pour épauler cet opérateur… Moyennant bien sûr, rémunération conséquente. » ?
Quid des violations graves des dispositions de la constitution qui régissent normalement la CENI, gestes et attitudes qui ont fini par discréditer l’institution ? Apparemment, l’OIF ne s’est guère sentie interpelée par ces questions de fond.
WAYMARK SOLUTECH, LE CHAMPION DE LA FRAUDE ELECTORALE EN AFRIQUE
En contenant délibérément les termes de référence de sa mission au seul volet technique, l’OIF peut-elle prétendre par ailleurs ne pas être au courant de ce qu’il est convenu d’appeler « le cas Waymark Solutech » ? Lorsque Waymark et Sabari sont entrés en scène entre les 2 tours du scrutin présidentiel, une recherche sur le net m’avait permis d’en savoir un peu plus sur cette fameuse firme sud-africaine. Récemment, je m’apprêtais à sortir mes archives des tiroirs pour intervenir dans le présent débat. Quand tout à coup, heureuse coïncidence, je suis tombé sur un article publié par Guineenews.org le 2 août 2012 qui traitait du même sujet et qui s’intitulait: Grands dossiers : Radié de la liste de l’ONU des firmes « fiables », Waymark est accusé d'avoir favorisé la fraude électorale en Afrique (voir les liens ci-après).
Cet article, qui pour des raisons obscures, a été entièrement soustrait du site dès le lendemain de sa publication, présente les résultats d’une enquête qui a permis aux auteurs d’établir, preuves à l’appui, que presque partout où Waymark a offert son «expertise», comme par exemple en Tanzanie (Dossier Waymark au Zanzibar, 2005), Bénin (avril 2008), Cameroun (2012), Congo-Kinshasa (novembre 2011), de « sérieuses allégations de fraudes électorales, doublures, fictifs et chaos post électoral » s'en sont suivis et, dans la plupart des cas, le contrat de Waymark a été annulé au motif de fraudes électorales.
Plus récemment, Guineenews rapporte que Waymark Infotech a été accusé, en Afrique du Sud, de délit d’initié et soupçonné de corruption en se faisant octroyer un contrat de services informatiques du Bureau d'Enregistrement des Sociétés et de la Propriété Intellectuelle de ce pays. Enfin, en mai 2012, Waymark a été cité dans des affaires de collusions commerciales dans le cadre des appels d'offres des services de police avec les compagnies sud-africaines Bula, CEOS, Inkanyiso…
Le plus édifiant dans ce feuilleton reste toutefois la découverte par l’équipe de Guineenews que cela faisait 4 ans que Waymark réussissait à vendre frauduleusement ses services en Afrique, cette firme ayant été radiée de la liste des Nations Unies des « fournisseurs fiables, au-dessus de tout soupçon de corruption », en septembre 2008.
Sources :
www.guineenews.org/articles/detail_article.asp?num=20128281110 ou à défaut
http://www.unglobalcompact.org/participants/expelled/10082-Waymark-Infotech-Pty-Ltd
GUINEENS, DEBOUT!
Depuis l’entrée en scène de l’OIF dans les affaires politiques de la Guinée, notre pays va tout droit vers le rétablissement du régime dictatorial initié par Sékou Touré. Bernard Kouchner, le chef de la magouille électorale dans la Françafrique, épaulé en cela par ses laquais africains Abdou Diouf, Jean Ping et Sékouba Konaté, a réussi un coup de maître en imposant, à coups de fraudes massives, de liasses d’argent sale sous la table et de massacres de paisibles citoyens, peuls pour l’essentiel, cet autodidacte, baroudeur et instigateur de rébellions armées de métier, champion du mensonge, de la fourberie et de la combine satanique, Alpha Condé.
Ce cadeau sans précédent de Kouchner (ancien ministre de la France qui, à cause des travers du personnage politique sans cœur, sans état d’âme qu’il incarne, s’est retrouvé simple conseiller de l’une des plus grandes canailles que l’Afrique ait comptées comme président), est ressenti par l’immense majorité des Guinéens, aujourd’hui plus que jamais, comme la source des injustices qui, depuis notamment les massacres du 28 septembre 2009, s’accumulent dangereusement dans le pays.
Alors oui, l’opposition a des raisons objectives d’exiger la recomposition de la CENI et de rejeter les recommandations de l’OIF qui, indirectement, revêtent la signature sournoise du tandem Kouchner-Abdou Diouf, Jean Ping ayant récemment été rayé de la scène politique africaine. Cependant, cette même opposition n’a plus le droit de persister dans des hésitations à organiser des manifestations pacifiques pour dénoncer la barbarie et l’ethnocentrisme tous azimuts que le pouvoir en place a choisis comme mode de gouvernance ainsi que le bradage des ressources minières à des fins personnelles.
La semaine qui vient de s’écouler jette un éclairage de plus sur la nature du pouvoir dictatorial d’Alfa Condé : Zogota et Siguiri s’ajoutent désormais à la liste déjà trop longue des exactions crapuleuses qui ont pour cibles des communautés ou de simples citoyens que le pouvoir en place accuse d’avoir sapé « l’autorité de l’Etat ». Tout en s’inclinant devant les dépouilles de ces pauvres victimes de la barbarie du pouvoir en place, tous les Guinéens épris de liberté doivent enfin se lever en criant haut et fort :
C’EST ASSEZ, Y’EN A MARRE!
ALPHA CONDE, DEGAGE!
Abdoulahi Bah








