Boubacar Bagnan Diallo Jeudi, 09 Août 2012 15:28
Lors de sa récente visite dans la ville industrielle de Fria, le président de l’UFDG a éclairé la lanterne des uns et des autres quant aux péripéties qui ont conduit à la vente de l’usine Friguia. Il a ainsi voulu démentir toutes les accusations qui pèsent sur lui, quant à sa participation dans la vente de l’usine.
A l’entame, le leader de l’UFDG a fustigé d’abord le silence du gouvernement face à la crise qui continue de frapper de plein fouet les populations de cette ville. Dans ses explications, Cellou Dalein a rappelé que « Fria a connu des crises de par le passé, mais à chaque fois, une solution était trouvée. Selon lui, en 1993, sur chaque tonne d’alumine, la société perdait 15 dollars, alors que le prix de vente de la tonne d’alumine était à 165 dollars, le prix de revient ici était à 180 dollars la tonne. Les partenaires ont exigé la suppression et la renonciation de l’Etat aux taxes spéciales et aux taxes d’entrée des produits importés par l’usine. Mais un programme de restructuration a été mis en œuvre et un compromis a été trouvé pour que l’activité de l’usine continue et que les travailleurs ne soient pas privés de leurs salaires ».
En 1997 poursuit-il, « l’usine souffrait d’une crise de sous-investissement chronique, il fallait 70 millions de dollars pour remettre l’outil en état. Des négociations ont été engagées avec les partenaires. Après moult discussions, les partenaires ont dit que l’usine ne les intéressait plus. Alors, ils ont donné en 1998, leur participation à la Guinée. Mais déjà d’autres partenaires avaient vendu leurs actions à Péchiney. En ‘’98’’ Péchiney a donné 51% de sa participation à la Guinée. La Guinée est devenue à 100% propriétaire de l’usine ».
Avec l’aide de la Banque mondiale, ajoutera le chef de file de l’opposition, un appel d’offre a été lancé pour le recrutement d’un partenaire stratégique pour que l’usine puisse avoir un professionnel parmi les compagnies minières réputées. « Cinq ont été choisies et on leur a demandé de faire des propositions pour faire un partenariat avec le gouvernement guinéen. Malheureusement, aucun partenaire n’a soumissionné, estimant qu’il y avait trop de problèmes au sein de l’usine », a-t-il précisé.
Et de renchérir : « c’est après ça, qu’une société américaine du nom de Reynolds qui était 3e dans le secteur de l’alumine, a négocié avec le gouvernement pour un contrat de location-gérance. Elle a exigé que la gestion de l’électricité et de l’eau soit confiée à l’EDG et à la SEG. Le contrat a été signé en 1999 ».
En 2002, cette même société s’est désintéressée de l’usine et a vendu ses actions à Rusal, qui est devenue le locataire de la société, selon Dalein.
L’ex Premier ministre dira : « quand Rusal a pris l’usine en 2002, quelque temps après, Rusal a dit que l’usine a besoin d’un investissement important pour sa modernisation. Une négociation s’est engagée. Rusal a demandé au gouvernement de revendre l’usine. Le président Conté a décidé de vendre l’usine à Rusal ». Dans la même lancée, il a précisé : « Ce n’est pas l’opération de vente qui est mauvaise en soi. Parce qu’il fallait nécessairement un partenaire car le gouvernement ne pouvait pas gérer l’usine ».
Et pour répondre à ses détracteurs, l’opposant dira n’avoir participé à aucune négociation. « Je n’ai jamais participé à la négociation ni à la vente. Je n’étais pas ministre des mines, je n’étais même pas premier ministre. Je ne sais pas si le prix était bon ou pas » s’est-il défendu.
Donc pour lui, ce n’est pas parce que l’usine a été vendue à Rusal que le gouvernement d’aujourd’hui doit rester indifférent à la situation de l’usine.
« Il faut que le gouvernement examine les revendications des travailleurs. Même si Rusal n’a pas raison, mais c’est surtout le gouvernement qui n’a pas raison, car c’est lui qui est chargé de défendre les intérêts et la dignité des Guinéens », dira l’opposant.
Boubacar Bagnan Diallo
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