Thierno Hassana Bah Mercredi, 01 Août 2012 15:33
Depuis un certain temps, la classe politique guinéenne traverse des remous internes. Des cascades de démission s’enregistrent de jour en jour dans bien des partis. Après l’UFR, l’UFDG, les NFD et le PNR, le RPG-Arc-en-ciel, parti au pouvoir, vient de perdre un militant de taille.
Le 30 juin dernier, Mamadou Saliou Baldé ‘‘Robert’’ a déposé sa lettre de démission parce qu’on refuserait la refondation des sections du parti. Selon lui, les autorités de Tougué voulaient imposer un Malinké à la tête du parti. Pourtant, il se serait beaucoup investi dans l’implantation de ce parti et la mobilisation des populations de Tougué pour soutenir le RPG. Mamadou Saliou voit mal comment un natif d’une autre localité, de surcroît un Malinké, pourrait être plus efficace dans un bastion du leader de l’opposition guinéenne. Dans une lettre qu’il a adressée au coordinateur régional du RPG-Arc-en-ciel et dont nous détenons copie, M. Saliou Baldé souligne tout d’abord qu’il a mené des activités pour le parti à l’aide de ses propres fonds : « J’ai été le premier à installer une sonorisation un vendredi, jour du marché hebdomadaire de Tougué, et oser parler publiquement du Professeur Alpha Condé et du RPG. J’ai animé la première mamaya du RPG. J’ai installé les comités de base du RPG jusqu’à Konah à mes propres frais et avec mes véhicules ». Il dit avoir dépensé pour le RPG plus de 18 millions de francs guinéens. La mobilisation et l’adhésion au PRG des citoyens des localités environnant Tougué seraient à son actif. Dans une lettre du 18 mai 2012 dont nous détenons également copie, 8 sous-sections sur 10 ont rappelé au coordinateur régional du RPG-Arc-en-ciel de Labé de la nécessité de la refonte des sous-sections. Ceci pour une meilleure intégration des militants des autres partis fusionnés dans le RPG. Depuis cette date, ces sous-sections n’auraient pas eu de réponse de la part de Labé. « Mais je respecte ce silence car il est significatif depuis que l’autorité en place m’a signifié de ne pas m’attendre à un congrès sauf après les élections législatives et communales. Par la même occasion, il m’a été dit de ne pas oublier que c’est un Malinké qui a fondé le RPG et qu’au Fouta, s’il y a un seul Malinké dans un groupe, ce serait mieux de le placer à la tête pour être bien vu à Conakry », révèle-t-il avant de dénoncer le rôle de l’administration de Tougué dans cette affaire : « Il n’y avait pas d’inconvénients à changer une section qui n’a aucune efficacité malgré le soutien que lui apporte l’autorité en place qui est elle-même contestée car elle s’affiche ouvertement avec un parti que l’on ethnicise et cela au vu et au su de tout le monde ». Il poursuit en disant qu’il avait adhéré au RPG pour « démontrer que la démocratie peut s’instaurer si les Guinéens le veulent sans que le seul nom de famille ne dénote une coloration politique ». Il ajoute que celui qui lui a dit que «le Malinké est mieux coté que le Peulh au sein des structures du RPG a trahi les principes de base les plus élémentaires d’un parti politique demandant que les militants soient égaux et jouissent des mêmes droits ».
L’immixtion de l’administration dans les affaires des partis politiques ou son attitude partisane est un des freins au processus de démocratisation de notre pays.
Bah Thierno Hassana
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu.com