Surpopulation carcérale en Guinée: à qui la faute?

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Maison_Centrale_prison_Conakry_cale_des_malades_01Une mission de l'Inspection Générale des Services Judiciaires qui a sillonné récemment le pays grâce à un appui financier de la coopération allemande (GTZ) à travers le Programme régional de promotion de la justice et de l’État de droit, a rapporté que plus de 800 personnes attendent d'être jugées dans les prisons guinéennes.

A qui la faute si les prisons guinéennes sont remplies de prévenus?

D'après le constat de la mission de l'Inspection Générale des Services Judiciaires, la vétusté des bâtiments qui abritent les cours et tribunaux du pays n'offrent pas au personnel, encore insuffisant, des conditions de travail pouvant leur permettre d'examiner rapidement un grand nombre de dossiers.

A Conakry comme à l’intérieur du pays, les juridictions sont en manque d'équipement de bureau. Pas de meubles ni rien. A certains endroits, c'est avec la machine à écrire que les gens travaillent. L'outil informatique reste encore un luxe pour les travailleurs de la justice guinéenne.

En plus de ce manque d’infrastructures adéquats et de moyens de travail, il faut ajouter la faible rémunération des magistrats. Le statut particulier des magistrats adopté il y a une dizaine d'années n'est toujours pas mis en application. La justice est l'un des secteurs les moins servis dans le budget national de développement avec 0,5 %.

S'il est vrai que ces mauvaises conditions de travail ont un impact négatif sur le fonctionnement de la justice guinéenne, il ne faudrait pas perdre de vue les actions ou procédures fantaisistes initiées par certains citoyens en toute impunité. Il ne faudrait pas ignorer aussi le manque de sérieux dont font montre certains magistrats.

Il est courant d'assister à des procès devant les juridictions guinéennes où les parties civiles ne viennent pas défendre leurs intérêts, même si le tribunal leur accorde le temps nécessaire. L'important pour ces auteurs de plaintes fantaisistes étant d'envoyer en prison celui auquel ils en veulent.

Il est fréquent que des magistrats, au mépris du code de procédure pénale guinéen, renvoie à plusieurs reprises des dossiers par paresse ou pour faire plaisir à des parties civiles. Même les dossiers de flagrant délit, qui ne doivent pas tarder, n'échappent pas à cette pratique.

Au-delà du fait que la construction de nombreuses prisons guinéennes ne date pas d'aujourd'hui. Ce qui fait qu’elles reçoivent plus de prisonniers que leur capacité d'accueil. Il faut savoir que la lenteur dans le traitement des dossiers fait que beaucoup de personnes restent en prison plus qu'il ne le faudrait.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu.com


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Commentaires  

 
+1 #2 KIM 27-07-2012 22:44

Il faudrait déjà arrêter d'envoyer des innocents en prison. En revanche, vu l'Etat de délabrement de nos hôpitaux, on peut toujours continuer à constituer des "missions d'inspections générales des services judiciaires" ; le résultat, tout le monde le connait...
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0 #1 Mory DIAKITE 27-07-2012 15:57

Heinan Goba, pouvez-vous me dire en quelle année la dernière prison a-t-elle été construite en Guinée?
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