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Enseignement technique et professionnel : Des sanctions contre de présumés cadres véreux
Heinan Goba Vendredi, 20 Juillet 2012 17:12
Plusieurs responsables d’établissements d’enseignement technique et de la formation professionnelle ont été démis de leur fonction pour "faute lourde" ce jeudi 19 juillet 2012 par le ministre de l’Emploi, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Damantang Albert Camara, a-t-on appris de sources bien informées.
Parmi ces cadres figurent la directrice du Centre National de formation au tourisme et à l’hôtellerie (CENFOTH), Aminata Soumah, le directeur des stages de ce même établissement, Koman Béavogui. Toute la direction administrative du Centre de Formation Professionnelle Maritime a été également balayée.
Des sanctions disciplinaires ont été infligées à d’autres responsables d’écoles telles que l’ENSAC (École nationale de secrétariat d’administration et de commerce), du Centre de Formation Professionnelle de Boké. D'autres ont reçu pour leur part, des avertissements
Ces mesures font suite à des enquêtes qui auraient relevé des dysfonctionnements et des malversations financières au sein de ces écoles; dont entre autres les inscriptions frauduleuses, la tolérance d’un réseau de proxénétisme, le détournement des frais d’inscription, le vol d’équipements et de matériel pédagogique, etc.
Une gestion intérimaire a été mise en place à tous les niveaux en attendant la nomination de nouveaux administrateurs, selon nos informations. L’ensemble des dossiers a été transmis à l’agent Judiciaire de l’Etat pour d’éventuelles poursuites judiciaires. D’autres enquêtes sont en cours, d'après les mêmes informations.
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu.com
Commentaires
Dans cette affaire, la suspicion est toujours de mise et cela gâche incontestablement les relations avec les citoyens. Demain, un autre ministre va remplacer Damantang et l'enfermer, parce qu'il aura décidé que ce dernier a détourné. Et tout le monde devrait accepter ce nouvel oukase ?
...... On sanctionne en annonçant une faute lourde (seuls les intéressés savent de quoi il retourne), et on joue au cow-boy. C'est pour cela qu'il y aura toujours des indiens sur la route, et il y en aura de plus en plus.
Mort de rire….. Mick t’a entendu Gandhi ka ! Il y aura toujours des indiens (nous les apaches) pour mater les petits cow-boys au coin de la rue hahahahahahaha…… Ghandi vient de faire ma journée.
Si vous voulez, on va couper la poire en deux.
D'abord, Mick Mack vous avez raison qu'on arrête l'impunité qui ronge notre administration. Si les raisons qui ont poussé le Ministre sont bien fondées, ça ne ferait que du bien. Ne pas agir, nous aurait coûter inutilement et indéfiniment.
Ensuite Gandhi, pour des raisons de pédagogie et de transparence, de même que pour rompre avec les mauvaises habitudes, vous aussi avez raison qu'il aurait fallu mettre la forme. Le Ministre devrait donner des explications (ne serait-ce qu'en une ou deux phrases) sur les motifs qui l'ont poussé à démettre les cadres concernés. Pour cela, il a sa disposition la radio et la télévision qui n'émettent que de la musique.
Bref, le fonds d'accord, mais la forme d'abord.
Des juristes comme ça, on en trouve à chaque coin de rue à Conakry. Cela s'appelle de l'abus de pouvoir, et même le plus nul des Guinéens est capable d'en faire autant.
Quant au fait d'être juriste, cela donne une connaissance, mais ne signifie aucunement qu'on va respecter le droit (voir AC par exemple). Même en France, d'éminents juristes violent les textes (parfois en connaissance de cause), d'où l'existence d'un système judiciaire (y compris un Conseil constitutionnel pour juger de l'interprétation du droit).
Un fonctionnaire qui aurait détourné par exemple (ce n'est pas précisé), doit être suspendu administrativement (pour arrêter les frais). Une enquête doit être faite pour prouver sa culpabilité, voire d'éventuelles complicités (on agit rarement seul), et dans l'hypothèse de la réalité des faits, on confie également le dossier à la justice répressive. Tout ceci en faisant de la pédagogie pour montrer que la sanction existe (y compris au plan pénal).
Ce sont les mêmes qui critiquent les assassinats de Juillet 85 (et ils ont raison), mais qui sont pourtant adeptes de méthodes expéditives, quand ça concerne.... les autres. Tout criminel a droit à être défendu.
Il n'y a aucune pédagogie dans ces méthodes d'un autre âge. On sanctionne en annonçant une faute lourde (seuls les intéressés savent de quoi il retourne), et on joue au cow-boy. C'est pour cela qu'il y aura toujours des indiens sur la route, et il y en aura de plus en plus.
Tout compte fait, en guinée même quand on te prend la main dans le sac tu peux nier.
Ce Ministre ne peut pas se permettre de sanctionner sans preuve. Je vous rappelle qu'il est juriste de formation et qu'à cet titre il a travaillé 2 ans avec l'UE sur la reforme de la justice en Guinée. IL a parcouru toute la Guinée avec l'UE et a remis un
rapport à cet effet. Je ne pense pas qu'il peut se permettre de démettre de leur fonction des cadres de son département sans en avoir eu les preuves de fautes.
J'espère qu'on se verra face à face un jour pour mieux nous faire comprendre. Mais d'ici là , j'avoue que nous avons des approches toutes différentes.
Lorsqu'on suspend un fonctionnaire (la révocation est un processus plus long qui comprend des règles procédurales très strictes), on n'en fait pas état forcément dans la presse (pour se faire mousser ?). On agit en tant que chef hiérarchique pour sanctionner si besoin. D'ailleurs cela vaut mieux, car si la sanction est retoquée, personne (sauf les intéressés) n'en saura rien. En Guinée, si les personnes mises en cause avaient le courage de réagir, elles obtiendraient satisfaction pour vices de forme par exemple, ce qui ferait la honte du Ministre concerné. Jusqu'à présent la Cour suprême n'a jamais remis en cause le pouvoir règlementaire de l'État (quand bien même elle aurait du le faire parfois), en revanche elle a déjà rejeté des décisions individuelles d'un Ministre.
De toutes façons, la suspension d’un fonctionnaire n’est pas une sanction disciplinaire mais une mesure administrative prise à titre conservatoire dans l’intérêt du service. Elle n’a donc pas à être motivée. Donc dire qu'il s'agit d'une faute lourde et démettre de ses fonctions, peut signifier qu'il s'agit d'une révocation, ce qui n'est pas admissible en l'état. On pourrait également imaginer une exclusion temporaire (qui peut atteindre 2 ans), mais le compte-rendu n'est pas assez précis.
Quant au JO, il sert à autre chose que la publication de ce genre de décisions.
Tantôt vous parlez de documents que vous ne trouvez pas, tantôt vous parlez d'information non disponible. Moi je vais être très net, l'acte administratif qui les a viré doit être sur le JO (Journal Officiel), pour les informations complémentaires, la presse peut approcher le Ministre. En plus, le Ministre est libre de les virer qu'ils aient commis des fautes graves ou pas. Ce qui pour autant ne leur enlève pas leur statut de fonctionnaires.
Une fois de plus, ces cadres ont la presse pour se défendre.
Vous parlez d'humiliation, pouvez-vous me dire comment ont-ils été humiliés ?
Nous ne sommes pas des esclaves pour courir derrière des fonctionnaires qui sont payés par l'État (donc par nous) pour bosser deux heures par jour. Le jour où les fonctionnaires seront au service de leur population (service public) alors le changement commencera à avoir une réalité. Et cela en tant que responsable de l'administration, AC pourrait l'exiger (le travail des agents publics), d'autant que cela ne coûte pas un sou.
Je veux donc juste pointer les insuffisances de notre administration et l'arrogance dont elle fait preuve, considérant que ce sont les citoyens qui doivent courir, alors qu'ils sont en principe à leur service. Je sais fort bien que cela ne correspond pas à la réalité guinéenne, mais quand on parle changement, cela ne doit pas n'être que des slogans.
Je vous rassure, je trouve les documents que je souhaite, mais seulement lorsqu'ils existent.
Enfin, ceux qui ne se défendent pas médiatiquement ne se sentent peut-être pas très nets, cela ne suffit nullement à les virer comme des chiens sans respecter le droit. On les poursuit tranquillement ou sereinement, la sanction pour faute est toujours nécessaire, mais l'humiliation n'est pas utile. Car à force de jouer au cow-boy où chacun se fait justice, cela n'augure rien de bon. L'action suscite toujours une réaction.
Vous dites, je cite "L'ennui c'est que tous les documents disponibles, moi je ne les obtiens jamais." Vous et moi, nous ne sommes pas destinataires, à ce que je sache. Alors, il faut aller chercher. Partant, pouvez-vous nous dire comment vous procédé pour obtenir ces documents ? Peut-être qu'en examinant votre méthode d'approche, on pourrait voir ce qui ne vous permet pas de les obtenir et vous aider dans votre démarche. De toutes les façons, personne n'ira chercher ces documents et vous les fournir, c'est vous-mêmes qui devez le faire.
En plus, vous dites, je cite : "Ils (en parlant des personnes virées) ne peuvent pas se défendre médiatiquement, car le ministre annonce ce qu'il veut." Moi je dis non. Les personnes virées peuvent se défendre médiatiquement. Ils ont les radios et les journaux privés à leur disposition. Je prends l'exemple de l'ancien directeur national de la transfusion sanguine qui, quand il a été suspendu par son ministre, a donné sa version des faits dans la plupart des radios de la place.
Dans tous les cas, si on est d'accord qu'il faut de la transparence, on doit aussi être d'accord qu'il faut sanctionner quand c'est nécessaire.
Où avez-vous vu que j'indiquais que les personnes virées ne pouvaient pas se défendre juridiquement ? Ils ne peuvent pas se défendre médiatiquement, car le ministre annonce ce qu'il veut. Dans ce genre de problème, sauf s'il y a un détournement d'argent important, il n'est pas utile d'en faire une publicité tapageuse, sauf à permettre aux intéressés de répondre par le même biais, ce qui n'est pas le cas.
Quant au recours juridique des fonctionnaires virés, je m'étonne qu'aucun ne le fasse (y compris les magistrats, qui prouvent ainsi leur incompétence), alors que la plupart du temps, les procédures ne sont pas respectées sur la forme, quand bien même le fonds aurait quelque fondement. Ou ces personnes sont nulles (ce qui ferait quand même beaucoup), ou des pressions existent pour qu'elles restent tranquilles. Et ça je l'ai bien écrit.








