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Affaire des 25 millions de dollars : Le mythe persiste
Boubacar Bagnan Diallo Jeudi, 12 Juillet 2012 16:46
Le mythe qui entoure ce qui est désormais appelé "affaire des 25 millions de dollars" continue de défrayer la chronique.
Depuis l’éclatement de ce ‘’deal’’ passé entre l’Etat guinéen et la société sud-africaine Palladino Capital de Walter Henning, commentaires, interrogations et supputations vont bon train. A chaque sortie médiatique des personnalités impliquées ou citées dans cette rocambolesque affaire, c’est un cocktail de contradictions qui est servi à l’opinion. Qui aspire pourtant à voir clair dans cette affaire.
En effet, après le déballage de cet accord secret par le Sunday Times, deux ministres de la République en l’occurrence Kerfalla Yansané et Mohamed Lamine Fofana, respectivement ministre de l’Economie et des Finances et ministre des Mines et de la Géologie ont été sommés par le Conseil national de la transition (CNT), qui fait actuellement office de législateur, de fournir des explications sur cette affaire.
Lors de leur audition, le ministre des Mines, Mohamed Lamine Fofana, avait persisté et signé que « lorsque l’Etat guinéen a contracté cette somme (25 millions de dollars), l’argent a été mis dans un compte d’attente, au niveau de la BCRG, jusqu’à ce que la Société de Patrimoine Minier (SOGUIPAMI) ait les ressources nécessaires pour utiliser cette manne financière ». Cette déclaration avait laissé les conseillers nationaux médusés.
Par rapport au même dossier, le gouverneur de la Banque Centrale vient de donner une autre version. Dr Louncény Nabé a, lors d’une conférence de presse qu’il a animée le lundi dernier, indiqué que « l’argent emprunté avec Palladino est placé dans le même compte que les 700 millions de dollars obtenus de Rio Tinto, en Suisse ».
Deux versions diamétralement opposées, qui méritent d’être clarifiées pour l’opinion. Car lors de leur passage au CNT, bien qu’étant accompagnés par le gouverneur de la BCRG et le ministre délégué au Budget, les deux ministres n’avaient pas réussi à convaincre l’opinion sur cette affaire louche. La centaine de questions posées ce jour par les conseillers n’avaient pas trouvé de réponse.
Le président de la République, dans une interview qu’il a accordée au magasine Jeune Afrique a reconnu qu’il a effectivement contracté cette somme de la part de la société Palladino, et qu’il compte rembourser ce prêt en respectant les clauses indiquées dans l’accord.
Le hic dans tout ça, c’est qu’à chaque fois que des hauts cadres de l’administration s’expriment sur la question, il y a une nette différence dans les versions. Chose qui donne raison aux détracteurs qui pensent qu’il y a un parfum de corruption dans cette affaire. Nous y reviendrons.
Boubacar Bagnan Diallo
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu.com
Commentaires
Je ne fais pas l'avocat du diable, mais je ne vois aucune contradiction entre les déclarations du Ministre des finances et celle du Gouverneur de la Banque Centrale et je m'explique en tant que spécialiste du secteur. Lorsque le premier déclare que l'argent a été versé sur le compte de la SOGUIPAMI à la Banque Centrale, cela signifie que c'est le compte de cette dernière qui a reçu les fonds à la Banque Centrale en tant que tiers détentrice (la SOGUIPAMI n'ayant pas de compte dans une banque suisse). Et quand le Gouverneur dit que les fonds sont dans une banque suisse, cela signifie qu'ils ont été versés dans le compte de la Banque Centrale tenu dans les livres d'une banque Suisse. Pourquoi les fonds ne seraient pas versés dans les caveaux de la Banque Centrale ? C'est parce qu'il s'agit de devises et non de francs guinéens. C'est d'ailleurs le cas dans les transactions de ce genre portant sur des montants importants. Il s'agit le plus souvent de mouvements d'écritures et non d'espèces physiques comme certains pourraient le croire. Faut-il ajouter que les devises de l'État ainsi que les autres liquidités internationales de la Banque Centrale ne sont pas dans les caveaux de la Banque Centrale mais dans les grandes banques étrangères pour des raisons de sécurité et parfois de rentabilité.
Voici plutôt les points qui devraient être éclaircis :
1- Les fonds ont-ils été effectivement versés dans le compte de la Banque Centrale dans une banque suisse ? Seuls les extraits du compte de la Banque Centrale pourraient nous situer.
2- Le compte de la SOGUIPAMI a t-il a été effectivement crédité de ce montant à la Banque Centrale ? Si non, quel compte a t-on crédité et pourquoi ? Seuls les extraits du compte de la SOGUIPAMI à la Banque Centrale pourraient nous situer.
3- Quelles sont les transactions opérées sur le compte de la SOGUIPAMI et quel est le solde du compte à ce jour ? C'est encore l'extrait du compte de la SOGUIPAMI qui devrait nous situer.
Voilà les éclaircissements que j'ai voulu apporter à votre interrogation.
Enfin et dans l'inétrêt supérieur de la nation, il est crucial et urgent de vérifier les 3 points que j'ai relevés ci-dessus et je trouve que c'est le CNT qui doit le faire.
Bien à vous tous !
Certains pensent aussi que c'est contre cet argent que Sekouba lui a remis le pouvoir. Une chose est sûr, à Kissidougou, lors de sa visite chez le sotikemo lors de la campagne, il avait rassuré qu'il était en connivence avec les autorités de la transition, et qu'il n'y avait pas lieu de s'inquieter. En faisant cette déclaration, il ignorait qu'il y a des personnes (en general de Dabola) qui sont en fait de foulamaninka ; ils peuvent se retrouver dans toutes les deux communautés.
Alpha Condé et son gouvernement est la photocopie de Lansana Conté et du sien .Finalement, on sera d'accord avec ceux qui disent que ces 25 millions de dollars ont servi à financer la campagne présidentielle d'AC .
Cher Youssouf Bangoura, comme le dit notre vieil adage, "le mensonge de tout un village se transforme presque toujours en vérité". L'opacité de la gouvernance d'AC ne peut pas cacher que ses bonnes intentions pour le guinéen et les intérêts supérieurs de la nation. Mais qui vivra verra!








