Heinan Goba Jeudi, 12 Juillet 2012 16:09
Le collectif des avocats de la défense dans l'affaire du 19 juillet se dit désagréablement surpris par le recours introduit par la partie civile contre l'arrêt de la chambre d'accusation de la Cour d'appel de Conakry qui a ordonné le 02 juillet, un non-lieu en faveur de 14 de leurs clients, en exprimant aussi son inquiétude au sujet de la vie de ces derniers qui doivent prolonger leur séjour en prison.
Le Général Nouhou Thiam et 13 autres civils et militaires détenus dans le cadre de l'attaque du domicile du chef de l'Etat, l'année dernière, ont bénéficié le 02 juillet d'un non-lieu synonyme de relaxe pure et simple. Au début de la semaine en cours, la partie civile et le parquet, apparemment, pas satisfaits de cette décision se sont pourvus en cassation auprès de la Cour suprême.
Pour le collectif des avocats de la défense, ce pourvoi est sans objet, simplement dilatoire et ne vise qu'à maintenir arbitrairement en prison des détenus qui ont bénéficié d'un non-lieu. Rappelant que devant la chambre de mise en accusation, la partie civile et le parquet s'étaient prononcés en faveur de la relaxe de ces personnes contre lesquelles il n'existe aucune preuve.
Au lendemain de cette décision historique, la défense s'est réjouie, même si elle se disait ne pas être surprise. Pour sa part, la partie civile avait apprécié le travail des juges qui, de son avis, ont fait preuve d'indépendance. Si tel est le cas, une question se pose. Pour quel motif, cette partie civile a-t-elle accompagné le parquet à se pourvoir en cassation ?
Un avocat de la partie civile a confié à la presse qu'ils ont "suffisamment de griefs contre l'arrêt de la chambre de mise en accusation de la Cour d'appel". Mais en se référant à sa réaction au lendemain de cet arrêt et à ce qu'elle aurait dit devant la chambre de mise en accusation, on a du mal à comprendre la partie civile dans ce qu'elle veut faire.
S'agit-il d'une démarche politique comme le soutiennent certains avocats de la défense ? Attendons de voir.
Le 19 juillet 2011, on se rappelle, une attaque à l'arme lourde a visé le domicile privé du président Alpha Condé sis à Kipé dans la banlieue de Conakry. Une cinquantaine de personnes civiles et militaires ont été arrêtées dans le cadre des enquêtes qui ont suivi. Il y a trois mois, plus d'une quinzaine avaient été libérées au bénéfice du doute.
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu.com