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Cherté de vie : Qui du gouvernement ou des commerçants est responsable ?

Aly Badara Condé  Dimanche, 08 Juillet 2012 18:01

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boulanger_Guinee_01A quelques semaines du début du mois de carême musulman, les prix des denrées alimentaires en général et en particulier la baguette de pain, connaissent une hausse vertigineuse sur le marché. Les pauvres citoyens se demandent où donner de la tête et se posent la question sur les vraies causes de cette flambée des prix.


L’on ne le dira jamais assez, les pauvres Guinéens sont en train de traverser une période des plus dures. Cette crise arrange certains et pour d’autres c’est la désolation. Tenez ! Une baguette de pain qui se vendait à 3.000 francs guinéens, se négocie désormais à 4.000 GNF tandis que la moitié du pain coûte de 1.500 à 2.000 GNF.

Interrogés sur les raisons de cette augmentation de prix, les boulangers se défendent en évoquant la cherté des prix d’ingrédients utilisés pour faire le pain, notamment la levure, le sel, le bois et surtout le problème d’électricité.

« Nous sommes confrontés à de sérieux problèmes pour faire le pain. Actuellement, les prix des produits qu’on utilise pour faire le pain ont tous augmenté. Face à cette réalité, nous sommes obligés aussi de revoir nos prix à la hausse pour gagner quelque chose dans notre travail. Les boulangers sont également confrontés au manque d’électricité qui les pousse à utiliser des bougies pour pouvoir travailler. Une bougie qui s’achetait à 500 GNF se négocie aujourd’hui à 1.000 GNF. Voilà les raisons de cette augmentation de prix du pain sur le marché. », nous a confié un boulanger au carrefour cirage, dans la commune de Ratoma.

Face à cette situation, de nombreuses familles commencent à remplacer le petit déjeuner avec le pain par le riz rassis. Rencontrée, cette autre ménagère se lamente en ces termes :

« Comme petit déjeuner, mes enfants et moi préférons manger du riz. Avec la cherté du pain, on s’est habitués à ça car les dépenses qui accompagnent le café sont intenables aujourd’hui. Si tu as le pain par exemple, il faut de quoi mettre dedans. Maintenant, le sucre, le beurre et le lait coûtent excessivement cher. C’est pourquoi on a préféré le riz au café. Avec ça, on fait moins de dépenses. »

Ainsi, l’on est en mesure de donner raison à celui qui a dit que les comportements ont la vie dure en Guinée. Cela n’est pas une nouveauté de voir les prix monter en flèche à l’approche du mois saint de ramadan. Pour cette année, le gouvernement et les commerçants se rejettent la responsabilité. Lors d’une récente rencontre entre le premier ministre et les importateurs de farine, Mohamed Saïd Fofana a laissé entendre que les promesses n’ont pas été tenues par les commerçants qui avaient juré de baisser le prix du sac de farine. En réponse, le porte-parole desdits commerçants a lui aussi évoqué des problèmes ayant trait au retard du bateau.

De toutes les façons, les commerçants ont promis de livrer la marchandise dans un bref délai et ont juré que les prix ne grimperont pas jusqu’à la fin du mois saint de ramadan. Attendons donc de voir.


Aly Badara Condé
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu.com 


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