Vendredi, 06 Juillet 2012 09:55
L’affaire des 25 millions de dollars continue de faire des vagues. Et c’est à présent le Congrès américain qui s’en serait saisi pour demander des comptes aux parties prenantes dans cet accord.
En Afrique du Sud, c’est Tokyo Sexwale, le ministre sud-africain des Ressources humaines qui est accusé d’être impliqué dans une corruption à grande échelle à cause de son partenariat avec Palladino de Walter Henning, l’auteur du fameux prêt secret des 25 millions à la Guinée.
Sexwale a démenti l’accusation et a déclaré que depuis qu’il est devenu ministre, il n’est plus impliqué dans la gestion du fonds d’investissement Mvelaphanda Holdings qu’il contrôle et ne saurait être tenu pour responsable des actions de cette dernière. Mais ses adversaires politiques n’en démordent pas, l’accusant d’avoir soudoyé Alpha Condé en le soutenant dans sa campagne pour la présidence de la Guinée en échange d’un bradage des mines guinéennes. Pour ces critiques, ces 25 millions sont un retour à l’envoyeur. Une accusation aussi relayée par Cellou Dalein Diallo lors d’une conférence de presse tenue récemment à Conakry.
Ni Alpha Condé, ni son fils accusé d’être l’intermédiaire dans cette affaire, n’ont réagi à ces accusations.
En Grande Bretagne, c’est Georges Soros lui-même qui demande au Parlement britannique de mener enquête dans une lettre écrite à un député écossais.
« Alpha Condé menace les intérêts des compagnies minières américaines », accuse un groupe conservateur
Mais, c’est aux Etats-Unis que l’affaire des 25 millions s’invite dans la campagne électorale américaine qui doit dans quelques mois opposer le républicain Mitt Romney et le démocrate afro-américain Barack Obama.
Le magazine Human Events, dont le nom est tiré de la constitution américaine, est la voix du lobby républicain à Washington farouchement opposé à Barack Obama et aux démocrates en général. Dans son édition en ligne du mardi signé par Robert Maginnis, un officier supérieur lieutenant-colonel de l’armée américaine à la retraite, « le groupe républicain accuse carrément Barack Obama d’avoir trahi les compagnies américaines en accordant à la Guinée le statut de membre de l’AGOA qui permet à la Guinée d’avoir accès au marché américain en payant peu ou pas de droits de douanes sur les produits fabriqués en Guinée alors que la Guinée s’apprête à les exproprier à travers ce deal. »
Pour le think tank républicain, le congrès américain doit enquêter sur ce deal et répondre à la question de savoir si ces 25 millions ont servi à corrompre des entités américaines pour obtenir une influence illégale auprès des législateurs américains. Le lobby rappelle que la loi U.S. Foreign Corrupt Practices Act considère une infraction pour quiconque offre de l’argent à un fonctionnaire étranger dans le but d’obtenir une faveur ou d’influencer ce fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions. En un mot le groupe républicain considère que les 25 millions sont une forme de corruption à l’encontre du président guinéen qui l’a acceptée.
Le groupe rappelle qu’il y a une entité américaine connectée au prêteur qui peut justifier des législateurs américains de s’impliquer. Le milliardaire sud-africain Walter Henning, propriétaire de Palladino, est actionnaire dans la compagnie African Global Capital qui est partenaire avec un gestionnaire de fonds d’investissement américain Och-Ziff. Walter Henning et Och-Ziff ont formé la joint-venture en 2008, qui est décrite comme « une plate-forme pour investir dans les marchés privés et publics à travers l’Afrique, avec une préférence dans les ressources naturelles et les entreprises connexes ».
Deuxièmement, le groupe demande au Congrès de voir s’il existe une relation entre le prêt de 25 millions de dollars et le nouveau code minier de la Guinée.
Pour les auteurs du texte, ceci est important parce que cela démontrerait la motivation de Palladino pour l’octroi du prêt, à savoir accéder à des informations privilégiées sur les plans futurs et l’état d’esprit des Guinéens pour la nationalisation éventuelle des actifs miniers dont certains appartiendraient à des multinationales américaines. Le groupe rappelle que les recettes minières représentent 70 pourcents du revenu de la Guinée.
Le ministre Fofana traité de menteur
Le groupe accuse carrément le ministre guinéen des Mines Mohamed Fofana de mentir lorsque ce dernier dément que le deal ne pouvait pas donner accès à 30 pourcents des actifs miniers de la Guinée.
« Fofana a un problème à dire la vérité », écrit le groupe républicain. « Son démenti des 30 pour cent possibilités d’acquisition des mines guinéennes par Palladino est réfutée par sa signature sur la convention de crédit ».
Convoqués par le CNT pour s’expliquer sur ce dossier, les ministres des Mines et des Finances signataires du prêt ont accusé la presse et annoncé que l’argent sera restitué à partir d’un autre fonds angolais jusque-là secret lui aussi. Mais les 2 ministres n’ont jamais expliqué pourquoi le prêt n’a jamais été déclaré au budget public et surtout comment l’argent a été dépensé.
Les républicains ont la majorité des membres à la Chambre des représentants, une des deux chambres du parlement des Etats-Unis d’Amérique, connu sous le nom de Congress.
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu.com
Source guineenews