Abdoul Malick Diallo Mercredi, 04 Juillet 2012 16:50
Le port de Bonfi sis dans la commune de Matam est l’un des ports de pêche artisanale dont dispose Conakry. La pêche artisanale occupe une place prépondérante dans le secteur de la pêche. Elle est la source de ravitaillement de plus de 50% de la population.
Actuellement le port de Bonfi est confronté à d’énormes difficultés. Ce qui fait qu’il produit de moins en moins, contrairement aux années passées. Cette baisse de la production est due à la mauvaise politique de pêche, au manque de connaissances des nouvelles techniques et méthodes de pêche.
A cela il faut ajouter l’inexistence d’infrastructures appropriées comme les frigos de conservation et les camions frigorifiques dans lesquels les pêcheurs artisanaux mettront leurs poissons pour leur commercialisation dans les différents marchés de la capitale. Une manière d’éviter la commercialisation des produits de pêche à l’intérieur du port qui serait une des causes principales de la hausse du prix du poisson à Conakry.
Aly II Sylla, directeur général du port de Bonfi, parle des difficultés auxquelles son port est confronté : « Nous n’avons pas d’infrastructures appropriées pour la conservation et la commercialisation des produits de pêche. Le port de Bonfi est exigu par rapport au nombre d’embarcations qui s’y trouvent et par rapport au nombre des populations qui viennent ici, soit pour pêcher, soit pour effectuer leurs affaires commerciales. En dehors de cela nous n’avons pas d’installations de conservation des poissons. La conservation se situe à 2 nivaux. La température positive qui permet de conserver les produits de pêche au moins de 24h à 48h et la température négative. Mais, comme aujourd’hui, avec la rareté de l’argent, les marchandises ne s’écoulent pas vite. Il faut que nous ayons des frigos qui congèlent, donc qui font -18°C sur le cœur du poisson en conservation. Alors que dans la chambre, la température c’est -40°C. Donc si on n’a pas ces installations, ça pose problème, parce qu’il y aura beaucoup de pertes après capture. Voilà un des problèmes auxquels nous sommes confrontés ici ».
Il poursuit en disant que le nombre de frigos dont il dispose est inférieur au besoin de la population : « Il n’y a qu’un seul frigo au port de Bonfi et ce frigo n’a que 2 petites chambres froides positives. Une femme peut conserver des poissons pendant une semaine. Elles sont obligées à chaque fois d’acheter la glace pour y mettre. Sinon, le poisson pourrit après 2 jours. C’est l’un des problèmes qui assaillent le port de Bonfi. »
En dehors du manque d’infrastructures, le port de Bonfi est confronté à la piraterie. Ce qui constitue un handicap majeur. Les pêcheurs se plaignent de la recrudescence de la piraterie sur la mer due au manque de contrôle.
Le directeur général du port accuse certains cadres du ministère de la Pêche d’être en complicité avec les pirates : « La piraterie existe bel et bien depuis la fin de la 1ère République.
Les bandits à col blanc se sont enrichis illicitement par ces jeux parce qu’ils sont en rapport ou en complicité intelligente avec certains fonctionnaires du ministère de la Pêche. Ils ont des bateaux en mer qu’ils entretiennent par des fausses licences, de faux permis de pêche.
Il y a d’autres agents qui sont là, dès qu’on voit un patrouilleur pour aller arraisonner les navires de pirates, ils leur téléphonent tout de suite. Ils vont au-delà des zones frontalières ».
La pêche artisanale occupe une place prépondérante dans le secteur de la pêche en Guinée. Elle doit être dotée d’infrastructures modernes car c’est une source d’approvisionnement poissons pour la majorité des citoyens de la capitale.
Abdoul Malick Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu.com