Boubacar Bagnan Diallo Mercredi, 04 Juillet 2012 09:31
Depuis l’éclatement de l’affaire des 25 millions USD, qui a suscité un tollé au sein de l’opinion, les spéculations vont bon train. Si dans la plupart de ces commentaires, c’est la mauvaise gouvernance qui est dénoncée, le leader de l’UFDG pense que cette manne financière contractée par l’Etat guinéen auprès de Palladino Capital, aurait servi à financer entre les deux tours la campagne d’un des candidats.
Cellou Dalein Diallo vient de jeter un pavé dans la marre du président Condé en disant qu’entre les deux tours de la présidentielle de 2010, un des candidats aurait emprunté les 25 millions de dollars pour financer sa campagne électorale. Et que l’accord de 25 millions de dollars signé avec Palladino serait une régularisation de ce prêt contracté par le dit candidat. Qui ne serait autre, aux yeux de Dalein, que son challenger Condé, durant le second tour. A en croire l’opposant, « Des rumeurs circulent selon lesquelles c’est entre les deux tours de la présidentielle qu’un des candidats a emprunté cet argent pour financer sa campagne électorale. Et que cet accord est une régularisation du prêt fait à ce candidat. Donc, il faut montrer que l’argent a été bien versé au Trésor public. Dans sa défense, le gouvernement dit que ce n’est pas l’Etat, que c’est une société. Mais ce n’est pas le ministre de l’Economie qui engage les sociétés ayant une autonomie administrative et financière. Si le ministre des Mines et celui des Finances ont signé un accord, cet emprunt est bien contracté par l’Etat. Ici, c’est le gouvernement qui a signé mais pas une société. Il faut que le gouvernement s’explique en donnant des preuves qu’il a reçu l’argent sur les comptes du Trésor Public à telle date. Si le CNT n’a pas l’expertise, il faut recruter un cabinet pour faire la lumière sur ce dossier. Lorsqu’un gouvernement se cache, dès qu’il est découvert, qu’il crie, oui j’annule, oui je rembourse, c’est vraiment suspect ! Un gouvernement qui signe un accord de prêt de 25 millions de dollars, qui ne publie pas cet accord, qui le garde de manière confidentielle pendant un an, alors qu’un tel accord doit être ratifié par le parlement, cela suscite des interrogations. Vous savez comment ce gouvernement était pressé de publier les crédits qu’il avait obtenus. Il disait partout qu’il a obtenu de l’argent et qu’il est crédible, mais curieusement, cet accord des 25 millions de dollars est passé sous silence. Et dès que la presse s’en est fait écho, il a envoyé une délégation à Washington pour demander pardon au Fonds Monétaire et à la Banque Mondiale. Après, il a procédé immédiatement à l’annulation de l’accord et au remboursement. On prend de l’argent dans le Trésor Public pour rembourser les créanciers sans donner les preuves que ce montant a été effectivement versé », accuse l’opposant.
Par rapport à la mauvaise gouvernance, Cellou Dalein a déclaré que l’on a constaté que 80 pourcents des engagements de l’année dernière sont des marchés de gré à gré, des marchés sans appel d’offres. Comme exemple, il cite le projet de Kaleta. Selon lui, le gouvernement doit s’expliquer sur un certain nombre de dossiers. « Prenons Kaleta. Kaleta est un projet de 245 Mégawatts que la Guinée avait apporté à l’OMVG (Organisation de la mise en valeur du fleuve Gambie). Il devait être réalisé en même temps que le barrage de Sambagali. La BAD était prête à être le chef de file pour le financement. Maintenant, Kaleta a été retiré de l’OMVG. Ce n’est pas une mauvaise chose, il y a des arguments, peut-être, mais on ne les a pas expliqués. Maintenant, il est exécuté avec un coût de 550 millions de dollars contre 250 millions pour l’OMVG. On dira qu’on a rajouté beaucoup de choses comme l’électrification de Bady, le bitumage de la route Koubia-Kaléta. Mais il y a eu beaucoup de surfacturation. Aussi, on a emprunté dans une banque chinoise pour octroyer le marché à une entreprise chinoise. Il y a des gens qui touchent des commissions. Jusqu’à 70 millions de dollars ne se retrouvent pas dans le projet, selon les experts. On n’explique pas pourquoi le coût du projet a presque doublé. Donc, la mauvaise gouvernance est là. Je veux dire que les 80 pourcents des engagements de l’année dernière, c’est sans appel d’offres », a déploré le leader de l’UFDG.
Boubacar Bagnan Diallo
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