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Corruption : Sidya Touré s’en prend au gouvernement

Boubacar Bagnan Diallo  Mardi, 03 Juillet 2012 23:04

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TOURE_Sidya_7_01Ces derniers temps, les opposants ne ratent aucune occasion pour s’attaquer au pouvoir sur le terrain de la mal gouvernance. Le leader de l’UFR fait partie de ces leaders qui ne font pas de cadeau au régime.


Lors de la dernière conférence de presse animée conjointement par le collectif et l’ADP, le mercredi 27 juin, le leader de l’UFR, en économiste informé, a tiré à boulets rouges sur la politique économique du gouvernement d’Alpha Condé. Il n’a pas manqué de dénoncer avec virulence les scandales financiers qui, selon lui, sont devenus ‘’monnaie courante’’ dans le bled. D’après Sidya Touré, des dossiers plus poignants que ceux des 13 milliards de francs guinéens vont être révélés très prochainement au public. « La tentative de détournement des 13 milliards de francs guinéens n’est rien du tout. Des dossiers arrivent dans les mines. Vous serez étonnés. Tout ce qu’on a reproché à Lansana Conté pendant 24 ans, ils vont le faire en moins de deux ans. C’est-à-dire mettre l’Etat complètement à genoux à cause des détournements, du pillage, des contrats mal ficelés et de l’argent mis dans les valises chaque jour. Les miniers s’en plaignent partout dans le monde. Ils le disent partout à longueur de journée, à Paris, Washington. On nous envoie des personnes pour leur remettre de l’argent. Toutes les sociétés minières ont été victimes de cela. Personne ne pose de questions. Demandez au CNT de se réveiller. La moindre des choses qu’on lui demande, c’est d’interpeller le gouvernement sur ces questions essentielles. Je vous assure, il y a des dossiers en route. J’en ai parlé dernièrement avec des banquiers à l’étranger. Vous allez voir les dossiers qui sortiront au fur et à mesure dans le domaine minier. Vous serez étonnés. », promet Sidya Touré.

A en croire le leader de l’Union des forces républicaines (UFR), Alpha a manqué l’occasion unique dans l’application de la formule de l’unicité des caisses avec les 25 millions de dollars US. Pour lui : « Une chose est claire et nette, de l’argent public a été emprunté avec la signature de deux membres du gouvernement. Les traces du montant devraient figurer à la Banque Centrale de la République de Guinée, sur les comptes du Trésor public. Je crois qu’Alpha vient de manquer l’occasion unique sur l’unicité des caisses (...) Quand on dit unicité des caisses, cela veut dire que l’Etat ne dispose que d’un seul compte. Si vous empruntez de l’argent au compte de l’Etat, je pense que cet argent doit se retrouver forcément dans le compte unique, mais apparemment, ils ont loupé. Je pense qu’on ne nous parlera plus d’unicité des caisses parce que les 25 millions de dollars n’ont pas été retrouvés dans les caisses de la BCRG. Si cela n’a pas été fait, il faudrait se demander qui a alors empoché le montant. De quelle manière voulez-vous que cet argent soit remboursé par les fonds publics ? Cela est impossible dans la mesure où les fonds ne sont pas tombés dans les caisses de l’Etat. Ce serait donc, un détournement de deniers publics, si cet argent est pris pour rembourser une créance qui est due par un privé comme ils l’ont dit, c’est le même privé qui aurait dû trouver les ressources nécessaires pour annuler ce contrat (...). Il y a beaucoup de problèmes autour de ce contrat ». Premièrement explique-t-il, « la société Palladino dit qu’elle va porter plainte contre le gouvernement guinéen pour non-exécution du contrat. Ce n’est pas seulement un problème d’argent. Cette société n’est pas une banque. Donc, elle ne prête pas de l’argent. Elle a donné un montant sous condition, ces conditions font l’objet d’un contrat qui commence à être publié en anglais et qui fait que le gouvernement guinéen devait s’engager sur un certain nombre de choses pour le compte de cette société. Donc, nous risquons d’être attaqués sur cette voie. Ce qui peut nous entrainer très loin. Et je peux vous assurer qu’â partir du moment où la signature de deux de nos ministres figure sur le document, cela sous-entend que le gouvernement guinéen est largement engagé dans ce processus juridique. » Deuxièmement, poursuit-il « si l’argent comme on l’a dit rapidement, oui on va rembourser le montant ! Mais quand vous volez de l’argent, et que vous le remboursez, cela n’éteint pas le délit ! Juridiquement, le délit est constitué. Donc, normalement, on vous poursuit de la même manière que si vous n’aviez pas remboursé (...) En tout cas, moi, je ne comprends rien. Mais, comme on a un professeur à la tête de l’Etat, on devrait comprendre que le fait de rembourser l’argent n’éteint pas le délit. »

Pour Sidya Touré, les 25 millions de dollars US, ne sont que la partie visible de l’iceberg. « Les 25 millions de dollars US, disons-le, c’est la partie visible de l’iceberg. Nous savons ce qui se passe aujourd’hui avec l’usine de Fria. Nous savons également ce qui s’est passé avec les 15 millions d’euros payés par le groupe MTN. Quel est le Guinéen qui peut nous parler de la destination exacte des 700 millions de dollars de Rio Tinto ? La seule entité qui aurait dû poser ces questions au gouvernement, c’est le CNT. Mais il ne le fait pas, et il ne veut pas qu’on le dise. On parle des 25 millions de dollars US, après on dit que ce sont des rumeurs. Mais attendez, ce sont des questions sérieuses. 700 millions de dollars ont été donnés au gouvernement. On entend encore que 145 millions de dollars, parait-il, ont été injectés dans l’électricité pour faire tourner 50 Mégawatts à Tombo. Peut-être d’ici deux mois, on y arrivera, après deux ans. On vous dit qu’on a dépensé 150 millions de dollars pour le projet de Kaléta. Tous ces montants donnent le tournis » a-t-il dit.


Boubacar Bagnan Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu.com


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