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Au sommet de l’Etat : les anciens de Conté se battent contre et… pour Alpha Condé
Marwane Diallo Vendredi, 29 Juin 2012 16:49
Nous constatons que le fantôme du regretté général Lansana Conté plane toujours sur la vie politique et sociale de la Guinée. Avec un recul pour mieux cerner les acteurs politiques de notre pays, nous nous rendons compte qu’ils sont tous des anciens élèves de feu Conté. De la présidence à l’opposition, ils ont tous été initiés à la politique par ce feu grabataire qui a dirigé notre pays pendant 24 ans. Ils ont tous à des degrés différents participés à mettre ce pays à la place qu’il occupe aujourd’hui. Qu’ils soient de la mouvance, du centre ou encore de l’opposition, ils sont tous comptables de la situation du pays. Chemin faisant depuis la mort de Lansana Conté, certains des acteurs politiques n’arrivent toujours pas à se débarrasser des vieilles pratiques malhonnêtes apprises près de Conté. L’histoire de la tentative de détournement des 13 milliards GNF et des fameux 25 millions de dollars sur les mines du pays entre Alpha Condé et le milliardaire sud-africain attestent nos dires. Alpha Condé a reconstitué le clan mafieux de Conté pour brader et voler les richesses du pays. Et aujourd’hui, le débat politique national est animé par les anciens disciples de Conté qui se retrouvent dans tous les camps. Le changement qu’Alpha tait est celui de son parrainage du clan mafieux au sommet de l’Etat. Dans les précédents articles, nous disions que ce « type » n’apportera rien à la Guinée, il va plutôt aggraver la situation. L’impasse politique qui sévit dans notre pays devrait nous plonger dans une introspection collective pour identifier les maux qui gangrènent notre société ces derniers temps et bien évidemment proposer des solutions curatives afin de répartir sur de bonnes bases. Depuis 1984 jusqu’à nos jours, ce sont les mêmes hommes qui font la pluie et le beau temps sous notre beau ciel. Ce sont les mêmes hommes encore qui complotent avec Alpha Condé pour nous parler de changement. Cependant, ils ont eu suffisamment de temps pour servir le pays, hélas nous avons vu le service rendu : détournement de fonds, ségrégations ethniques dont l’unique victime est le peuple de Guinée. Qu’ils soient de l’opposition ou de la mouvance, ils sont tous comptables de la situation de notre pays, ils ont abusé de l’incompétence et du laxisme de Conté pour se remplir les poches. Ils ont créé des réseaux de détournement de fonds publics dans l’administration qu’ils entretiennent par leur propre influence.
Le peuple de Guinée est pris en otage par sa propre classe politique sortie de l’école de Lansana Conté. Que faut-il faire pour redonner espoir au peuple sans pour autant perdre du temps ? Faut-il se débarrasser ou recycler les disciples de Conté qu’Alpha manipule aujourd’hui ? Ou faut-il encourager l’avènement d’une nouvelle génération de politiciens honnêtes ?
Tous les ténors de l’opposition et les conseillers d’Alpha sont des anciens de l’école de Conté, ils ont géré le pays à tous les échelons de responsabilité. Ils jouent sur le manque de maturité politique de notre peuple pour se maintenir dans leurs positions respectives. Ils ne partiront pas si le peuple ne se lève pas encore pour mettre fin à leur hold-up de l’appareil administratif. Ils sont associés de près ou de loin à toutes les malversations financières que nous avons connues au sommet de l’Etat. Qu’ils avouent ou non, leur bilan est accablant. Les conditions de vie des Guinéens n’ont jamais changé depuis notre indépendance, ils sont confrontés aux mêmes problèmes élémentaires que ces acteurs politiques n’ont pu résoudre malgré tous les atouts géographiques et géologiques du pays. Aujourd’hui, il y a lieu de se demander entre incompétence, égoïsme et forfaiture, qu’est-ce qui caractérise réellement nos acteurs politiques. Ils font la politique pour gagner de l’argent sur le dos du contribuable guinéen tandis que la mission de l’homme politique est d’être utile à ses concitoyens. Il est temps qu’ils se remettent en question pour corriger leur attitude au sommet de l’Etat.
Cette génération d’acteurs politiques qui gère le pays a échoué, elle a compromis l’avenir du pays en s’enrichissant illicitement sur le dos du peuple. Tout récemment, Jean Marie Doré a déclaré sur un site web guinéen que « Alpha Condé est un compagnon de lutte, s’il échoue c’est notre génération qui a échoué ». Notre ami Doré a très vite oublié son passage à la tête du gouvernement de transition où il s’était distingué dans les contrats de gré à gré et surtout sur les fameux cinq cent millions qu’il avait distribué à ses ministres pour service rendu à la nation. Doré avait signé un deal avec son compagnon de lutte, comme il le dit, pour lui donner le pouvoir. Il est responsable de la crise politique post-électorale dans notre pays. Aujourd’hui, vieux Doré est pris en otage par son compagnon de lutte qui le menace de publier ses malversations financières lors de la transition s’il ne le soutient pas. Sans aucun doute, Alpha Condé est le nouveau parrain du clan mafieux qui sévit au sommet de l’Etat. Alpha menace et vocifère d’injures dans les meetings mais en coulisse, les membres du clan lui rappellent les règles du jeu. C’est pour cette raison qu’aucun des délinquants économiques au sommet de l’Etat n’a été inquiété encore moins sanctionné. Ces délinquants économiques sont soutenus et protégés par leur coordination régionale. Nous avons encore en mémoire, la retransmission à la télévision nationale de la visite de la coordination mandingue venue dire à Jean Marie Doré que « si leur fils n’est pas au second tour, elle se retirera » et ce fils n’était autre qu’Alpha Condé. Aujourd’hui, c’est cette même coordination qui rappelle à Alpha que c’est grâce à elle qu’il est président, donc qu’il a un devoir de reconnaissance vis-à -vis d’elle. Guidé par les anciens de Conté, Alpha est dans ce cercle vicieux auquel il a toujours rêvé d’appartenir. Il devrait demander pardon à Conté pour toutes ses injures et le remercier de lui avoir légué ses hommes qui aujourd’hui constituent sa mafia à la tête de l’Etat.
Il est indéniable que c’est encore l’école de Conté avec toutes ces méthodes et combines que nous avons connues dans un passé très récent, qui sont utilisées par Alpha Condé au sommet de l’Etat. Il nous revient, à nous seuls, chers compatriotes, de décider de tourner définitivement la page de l’ère Conté pour permettre l’avènement d’une nouvelle élite au sommet de l’Etat. Tous les anciens de Conté, qu’ils soient de la mouvance, du centre ou de l’opposition, ont échoué. Ils ont toujours ignoré et sapé les sacrifices du peuple. Qu’ils l’admettent ou pas, le poids de leur responsabilité pèse de toute sa force sur la situation actuelle de notre pays. Qu’ils aient pitié du peuple tout en ayant pour une fois, le sens élevé de la responsabilité d’homme d’Etat pour le libérer de leur mafia.
Qu’Allah nous donne des politiciens patriotes au service du peuple.
Amen !
Marwane Diallo
Commentaires
Vous savez, moi je positivise tout et pense que c'est possible de changer les choses. En politique, on parle de fénêtre n'opportunité qui quand elle s'ouvre et qu'on la saisisse, les préoccupations de la société s'inscrivent dans l'agenda des pouvoirs publics. Alors osons, peut-être qu'une fenêtre d'opportunité s'ouvrira et qu'on pourrait la saisir.
Bien à vous !
Je ne suis pas sceptique, je veux juste qu'on soit pragmatique, qu'on pose des actes, car j'ai constaté qu'en Guinée et dans la plupart des pays africains, on parle trop et on agi peu ou pas. Si vous avez choisi la voie de la sensibilisation, c'est une très bonne chose, peut-être que d'autres choisiront d'agir.
Quant à moi, j'ai choisi la neutralité et c'est ce qui fait que je ne fais de cadeau ni au pouvoir ni à l'opposition et il en sera ainsi jusqu'à la fin de ma vie. Je déteste l'injustice comme je déteste la peste et le cancer.
Quand à votre requête de discuter en aparté, je vais y réfléchir et vous répondre plus tard.
Pour finir, je suis de la promotion 1984, donc un peu plus vieux que vous, n'est-ce pas ? Et pour votre information, c'est ma promotion qui a fait la première grève en mai 1984 à l'IPGAN juste un moi après l'arrivée des militaires au pouvoir sous la direction des Colonels Conté et Diarra Traoré. J'étais parmi les rédacteurs du communiqué de grève.
Bien à vous mon cher frère !
Première observation, ce ne sont pas que les anciens de Conté qu'il faut voir, mais tous les anciens des régimes précédents, c'est-à -dire de Sékou Touré à Sékouba Konaté.
Deuxième observation, ne parlez pas que de Jean Marie Doré, parlez de Cellou Dalein Diallo, de Sidya Touré, de Ahmed Tidiane Souaré, de Kasssory Fofana et autres dignitaires, sinon vous paraissez très sélectif.
Maintenant quand à savoir s'il faut recycler ces anciens dignitaires ou les remplacer par une nouvelle génération, moi je trouve que la question est mal posée. Qu'on le veuille ou pas, ce sont les mêmes anciens qui animent et dirigent les principaux partis politiques. La vraie question est de savoir quel bon président pour la Guinée ? Et la réponse est : celui qui aura été démocratiquement élu (ne me parlez surtout pas de l'élection de Alpha Condé qui a été entachée d'irrégularités depuis le premier tour). Un bon président pour la Guinée pourrait être de l'ancienne ou de la nouvelle génération pourvu qu'il ait présenté dès le départ pattes blanches avant de se porter candidat. Ce qui revient à dire qu'il faudrait auditer les comptes de tous les anciens dignitaires. Ainsi, les coupables seraient éliminés d'office de la course, mis en demeure de réparer les préjudices causés à notre nation, tandis que les autres innocentés, pourraient compétir. Audit par qui ? Par une commission indépendante soutenue par des experts étrangers et choisie équitablement par consensus par l'opposition et le pouvoir en place. La deuxième condition, pour que nous ayons un bon président est que les conditions de son élection soient acceptées par tous depuis la préparation du vote jusqu'à la proclamation des résultats.








