Imprimer

Affaire 25 millions de dollars US : « L’origine même de cet accord, c’était d’apporter l’assistance nécessaire à la SOGUIPAMI … » dixit Mohamed Lamine Fofana

Alpha Camara  Mercredi, 27 Juin 2012 16:22

Facebook

 

FOFANA_Mohamed_Lamine_01Samedi 23 juin dernier, le ministre des Mines et de la Géologie, Mohamed Lamine Fofana, était l’invité du jour de notre confrère de la RTG. Au cours des débats, plusieurs questions dont entre autres l’adoption d’un nouveau code minier, l’audit du cadastre minier des sociétés minières, le lancement de l’exploitation des minerais de fer de Simandou et l’affaire de 25 millions entre la société Palladino et le gouvernement guinéen ont été des sujets débattus.


D’entrée de jeu, le ministre des Mines et de la Géologie, Mohamed Lamine Fofana, a tout d’abord rappelé que depuis 2011, le gouvernement de la 3e République a trouvé que le pays était pratiquement aux clés de vague concernant la situation macroéconomique : « Lorsque nous avons regardé l’endettement intérieur du pays, on s’est retrouvé à peu près à l’équivalent d’un milliard cent millions de dollars. Du point de vue dette extérieur, on se retrouve à trois milliards de dollars. Du point de vue des réserves de la BCRG, on n’avait que 15 jours d’importations et le niveau d’inflation était à 23%, le secteur minier était dans le même sillage. » Selon le ministre, au cours des 50 dernières années, jusqu’à 2003, globalement le secteur n’a rien apporté à la population guinéenne.

Sur le plan des réformes, il a parlé de 3 phases, à savoir l’élaboration du nouveau code minier, l’audit des contrats et celui des conventions qui ont été signées entre les sociétés minières et les syndicats pour assurer la préservation des intérêts du peuple de Guinée.

Parlant du projet de réalisation de Simandou, le ministre affirme que ce projet est l’un des projets les plus importants pour ce pays. « Au jour d’aujourd’hui, nous sommes à peu près à 17 milliards comme coût de réalisation de ce projet. Qui comprend le développement de la mine, construction du port et le chemin de fer. Alors, ils ont mis à ma disposition des spécialistes en ingénierie financière, en expertise technique (...), c’est cette équipe qui m’accompagne dans toutes les discussions et les rencontres dans le cadre du suivi méticuleux du développement du projet. Parce que nous tenons à ce que le délai de 2015 soit respecté. »

Concernant l’accord du prêt de 25 millions de dollars signé entre l’Etat guinéen et Palladino, une société sud-africaine, Mohamed Lamine Fofana a longuement expliqué cette affaire qui fait la chronique dans la cité. Selon lui, en dehors de cet accord de Palladino, lorsque l’Etat contracte un accord avec une personne, ça suit une procédure. D’ajouter, il dira par exemple « moi, en tant que ministre technique, je demande un prêt d’un bailleur auprès d’un bailleur. Si le prêt est accordé, il est traité de la manière suivante. Ce qui revient au ministère, c’est vraiment la signature d’un accord, comme le ministère ne peut pas engager financièrement l’Etat, il faut bien la signature du ministre de l’Economie et des Finances. » Pour lui, lorsque le ministre des Finances signe un accord, cela ne veut pas dire automatiquement que c’est un chèque en blanc qui est ramené et que, le moment venu, le ministre des Finances et celui des Mines qui vont le prendre et le déposer là où ils veulent. Ils vont le déposer à la BCRG, sinon, ils en font bon usage. Il affirme que si ce n’était pas le cas, ce ne serait pas un Etat, mais plutôt une affaire de vie privée entre cet investisseur et le ministre des Finances et celui des Mines. Pour justifier pourquoi l’opération s’est passée dans la plus grande discrétion, le ministre des Mines a fait savoir que « Si on dit discrétion, c’est trop dit aussi, l’Etat sait tout de ces contrats, il n’y a aucune lettre de contrat qui ne soit publiée. Surtout dans ce sens commercial. Si c’est une question de partenariat, là, il n’y a pas de problème. Ça c’est entre deux Etats, et donc dans ce cas c’est à la portée de tout le monde. Mais dans la relation commerciale pourquoi publier ? » Sur la même question, il a souligné que lorsqu’on signe un accord de crédit, le ministre des Finances et celui des Mines ne voient pas l’argent. Il y a une institution bien indiquée par l’Etat pour ça, afin de gérer cet argent. Le ministre des Mines signe le contrat avec celui qui engage l’Etat. Après, celui qui engage l’Etat entame sa procédure, il suit tout son circuit jusqu’au dépositaire, qui est la banque centrale. C’est sur l’ordre du ministre de l’Economie et des Finances qu’un centime peut être ressorti de la banque centrale. Pour le ministre, si la banque centrale doit payer, il faudrait qu’il y ait tous les justificatifs de la part du ministère de l’Economie et des Finances pour qu’elle s’exécute. « Donc, je ne sais pas comment, dans ces conditions, le ministre des Finances et celui des Mines pourraient prendre ces 25 millions et les empocher. C’est ce qui est aberrant. » a-t-il regretté. Avant de préciser que ce n’est pas en secret que cet accord a été signé, mais que cela a été signé par deux ministres de cette République, et qu’il a suivi la procédure normale jusqu’au bout.

S’agissant de cette révélation faite par le Sunday Times, appuyé par la presse nationale, Mohamed Lamine Fofana a dans ce passage affirmé que « La seule chose que je demande, lorsqu’on parle, c’est qu’on y mette la forme, qu’on respecte l’autorité. On peut se faire comprendre sans être violent. Du fait que cela a été signé par deux ministres de ce pays, ça veut dire que tout le processus a suivi la voie normale et régulière. » Abordant le sujet, le ministre a indiqué que lorsqu’ils ont signé cet accord, c’était en lieu et place d’une société étatique, qui est la Soguipami. L’origine même de cet accord, c’était d’apporter l’assistance nécessaire à la Soguipami pour son fonctionnement et son opérationnalisation. Pour savoir si cet accord n’affecte pas l’attention des bailleurs sur la Guinée, il a soutenu que cet accord n’affecte nullement les relations avec la Banque mondiale. Pour preuve, il a touché du doigt la signature de recèlement de la dette guinéenne les semaines dernières. Pour ce qui serait de la violation flagrante de l’article 150 du code minier, le ministre des Mines précise : « Il faut préciser qu’il y a deux choses correctes, le niveau du respect de la convention et le défaut qui consiste à ne pas respecter la convention n’étaient pas automatiquement compatibles avec une participation de 30% dans la Soguipami, comme cela a été confirmé par le journal. » Selon lui, ce qu’il est important de savoir ça ne sera pas au menu de la Soguipami, mais dans une des filiales. Il dira que la compatibilité se passe au niveau des filiales de la Soguipami. Cette compatibilité ne pouvait excéder en aucun cas les 30%, contrairement à ce qui avait été dit par le Sunday Times, ce qui est extrêmement faux. Avant d’ajouter que ce prêt de 25 millions de dollars qui est minime par rapport à ce que la République de Guinée représente aujourd’hui, doit être remboursé à cette société. Selon lui, il ne voit pas comment certains posent des problèmes. Pour ce qui est des conditions de ce prêt de 25 millions, il a par ailleurs expliqué que « Ce prêt a été accordé sur un délai de remboursement de 15 ans. »


Alpha Camara
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu.com


AArticle_logo1_0
Facebook