Selection de vidéos
Partenaires
Suppression du CNT : Revirement spectaculaire de l’opposition ?
Samory Keïta Mardi, 26 Juin 2012 16:27
Après avoir demandé la suppression du CNT (Conseil National de Transition) pour son mutisme face à la mal-gouvernance, l’opposition guinéenne s’est rendue samedi dernier au siège de l’institution pour solliciter l’implication de celle-ci dans la résolution de la problématique de la CENI (Commission électorale nationale indépendante), organe chargé d’organiser les élections.
Tout récemment l’opposition guinéenne réunie au sein du Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition et l’ADP (Alliance pour la démocratie et le progrès) scandait sur tous les toits pour demander la suppression du Conseil national de transition pour son silence coupable face à la mal-gouvernance qui sévit actuellement dans l’administration guinéenne.
D’abord au début du mois, l’opposition par la voix de la NGR (Nouvelle génération de la république) et de la GéCi (Génération citoyenne) avait adressé une lettre au CNT pour demander à l’institution de se saisir des dossiers relatifs à un scandale financier et au ‘’bradage’’ de nos mines. Il s’agit de l’affaire des 13 milliards au ministère de l’Economie et des Finances et du dossier des 25 millions de dollars US que l’Etat a secrètement contracté avec une société sud-africaine. Deux affaires qui continuent de défrayer la chronique à Conakry. En outre, il y a le cas concernant la CENI, dans lequel le Collectif et l’ADP demandent l’implication du CNT. Afin de trouver une solution idoine au problème devant décrisper la situation pour une organisation rapide des élections législatives.
Le 13 juin dernier, lors d’une conférence de presse cette même opposition demandait la suppression du CNT. Pour « justifier sa position », l’opposition a indiqué que « le CNT est incapable de convoquer les membres du gouvernement pour leur poser des questions » à propos des scandales financiers qui secouent le pays. A cet effet, elle dira qu’ « il vaut mieux que cette structure disparaisse et qu’à la place, le Président signe des ordonnances ». L’opposition estime qu’en supprimant le CNT « au moins, on saura qu’il n’y a pas d’Assemblée et que nous devons aller à des élections pour pallier cet inconvénient majeur pour un Etat, d’avoir un exécutif sans législatif ».
Vu ces déclarations, on était à même de penser que l’opposition ne veut plus sentir le CNT. Qu’elle a toujours considéré à tort ou à raison comme une caisse de résonnance, à la solde du pouvoir en place. Et qu’il fallait écarter du processus transitoire qu’on peine à mener à terme par faute de consensus trouvé.
Sauf qu’aujourd’hui, tout porte à croire que l’opposition vient de faire un revirement spectaculaire par rapport à sa position relative à la suppression du CNT. En tout cas la rencontre qu’elle a eue ce week-end avec la présidente de l’institution, Hadja Rabiatou Serah Diallo, en fait foi. Puisque lors de cette rencontre, il n’a jamais été question du « mutisme » ou de « l’incapacité notoire » de l’institution face aux problèmes du pays. Il a été plutôt question de sollicitation du CNT pour aider à résoudre la crise politique. « Nous avons cru devoir vous rencontrer pour attirer votre attention et solliciter votre implication dans la recherche des solutions aux problèmes qui sont aujourd’hui posés entre le gouvernement et l’opposition guinéenne », a déclaré le chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, lors de l’entrevue avec la présidente du CNT. Le président de l’UFDG était accompagné par ses pairs de l’opposition.
Evoquant la question cruciale de la CENI, qui constitue la principale pomme de discorde entre le pouvoir et l’opposition, il dira la nécessité de recomposer l’institution. Pour qu’elle reflète la nouvelle donne politique. Cela sur la base d’une recomposition paritaire de la CENI. Cellou Dalein, estime que pour favoriser la paix, il faut que chaque camp (pouvoir-opposition) ait ses dix représentants au sein de la commission.
Le leader de l’opposition pense qu’il y a actuellement « trop de tensions » dans le pays. Or, il faut aller aux élections dans un climat apaisé, explique-t-il, et organiser un scrutin propre qui sera accepté de tous. Car, préviendra-t-il, « si les élections ne sont pas propres, il n’y aura pas de réconciliation, quelle que soit la compétence des archevêques et des imams ».
Samory Keita
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu.com
Commentaires
La politique est un art, ça s'apprend.








